L' almanach de la mandragore

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 Symbolisme des animaux

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tancrède



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MessageSujet: Symbolisme des animaux   11.08.13 0:02

L’ours.

Considéré comme redoutable depuis des siècles, c’est encore, au Moyen Age, le roi des animaux. Mais le XIIème siècle va déchoir ce dernier de son trône. Probablement dévalorisé car trop effrayant et sans mystère, il laissera sa place à un animal plus exotique, le lion, absent physiquement en Occident, mais très connu par des représentations nombreuses, l’imagination médiévale a libre cours pour évoquer son caractère . Les représentations d’ours sont parfois équivoques et la confusion avec le lion est possible: animal quadrupède, pieds griffus, gueule et crocs menaçants, il est dans tous les cas un animal redoutable .

Le boeuf et le veau.

Le taureau est devenu boeuf au début de l’ère chrétienne en vertu d’une aversion profonde du christianisme pour le taureau, animal sacré du culte de Mithra, religion rivale. Le boeuf est aussi le taureau adapté par l’homme des champs au rôle de serviteur. Calme, paisible, c’est l’image du labeur et de l’effort . Depuis longtemps, il est un animal sacrificiel, et se trouve donc, de manière univoque, un symbole christique dans la sculpture romane. Sa représentation est fréquente dans des scènes triomphales aux tympans des églises, car il figure l’évangéliste Saint Luc. Quant au veau, s’illustrant parfois au cours de scènes d’abattage (à Andlau), c’est aussi par les sacrifices dont il faisait l’objet, l’image du Christ mort pour l’Humanité. Mais il évoque le Mal dans la scène biblique du Veau d’or .

L’agneau.

Symbole clair et sans ambivalence, souvent sculpté porteur d’une croix, c’est le Christ souffrant (animal substitué par Dieu à Isaac, devant être sacrifié par son père, Abraham) et triomphant (il occupe toutes les places d’honneur: tympans, clefs de voûte). Il figure également le peuple des fidèles .Même lorsqu’il se nomme bélier, placé dans le Zodiaque  il est innocence,douceur, humilité.

L’âne.

Présent dans de nombreuses scènes de l’Ancien Testament (fuite en Egypte, Nativité, voyage du prophète Balaam) , il est souvent l’animal du pauvre, sobre, patient, adroit. Mais les fables romaines l’avaient souvent ridiculisé et qualifié de paresseux, stupide et luxurieux . Cette symbolique négative se retrouve dans le bonnet aux oreilles d’âne, qui est, au Moyen Age, la coiffure des bouffons : l’animal est alors emblème de sottise et de folie .

Le bouc.

Toujours négatif, doté d’une grande ardeur génésique, il n’a pas perdu l’image de vice et de luxure véhiculée par les textes antiques. Son odeur rappelle ses nombreux péchés . Il est décrit et sculpté dans les scènes du Jugement Dernier, du côté des Damnés, voués à l’Enfer (les moutons sont à la droite du Christ, les boucs à sa gauche) . La tradition quasi-universelle l’a aussi et surtout nommé bouc émissaire, chargé de tous les péchés du peuple juif, lors de l’expiation .

Le cheval.

Sans signification allégorique, c’est principalement une monture, et donc le compagnon de l’homme dans la guerre, les voyages, les croisades, la chasse… Un curieux idéal de beauté chevaline émane de certaines sculptures  : jambes courtes, cuisses et croupe très larges, petites oreilles, comme en haut du portail de Moissac : il ressemble ici beaucoup à ceux des tapisseries de Bayeux dont les modèles probables étaient des poneys d’assez petite taille De nombreuses statues équestres figurent Constantin, premier empereur chrétien.

Le chien.

Compagnon de l’homme, il est l’image de la fidélité. C’est aussi un gardien de troupeau et un indispensable chasseur.  Cependant, le chien appartient aussi à l’univers du Mal ;des expressions dans ce sens sont restées dans notre langage (cruauté pour le mâle, dépravation pour la femelle) .

Le cerf.

Le cerf véhicule, au XIIème siècle, une symbolique récente et étonnante. Facilement reconnaissable par les attributs de haute valeur décorative que sont ses bois, le cerf est un gibier pour l’homme et pour le sagittaire qui en fait souvent sa cible . Une grande prudence et une ouïe fine lui sont attribuées. Il vit très vieux et sa viande aurait des vertus thérapeutiques . Il représente la sainteté (la légende de Saint Hubert le confirme et l’animal porte souvent une croix entre ses bois) . Le pouvoir qu’il a de chasser les serpents par le souffle de ses narines l’assimile à Jésus Christ chassant le Mal de ses bonnes paroles -L’allégorie entre le cerf (cervus en latin) et le Sauveur (Servus) est renforcée par l’analogie entre les deux mots (les gens du Moyen Age pratiquent beaucoup ce genre de rapprochement.

Le porc.

Considéré comme l’animal le plus proche de l’homme (il est omnivore, il a des organes semblables), un même jeu de mots l’affirme : porcus est l’anagramme de corpus (le corps du Christ) . Source de viande pour l’alimentation humaine, il est sculpté à maintes reprises, la plupart du temps dans cette fonction Mais il évoque aussi la goinfrerie, la gourmandise, la paresse et la luxure.

 Le serpent.

Le serpent est certainement le plus utilisé dans la symbolique religieuse. Les hommes du Moyen Age disent que le serpent avait des ailes avant la faute originelle, et qu’il les a perdues depuis. Doté d’une forme qui convient à merveille au décor roman, par la souplesse de ses courbes, il est ambivalent même si son esprit maléfique est le plus souvent retenu . Le bon serpent est prudence et sagesse, et c’est pour cette raison qu’il figure sur les crosses des prélats (« Soyez sages comme des serpents » Smile. Le Physiologus nous le décrit ainsi : lorsqu’il est vieux, il jeûne jusqu’à ce qu’il flotte dans sa peau ; là, il se cache et se frotte sur des rochers afin d’y laisser sa vieille peau. De même, le bon chrétien se renouvelle par les restrictions et l’abstinence . Mais son venin, ses écailles, sa langue aiguisée et bifide, ses convulsions lui donnent son rôle satanique : de la Genèse, lors de la scène du péché originel , à l’Apocalypse, il figure souvent la perversion , ainsi que les nombreuses créatures serpentiformes largement utilisées dans le décor roman. S’il est ployé en cercle, c’est le serpent qui se dévore lui-même et il signifie l’infini et la rénovation de la vie -

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TANCREDE
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