|
| Bienvenue sur ce forum |
Les yeux sont le reflet de l'âme
Des âmes claires, pures, grandes ouvertes
Yeux brûlants vifs comme une flamme
Yeux profonds comme une mer toute claire...
|
Yeux coquins, sournois, maquillés,
Perçants, froncés, crispés, serrés,
Agacés, Tristes, hagards, mouillés,
Veloutés, Sincères, Rassurés,
|
Yeux qu'on croise un jour par hasard
Déclenchant un feu d'étincelles
Alors que mille autres regards
Se noient dans le monde matériel !
|
Pourquoi parler, vouloir paraître ?
Quand un seul regard nous suffit
Pour voir l'art d'un tableau de Maître,
La perfection d'une goutte de pluie ?
|
Les yeux sont le guide de la vie,
Ils nous préviennent, extériorisent :
La joie, les pleurs, la sympathie,
La douleur, le bonheur limpide...
|
Il est dans les étoiles, des mondes,
Cachés et ignorés des hommes,
Où anges et yeux purs se confondent,
Dans la grande lumière d'un royaume...

|
|
| Forum | Sujets | Messages | Derniers Messages |
|---|
| |  |
Histoire des croyances
En raison de la forme vaguement humaine de sa racine, la mandragore a été associée depuis l'antiquité à des croyances et des rituels magiques. Il existe aussi une longue tradition, remontant au Moyen Age consistant à identifier à la mandragore une plante citée dans la Bible, sous le nom de dudaim2. Dans le trentième chapitre de la Genèse (compilée vers 440 av JC), il est fait mention d'une plante appelée dûda'îm dans le texte hébreu. Léa, la première épouse de Jacob, avait cessé d'enfanter. Ruben, leur fils aîné, rapporte à sa mère des dûda'îm. Rachel, sœur de Léa, seconde épouse et la préférée de Jacob, demande à sa sœur de les lui donner. Celle-ci n'accepte qu'en échange de passer la nuit avec Jacob, ce à quoi Rachel consent. Léa concevra cette nuit-là et donnera plus tard naissance à Issacar en disant: "Dieu m'a donné mon salaire" (Genèse 30:14-18).
Les médecins grecs prescrivaient la mandragore contre la mélancolie et la dépression. Hippocrate (460-380 av JC) conseillait "Au gens tristes, malades et qui veulent s'étrangler, faites prendre le matin en boisson la racine de mandragore à dose moindre qu'il n'en faudrait pour causer le délire" (VI, 329, n°39 trad Littré).
Théophraste (372-288 av JC) rapporte que la racine traite les maladies de peau et la goutte et que les feuilles sont efficaces pour soigner les blessures. Ses propriétés sédatives lui étaient aussi connues puisqu'il dit qu'elle est bonne pour le sommeil8. (H.P. IX, 9,1).
Dioscoride énumère de nombreuses maladies où la mandragore est d'un grand secours. Un verre d'une décoction obtenue en faisant réduire la racine dans du vin est utile « quand on ne peut dormir, ou pour amortir une douleur véhémente, ou bien avant de cautériser ou couper un membre, pour se garder de sentir la douleur » La racine préparée avec du vinaigre guérit les inflammations de la peau, avec du miel ou de l'huile, elle est bonne contre les piqures de serpent, avec de l'eau, elle traite les écrouelles et les abcès. Le jus fait venir les menstrues et précipite l'accouchement. Prudemment, Dioscoride met en garde contre la toxicité de la plante "Toutefois, il faut se garder d'en boire trop, car il [le jus] ferait mourir la personne".
Pline nous signale aussi des indications proches de celles de Dioscoride. L'usage comme narcotique et analgésique revient toujours : "On conserve les feuilles dans la saumure, et elles ont plus d'effet; sinon le suc des plantes fraîches est un dangereux poison; et encore, ainsi conservées, leurs propriétés nocives portent à la tête, même par la simple odeur...L'effet soporifique varie avec les forces du sujet ; la dose moyenne est d'un cyathe. On la fait boire aussi contre les serpents et avant les incisions et les piqûres pour insensibiliser"
Théophraste signale aussi des propriétés aphrodisiaques (IX, 8, 8) et Dioscoride indique qu'elle servait à confectionner des philtres (M.M., IV, 75, 1).
A côté de ces observations très pertinentes (connaissant maintenant les composés actifs de la plante), on trouve dans les textes d'autres considérations très déconcertantes pour un homme moderne. Par exemple, Théophraste nous indique que lors de la cueillette il faut "tracer autour de la mandragore trois cercles avec une épée, couper en regardant vers le levant, danser autour de l'autre et dire le plus grand nombre possible de paroles grivoises" (H.P. IX, 8, 8)..
Les magiciens pensaient qu'il existait des relations intimes entre les différents objets et les différent êtres vivants. Pour eux, les plantes sont des êtres animés doués d'une âme car étroitement soumises à l'action de divinités ou de forces astrales. Comme les médecins, ils désiraient soigner les malades mais ils avaient une toute autre conception de la maladie. Comme le dit Guy Ducourthial« Ils considèrent qu'elle n'a pas de cause naturelle, mais qu'elle est envoyée aux humains par des divinités pour les punir de leurs fautes. Pour guérir les individus malades, ils prétendent pouvoir contraindre ces divinités à détourner l'influence néfaste qu'elles exercent sur eux, mais aussi "maîtriser" un certain nombre de plantes qu'ils ont sélectionnées, c'est-à-dire les soumettre à leurs injonctions et les obliger à abandonner leurs propriétés pour qu'ils puissent en disposer à leur gré. Pour atteindre leur but, ils doivent accomplir un certain nombre de gestes précis et souvent mystérieux, prononcer incantations et formules secrètes et réciter des prières particulières, notamment lors de la récolte des plantes qu'il faut effectuer à des moments particuliers ».
Ainsi le cercle tracé autour de la plante crée un espace magiquement clos, enfermant la plante et permettant au magicien de s'en rendre maître. Les rituels magiques donnés par Théophraste sont repris par Pline mais Dioscoride s'abstient d'en parler.
| 1 | 1 | Lun 20 Juin - 15:37 matrix  |  | Le rituel d'arrachage de la mandragore change dès le début du Moyen
Age et peut être même avant en Palestine. Le collecteur de plantes doit
maintenant pour dégager la racine, l'attacher à un chien et attirer
l'animal au loin. Cette plante a une telle puissance magique que si
l'herboriste s'aventurait à la déraciner lui-même, il s'exposerait à une
mort certaine. Les textesajoutent même "que cette racine a en soi une telle puissance divine
que, lorsqu'elle est extraite, au même moment, elle tue aussi le chien"
(Herbarius Apulei, 1481). Le Quellecfait remonter l'ancienneté de cette tradition au début du VIe siècle. En l'an 520, le manuscrit de Dioscoride de Vienne
est illustré par deux miniatures sur lesquelles on voit une racine de
mandragore attachée au cou d'un chien mort, gueule béante.
Au premier siècle, Flavius Josèphe avait déjà décrit dans la Guerre des Juifs, VII, 6, 183, un rituel identique appliqué à l'arrachage d'une plante qu'il appelle baaras.
La plante est cependant mal identifiée et il n'est pas certain qu'il
s'agisse de la mandragore comme Hugo Rahner (1954) l'a supposé.
Les précautions lors de la cueillette sont aussi énoncées dans les écrits de Paracelse (1493-1541). Pour se procurer la racine de mandragore si dangereuse, il fallait des rituels
magiques. Celui qui arrache la mandragore sans précaution, s'il ne
devient pas fou en entendant les hurlements de la plante, sera poursuivi
par sa malédiction... 
Arrachage d'une mandragore. Manuscrit Tacuinum Sanitatis, Bibliothèque nationale de Vienne, v. 1390.
Selon les divers écrits décrivant les rituels, on sait qu'ils se
déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au
pied des gibets étaient très prisées car on les disait fécondées par le sperme des pendus, leur apportant vitalité, mais celles des places de supplice ou de crémation
faisaient aussi parfaitement l'affaire. Des « prêtres » traçaient avec
un poignard rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient
ensuite pour dégager la racine, le cérémonial étant accompagné de prières et litanies.
Une jeune fille était placée à côté de la plante pour lui tenir
compagnie. On passait également une corde autour de la racine et on
attachait l'autre extrémité au cou d'un chien noir affamé que l'on
excitait au son du cor.
Les prêtres appelaient alors au loin le chien pour qu'en tirant sur la
corde il arrache la plante. La plante émettait lors de l'arrachage un
cri d'agonie insoutenable, tuant l'animal et l'homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devenait magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représentait l'ébauche de l'homme, « petit homme planté » ou homonculus. Ainsi choyée, elle restait éternellement fidèle à son maître et procurait à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité.
Elle était vendue très cher en raison du risque à la cueillette, et ce
d'autant plus que la forme était humaine, de préférence sexuée par la
présence de touffes judicieusement disposées.
En Europe, on trouve à partir du IXe siècle dans la littérature médicale la description de narcose par inhalation d'une éponge soporifique (spongia soporifera). Une série de recettes allant du IXe au XVIe siècle
et provenant de divers pays nous sont parvenues. La plupart se trouvent
dans des manuels de chirurgie ou dans des antidotaires. La plus ancienne connue est celle de l'Antidotaire de Bamberg, Sigerist ; elle comporte de l'opium, de la mandragore, de la ciguë aquatique (cicute) et de la jusquiame. Au XIIe siècle, à l’école de médecine de Salerne, Nicolaus Praepositus, pronait aussi dans son Antidotarium l'usage d'une éponge soporifique
dans certaines opérations chirurgicales. Elle était imbibée d'un
mélange de jusquiame, de jus de mûre et de laitue, de mandragore et de
lierre.
| 1 | 1 | Lun 4 Juil - 22:13 amyvette  | | |  |  L'Empire vénitien
Elisabeth Crouzet-Pavan Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université Paris IV-Sorbonne
La lagune vénitienne n'avait rien à offrir, sauf son sel et sa
situation, à savoir un bout de monde pris entre terre et mer Adriatique.
À la fin du Moyen Âge, Venise, pourtant, était devenue une des plus
grandes places de commerce, sinon la plus grande de l'Occident. Comment
expliquer une telle prééminence ? Élisabeth Crouzet-Pavan auteur parmi
d'autres ouvrages de Venise triomphante. Les horizons d'un mythe (Paris,
Albin Michel – 1999), répond à cette question en nous expliquant
comment les Vénitiens, à la fois marins et marchands, surent peu à peu
se constituer un véritable empire, conférant gloire et puissance à la
Sérénissime.
Il est incontestable que l'expansion commence tôt, dès le IXe siècle.
Le bassin lagunaire tire avantage de son appartenance originelle aux
possessions byzantines. Il joue un rôle important à la fois comme
débouché et comme source d'approvisionnement pour l'empire d'Orient. Par
la lagune transite une bonne part des exportations byzantines vers
l'Occident – soieries de luxe, épices, métaux précieux –, tandis que,
depuis Venise, les esclaves, le sel et le bois sont envoyés vers Byzance
et le Levant.
Venise commerce donc avec l'empire d'Orient – un premier accord entre
le doge et Constantinople date de 993 – comme avec le monde musulman.
Mais, jusqu'à la fin du XIe siècle, le gros de l'activité maritime a
encore pour cadre l'Adriatique. La flotte vénitienne y intervient
souvent, et on la rencontre jusque dans les eaux méridionales où il lui
revient d'assurer, contre les Normands, la défense de l'Empire byzantin.
D'importants privilèges commerciaux, accordés en 1082, récompensent les
services ainsi rendus.
Les croisades marquent ensuite un autre repère. Sans doute, la
première n'est-elle pas, tout d'abord, très favorable aux intérêts de
Venise qui voit son ancienne prépondérance remise en question par la
concurrence des Pisans et des Génois. Vite, pourtant, les marchands
vénitiens parviennent à rétablir leurs positions. C'est toutefois la
quatrième croisade (1204) qui assure définitivement la primauté de
Venise en transformant cette cité construite au milieu des eaux, sans
terre ni plat pays, en une puissance impérialiste.
Certes, cette primauté est à plusieurs reprises menacée. Quatre
guerres, entre le milieu du XIIIe siècle et le dernier tiers du XIVe
siècle, opposent Venise et Gênes et bouleversent l'histoire de la
Méditerranée. Entre les deux cités maritimes, dont aucune ne parvient à
triompher de l'autre, le combat est marqué par des batailles acharnées
dont la violence saisit les contemporains, des razzias et des pillages
sur les littoraux, des actes de piraterie. Après la quatrième guerre –
celle de Chioggia –, Venise parvient toutefois à imposer son hégémonie
en Orient. Et, dans les premières décennies du XVe siècle, un apogée
s'affirme. Le doge Tommaso Mocenigo, dans une harangue célèbre, décrit
alors la formidable fortune de sa ville. Trois mille navires, trois
cents naves et quarante-cinq galères naviguent sous la bannière de saint
Marc. Dix millions de ducats sont investis chaque année dans le
commerce…
Cette domination est progressivement remise en cause par l'avancée
turque. Surtout, même si des fragments d'empire résistent jusqu'à la
chute de la République, et bien que la lutte contre les Turcs, vaille
que vaille, se prolonge jusqu'au XVIIIe siècle, le commerce lointain de
l'Europe ne passe plus majoritairement au XVIe siècle par la
Méditerranée.
La République disposait d'un certain nombre de possessions dont le
maintien intéressait au plus haut point son commerce. Ces villes et ces
îles, disséminées de la Dalmatie jusqu'à Chypre, formaient un véritable
empire. Dans ce vaste stato di mar, deux types de territoires doivent
cependant être distingués. Aux possessions dites du Golfe, c'est-à-dire
de l'Adriatique, sont venues s'ajouter, après la quatrième croisade,
celles du Levant.
Venise a d'abord imposé sa loi au nord de l'Adriatique en soumettant
un certain nombre de villes situées sur la côte de l'Istrie. Pola,
Trieste ou Capo d'Istria lui doivent un cens ; elles sont surtout liées à
la Dominante par de contraignants traités de commerce. À partir de l'an
mille, la flotte vénitienne s'attaque à l'Adriatique moyenne. Iles et
cités dalmates sont conquises – Zara, Spalato, Raguse – et le doge joint
à son titre celui de duc de Dalmatie. Sans doute ces cités ne
reconnurent-elles jamais à Venise qu'une souveraineté lointaine. Il
reste que, grâce aux actions guerrières successives, Venise tient
l'Adriatique. Aucun navire de guerre ne peut pénétrer dans cet espace
maritime sans sa permission et l'escadre du Golfe, que commandent de
prestigieux capitaines, est chargée de la surveillance. La suprématie
sur cet espace visait d'abord à empêcher toute puissance de fermer aux
bâtiments vénitiens l'entrée ou la sortie de l'Adriatique, ce qui aurait
condamné la ville à l'asphyxie économique. Mais elle permit aussi
d'établir un fructueux monopole commercial. Dans ces eaux, tous les
trafics, y compris ceux destinés à remonter les artères fluviales de
l'Italie septentrionale, devaient transiter par le port de Venise. Dès
le milieu du XIIIe siècle, grâce à l'action conjointe de sa flotte et de
ses patrouilles fluviales, Venise était parvenue à contrôler les
mouvements commerciaux au nord d'une ligne allant d'Ancône à Zara.
Mais c'est sur les possessions du Levant que fut véritablement bâtie
la primauté vénitienne. Après la prise de Constantinople et la chute de
l'Empire byzantin, le doge Dandolo avait refusé d'être élu à la tête de
l'Empire latin que les Croisés étaient en train d'organiser. Mais à sa
ville, pour prix de la conquête, fut attribué, en mai 1204, le quart de
la Romanie que les vainqueurs dépeçaient : les côtes et les îles de la
mer Ionienne, la plus grande part du Péloponnèse, les Cyclades et
certaines des Sporades, des places en Eubée, les positions de Gallipoli
et de Rodosto sur les Détroits, les trois-huitièmes de Constantinople
enfin, avec l'église Sainte-Sophie. Un autre territoire s'ajouta à ce
vaste ensemble. Venise acheta en effet la Crète au marquis de
Montferrat. Cette île, étape naturelle sur les grandes routes de la
Méditerranée orientale, vint donc heureusement compléter, de Corfou aux
Détroits, le système d'escales, de places et d'établissements
stratégiques qui prenait en écharpe la Méditerranée. D'autres garanties,
ou concessions, grossirent encore ce fabuleux butin et affaiblirent
d'autant les positions des villes maritimes rivales.
L'empire : un des fondements de la puissance
Étirée sur la mer, la guirlande de bases et de comptoirs fournissait
d'abord les relais indispensables au grand commerce. Ces postes
jalonnaient la route maritime vers Constantinople et commandaient celles
vers la Syrie et l'Égypte. Après les escales de l'Adriatique – Pola,
Zara et Raguse, puis Corfou quand Raguse affirma son indépendance –,
deux ports, à l'extrême sud du Péloponnèse, jouaient le rôle de plaque
tournante pour la navigation : Coron et Modon, les « yeux de la
République » comme les conseils se plaisaient à les nommer. Là, tous les
navires relâchaient pour se ravitailler en eau et en vivres. Les voies
ensuite divergeaient. Pour les convois d'Alexandrie, de Chypre et de
Beyrouth, à l'aller et parois au retour, la Crète était une des escales
les plus régulières. L'île formait à ce titre la charnière du système de
navigation. Les galères de la ligne de Romanie s'arrêtaient, elles, à
Négrepont avant de rejoindre Constantinople, puis Trébizonde et La Tana.
Mais ces terres, et principalement les colonies d'exploitation,
jouaient aussi un rôle économique important. Elles exportaient produits
alimentaires et matières premières, tout un ravitaillement indispensable
à la métropole, même si Venise pratiqua toujours des achats massifs, en
particulier de céréales, en Italie – dans les Pouilles, les Marches, la
Romagne – et en Orient – en Thrace, sur les rives de la mer Noire.
L'Istrie, la Dalmatie, les possessions albanaises fournissaient du vin,
du sel, des peaux, du bois, des matériaux de construction. La Crète
jouait, là encore, son rôle de « noyau et force de l'Empire ».
Les marchés de Candie et de La Canée offraient du vin – que les
bateaux venaient massivement embarquer après les vendanges –, des
céréales, de la cire, de l'huile, du miel, des fromages. Le blé et le
vin étaient également chargés à Négrepont. Du vin, la malvoisie, partait
des escales du Péloponnèse, via la métropole, vers l'Angleterre et les
Flandres. Des fruits (oranges, citrons) et des raisins secs de Zante, de
Corfou, du Péloponnèse, de l'huile de Corfou, du coton et du sucre,
surtout après la cession de Chypre à la République, étaient débarqués
sur les quais de Rialto.
Ainsi, comme l'écrit à la fin du XVe siècle un très célèbre
chroniqueur vénitien, « les Vénitiens, depuis les origines, avaient été
des marchands et toujours ils demeuraient des marchands ».
Elisabeth Crouzet-Pavan
| 10 | 10 | Ven 22 Juil - 19:37 guitarman  | | |  | Un mythe est un récit, porté à l'origine par une tradition
orale, qui tend à expliquer certains aspects fondamentaux du monde : sa
création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l'être
humain, ses rapports avec le divin, la nature ou encore avec les autres
humains (d'un autre sexe, d'un autre groupe), etc. (La part de
l'iconographie dans les mythes contribue à leur succès et leur
pérennité).
Un mythe implique généralement plusieurs personnages
merveilleux, tels que des dieux, des animaux chimériques ou savants, des
hommes bêtes, des anges, ou des démons, et l'existence d'autres mondes.
Il serait certainement erroné de prendre un mythe au pied de
la lettre, et de croire que les peuples les prennent pour une
description parfaitement exacte (y compris les aspects surnaturels) du
déroulement des événements. Il serait sans doute tout aussi faux de les
prendre pour un simple récit poétique, dépourvu de base réelle, une
forme archaïque de réflexions philosophiques et proto-scientifiques,
réalisées par une analogie poétique plus que sur la logique, et
exprimées sous une forme symbolique, voire une sorte de roman.
Vendredi 5 Février 2010-Le mythe médiéval des hosties profanées-Le cas de Paris et de Bruxelles par Eric Timmermans - 27/08/2009
1. L'Hostie sanglante.
En l'an 1243, à Berlitz, près de Berlin, des juifs furent
accusés d'avoir profané des hosties consacrées. On déclara que les
"déicides", ceux que le christianisme considère comme les assassins de
Jésus-Christ, avaient réédité leur forfait en profanant l'Hostie
consacrée, c'est-à-dire, selon la conception catholique, le corps du
Christ lui-même ! La rumeur infernale se répandit comme une trapinée de
poudre et tous les juifs de Berlitz furent immédiatement menés au bûcher
sur une colline connue depuis sous le nom de Judenberg, le Mont des
Juifs. Il se trouve qu'au 13ème siècle, un intérêt particulier se
manifesta à l'égard de la nature de l'eucharistie et de la doctrine
catholique (et orthodoxe, mais non protestante) de la
transsubstantiation, selon laquelle l'hostie, qui n'est fondamentalement
qu'une fine rondelle de pain non fermenté, devient le corps du Christ,
une fois que le prêtre a prononcé à l'autel et au nom du Christ, les
paroles suivantes : "Ceci est mon corps livré pour vous". Selon cette
superstition, maltraiter une hostie consacrée revient donc à maltraiter
le corps du Christ lui-même... Durant près de six cents ans, le mythe
anti-judaïque et antihérétique des hosties profanées ou poignardées,
sera largement utilisé contre les juifs, pour des raisons au moins
autant politiques et financières que religieuses, mais également contre
les cathares, païens, mécréants et autres "infidèles", et ce dans toute
l'Europe chrétienne. Toutefois, à la fin du 13ème siècle, un lien étroit
sera établi entre les juifs et le sacrilège de la profanation de
l'hostie. L'origine de cette légende devenue ainsi spécifiquement
anti-judaïque est à trouver dans l'histoire du prétendu "miracle des
Billettes", dans le Paris de 1290. La dernière accusation connue de
profanation d'hostie aurait eu pour cadre Bisladen (Roumanie) et
remonterait à 1836.
2. Le cas de Paris.
C'est en 1290, à l'emplacement du sanctuaire de Billettes sis
rue des Jardins (actuellement : rue des Archives, 22-26, 4e
arrondissement), qu'éclata la version parisienne des "hosties
profanées". Un jour, une pauvre femme chrétienne déposa ses habits chez
un usurier juif nommé Jonathas contre trente sous. Voulant les récupérer
pour Pâques, mais n'ayant pas d'argent pour les payer, elle accepta
d'apporter à Jonathas le "saint sacrement", soit l'hostie consacrée
qu'elle recevrait le jour de Pâques. La pauvresse se rendit donc à
l'église Saint-Merri, vint à la communion, puis apporta l'hostie
consacrée, cachée sous sa langue, à son commanditaire. Aussitôt, dit-on,
Jonathas perça sauvagement de son couteau l'hostie dont le sang gicla
en grande abondance ! Ensuite, il est dit que le juif la jeta dans le
feu, mais qu'elle en sortit non seulement sans avoir subi le moindre
dommage, mais qu'elle se mit en outre à voleter dans la chambre du
sacrilège ! Mais Jonathas n'avait pas dit son dernier mot : il parvint à
s'emparer de l'hostie volante et la lança dans une chaudière d'eau
bouillante. L'eau se changea alors soudainement en sang et l'hostie
s'éleva à nouveau dans les airs, laissant bientôt apparaître l'image de
Jésus crucifié... Ajoutons que c'est depuis cette époque que la rue des
Jardins fut appelée la "rue où Dieu fut boulu", la "rue où fut bouilli
le saint sacrement" ou encore, la "rue en laquelle le corps de
Notre-Seigneur fut bouilli"...
Sans penser à mal, un des fils de Jonathas, informa les
enfants chrétiens du forfait qu'avait commis son père et c'est ainsi,
dit-on, que le sacrilège fut découvert. Il n'en fallut pas plus à la
populace pour se jeter sur Jonathas et le livrer à ce qui en ce temps
tenait lieu de justice. Jonathas fut promptement jugé et condamné à être
brûlé vif (ou écartelé), en place de Grève (actuelle place de l'Hôtel
de Ville). Cette exécution aussi cruelle que sommaire, perpétrée sur
base d'accusations farfelues empreintes de la plus risible superstition,
fit vraisemblablement le bonheur de bien des chrétiens endettés à
l'égard de Jonathas. Philippe le Bel lui-même, le célèbre liquidateur de
l'Ordre du Temple, fit d'ailleurs confisquer à son profit la maison du
juif que l'on rebaptisa bientôt la "maison des miracles". Quant à
Belatine, la femme de Jonathas, et à ses enfants, ils n'eurent d'autre
choix que de se convertir au christianisme. Injustice, intolérance et
superstition triomphèrent donc, comme souvent...
L'hostie profanée, quant à elle, fut, dit-on, retrouvée dans
la maison de Jonathas et recueillie dans une écuelle de bois par une
voisine qui l'emporta jusqu'à l'église Saint-Jean-en-Grève (jadis située
entre l'Hôtel de Ville et Saint-Gervais), où le curé la fit exposer :
l'hostie fut enchâssée dans un reliquaire en forme de soleil, en vermeil
doré. Quant au couteau de Jonathas et à l'écuelle de bois dans laquelle
fut transportée l'hostie, on les enchâssa dans des reliquaires
d'argent. En outre, quelques années après avoir connu la célébrité grâce
au prétendu "miracle de l'hostie", Saint-Jean-en-Grève reçut de Lyon
une considérable moisson de reliques : bras et ossements de saints,
fragments de parchemin, mitre, sermons...
Et de la "maison du miracle", qu'advint-il ? Un certain
Régnier Flaming, bourgeois de Paris, entreprit, en 1295, de faire
édifier à cet endroit, une chapelle expiatoire. Au 14ème siècle, à la
chapelle primitive s'ajoutèrent les bâtiments d'une communauté
religieuse, celle des frères Hospitaliers de la Charité Notre-Dame. Dès
qu'ils furent installés, les religieux de la "maison du miracle", qui
allait devenir le sanctuaire des Billettes, organisèrent des offices
solennels de réparation. Les fidèles affluèrent bientôt dans ce lieu de
pèlerinage en tel nombre qu'il fallut agrandir la nef ! En 1427, on
adjoignit au sanctuaire un cloître, le seul cloître médiéval parisien
qui ait survécu jusqu'à nos jours. Ce cloître est doté de belles arcades
à voûtes flamboyantes et on peut le visiter à l'occasion d'expos
temporaires ou de concerts qui s'y tiennent régulièrement. Le n°22 de la
rue des Archives est aujourd'hui le siège de l'Eglise évangélique
luthérienne de France (EELF).
Le prétendu "miracle de l'hostie" fit donc l'objet d'un
véritable culte articulé autour du sanctuaire des Billettes et de
l'église Saint-Jean-en-Grève, et bien des siècles plus tard, on
commémorait encore cet événement trois fois par an, notamment lors de
processions solennelles qui parcouraient le chemin séparant
Saint-Jean-en-Grève des Billettes. A ces occasions, on portait le
reliquaire de l'hostie. Le "miracle" était également commémoré dans
l'église Saint-Jean-Saint-François (rue Charlot n°6, 3e arr.).
E r En 1446,dans l'une des processions solennelles, on
implora la "divine providence" pour qu'elle mette un terme à la guerre
de Cent Ans. Et en 1538, une procession, durant laquelle on porta le
reliquaire de l'hostie, fut organisée à la demande de François Ier. On y
adjoignit une représentation dramatique, "Le Mistère du Juif",
retraçant les événements de 1290. Paolo Ucello s'en inspira pour
composer une toile qu'il nommera "Le Miracle de l'hostie", conservé au
musée d'Urbin. Etrangement, ledit "mystère" ne fait nullement mention de
la femme qui remit l'hostie à Jonathas après l'avoir subtilisée, alors
que du point de vue des juges chrétiens, son geste ne pouvait paraître
que doublement sacrilège...
| 1 | 1 | Jeu 7 Avr - 16:15 prince charmant  | | |  | La peste noire est une pandémie de peste bubonique qui a
touché la population européenne entre 1347 et 1351. Elle n'est ni la
première ni la dernière épidémie de ce type, mais elle est la seule à
porter ce nom. Par contre, elle est la première épidémie de l'histoire à
avoir été bien décrite par les chroniqueurs contemporains. On
estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 % de la population
européenne en cinq ans, faisant environ vingt-cinq millions de victimes.
Cette épidémie eut des conséquences durables sur la civilisation
européenne, d'autant qu'après cette première vague, la maladie refit
ensuite régulièrement son apparition dans les différents pays touchés :
entre 1353 et 1355 en France, et entre 1360 et 1369 en Angleterre,
notamment. Les épidémies précédentes
Le Moyen Âge fut traversé par de nombreuses épidémies. Avant,
la Peste de Justinien ravagea l’Empire romain d’Orient au VIe siècle et
fut sûrement à l’origine du déficit démographique pendant le Haut Moyen
Âge en Europe. La lèpre y sévit aussi de façon chronique depuis
l’Antiquité. D’autres épidémies plus ou moins virulentes et localisées,
et souvent mal identifiées se déclenchèrent sporadiquement. Hormis
peut-être le mal des ardents, qui est dû à une intoxication alimentaire,
la plupart de ces épidémies coïncident avec les disettes ou les famines
qui affaiblissent l'organisme.
Origines
La peste bubonique sévissait de façon endémique en Asie
centrale, et ce sont probablement les guerres entre Mongols et Chinois
qui provoquèrent les conditions sanitaires permettant le déclenchement
de l'épidémie. Elle se déclara en 1334, dans la province chinoise du
Hubei et se répandit rapidement dans les provinces voisines : Jiangxi,
Shanxi, Hunan, Guangdong, Guangxi, Henan et, Suiyuan, une ancienne
province disputée entre les empires mongol et chinois. En 1346,
les Tartares attaquèrent la ville portuaire de Caffa, comptoir
commercial génois, sur les bords de la mer Noire, en Crimée et y
établirent leur siège. L’épidémie, ramenée d'Asie centrale par les
Mongols, toucha bientôt assiégeants et assiégés, car les Mongols
catapultaient les cadavres des leurs par-dessus les murs pour infecter
les habitants de la ville . Le siège fut levé, faute de combattants
valides en nombre suffisant : Gênes et les Tartares signèrent une trêve;
les bateaux génois pouvant désormais quitter la ville, disséminaient la
peste dans tous les ports où ils faisaient halte : la maladie atteignit
Messine en septembre 1347, et Gênes et Marseille en décembre de la même
année. Venise fut atteinte en juin 1348. En un an, la peste se répandit
sur tout le pourtour méditerranéen. Dès lors, l'épidémie de
peste s'étendit à toute l’Europe du sud au nord, y rencontrant un
terrain favorable : les populations n’avaient pas d’anticorps contre
cette variante du bacille de la peste, et elles étaient déjà affaiblies
par des famines répétées des épidémies, un refroidissement climatique
sévissant depuis la fin du XIIIe siècle, et des guerres. Dans la partie
occidentale de l’Europe, la prolifération des gros rats orientaux Rattus
norvegicus au détriment du petit rat noir européen Rattus rattus, joua
également un rôle important : les chats avaient quasiment disparu au
XIVe siècle, éliminés en raison de croyances et superstitions, et les
furets n'avaient pas encore retrouvé leur vogue antérieure.
Diffusion
La peste noire se répandit comme une vague et ne s’établit
pas durablement aux endroits touchés. Le taux de mortalité moyen
d’environ trente pour cent de la population totale, et de soixante à
cent pour cent de la population infectée, est tel que les plus faibles
périssent rapidement, et le fléau ne dure généralement que six à neuf
mois. Depuis Marseille, en novembre 1347, elle gagna rapidement
Avignon, en janvier 1348, alors cité papale et carrefour du monde
chrétien: la venue de fidèles en grand nombre contribuant à sa
diffusion. Début février, la peste atteint Montpellier puis Bézier. Le
16 février 1348, elle est à Narbonne, début mars à Carcassonne, fin mars
à Perpignan. Fin juin, l'épidémie atteint Bordeaux. A partir de ce
port, elle se diffuse rapidement grâce au transport maritime.
L'Angleterre est touchée le 24 juin 1348. Le 25 juin 1348, elle apparaît
à Rouen, puis à Pontoise et Saint Denis. Le 20 août 1348, elle se
déclare à Paris. En septembre, la peste atteint le Limousin et
l'Angoumois, en octobre le Poitou, fin novembre Angers et l'Anjou. En
décembre, elle est apportée à Calais depuis Londres. En décembre 1348,
elle a envahi toute l’Europe méridionale, de la Grèce au sud de
l'Angleterre. L'hiver 1348-1349 arrête sa progression, avant de resurgir
à partir d'avril 1349. En décembre 1349, la peste a traversé
presque toute l’Allemagne, le Danemark, l’Angleterre, le Pays de Galles,
une bonne partie de l’Irlande et de l’Écosse. Elle continue ensuite sa
progression vers l'est et vers le nord dévastant la Scandinavie en 1350,
s'arrêtant aux vastes plaines inhabitées de Russie en 1351. Cette
progression n'est pas homogène, les régions n'étant pas toutes touchées
de la même façon. Des villages, et même certaines villes sont épargnés
comme Bruges, Milan et Nuremberg, au prix de mesures d'exclusion
drastiques, et il en est de même pour le Béarn et la Pologne (carte
ci-contre).
Conséquences
La peste causa d’importants troubles économiques, sociaux et religieux :
la main d’œuvre vint à manquer et son coût augmenta, en
particulier dans l’agriculture. De nombreux villages furent abandonnés,
les moins bonnes terres retournèrent en friche et les forêts se
redéveloppèrent les villes se désertifièrent les unes après les
autres, la médecine de l’époque n'ayant ni les connaissances ni les
capacités de juguler les épidémies les revenus fonciers s’effondrèrent suite à la baisse du taux des redevances et à la hausse des salaires des
groupes de flagellants se formèrent, tentant d’expier les péchés, avant
l’Apocalypse, dont ils pensaient que la peste était un signe
annonciateur les juifs, les gitans, gens du voyage et une autre
peuplade généralement connue sous le nom de cagots, suspectés par la
population d’empoisonner les puits, furent persécutés, en dépit de la
protection accordée par le pape Clément VI (voir ci-dessous). La peste marqua également les arts : voir en particulier les danses macabres et l'œuvre de Boccace Le Décameron. Bilan humain
Les sources documentaires sont assez éparses et couvrent
généralement une période plus longue, mais elles permettent une
approximation assez fiable. Les historiens s’entendent pour estimer la
proportion de victimes entre 30 et 50 % de la population européenne. Les
villes sont plus durement touchées que les campagnes, du fait de la
concentration de la population, et aussi des disettes et difficultés
d’approvisionnement provoquées par la peste. Il semble qu’en Europe, la
diminution de la population était en cours depuis le début du XIVe
siècle, à cause des famines et de la surpopulation (il y eut en
1315-1317 une grande famine européenne qui stoppa l'expansion
démographique et prépara le terrain à l'épidémie). Cette décroissance
dura jusqu'au début du XVe siècle, aggravée par la surmortalité due à la
peste.
En France, entre 1340 et 1440, la population a décrû de
17 à 10 millions d'habitants, une diminution de 41 %. Le registre
paroissial de Givry, en Saône-et-Loire, l'un des plus précis, montre que
pour environ 1 500 habitants, on a procédé à 649 inhumations en 1348,
dont 630 de juin à septembre, alors que cette paroisse en comptait
habituellement environ 40 par an : cela représente un taux de mortalité
de 40,6 %. En Italie, il est communément admis par les
historiens que la peste a tué au moins la moitié des habitants. Seule
Milan semble avoir été épargnée, quoique les sources soient peu
nombreuses et imprécises à ce sujet. Des sources contemporaines citent
des taux de mortalité effrayants : 80 % à Majorque, autant à Florence,
75 % à Venise, etc.
En Espagne, la peste a pu décimer de 30 à 60
% de la population, en particulier celle de l’Aragon, après neuf
épidémies entre 1348 et 1401. En Autriche, on a compté 4 000 victimes à Vienne, et 25 à 35 % de la population fut décimée. C'est
l’Angleterre qui nous a laissé le plus de témoignages ce qui,
paradoxalement, rend l'estimation du taux de mortalité plus ardue, les
historiens fondant leurs calculs sur des documents différents : les
chiffres avancés sont ainsi entre 20 et 50 %. Cependant, les estimations
de population entre 1300 et 1450 montrent une diminution située entre
45 et 70 %. Même si là encore la baisse de population était en cours
avant l'éclosion de la peste, ces estimations rendent le 20 % peu
crédible, ce taux étant fondé sur des documents concernant des
propriétaires terriens laïcs qui ne sont pas représentatifs de la
population, essentiellement paysanne et affaiblie par les disettes. On
estime aussi que la population citadine d'Allemagne a diminué de
moitié. Hambourg aurait perdu 66 % de sa population, Brême 70 %, la
Pomérélie 42 %- Émeutes antijuives Dès
1348, la peste provoque des émeutes antijuives en Provence. Les
premiers troubles éclatent à Toulon dans la nuit du 13 au 14 avril 1348.
40 juifs sont tuées et leurs maisons pillées. Les massacres se
multiplient rapidement en Provence, les autorités sont dépassées à Apt,
Forcalquier et Manosque. La synagogue de Saint-Rémy-de-Provence est
incendiée (elle sera reconstruite hors de la ville en 1352). En
Languedoc, à Narbonne et Carcassonne, les juifs sont massacrés par la
foule. En Dauphiné, des Juifs sont brûlés à Serres. N'arrivant pas à
maîtriser la foule, le dauphin Humbert II fait arrêter les juifs pour
éviter les massacres. Ceux-ci se poursuivent à Buis-les-Baronnies,
Valence, la Tour-du-Pin, Saint Saturnin et Pont-de-Beauvoisin où des
juifs sont précipités dans un puit qu'on les accuse d'avoir empoisonné.
D'autres massacres ont lieu en Navarre et en Castille. Le 13 mai 1348,
le quartier juif de Barcelone est pillé]. En juillet, le roi de France
Philippe VI fait traduire en justice les juifs accusés d'avoir
empoisonné les puits. 6 juifs sont pris à Orléans et exécutés. En août,
la Savoie est à son tour le théâtre de massacre. Le comte tente de
protéger puis laisse massacrer les juifs du ghetto de Chambéry. En
octobre, les massacres continuent dans le Bugey, à Miribel et en
Franche-Comté. Les ashkénazes d’Allemagne sont victimes de
pogroms. En septembre 1348, les Juifs de la région de Chillon, sur le
lac Léman en Suisse, sont torturés jusqu’à ce qu’ils avouent,
faussement, avoir empoisonné les puits. Leurs confessions provoquent la
fureur de la population qui se livre à des massacres et à des
expulsions. Trois cents communautés sont détruites ou expulsées. Six
mille juifs sont tués à Mayence. De nombreux Juifs fuient vers l’est, en
Pologne et Lituanie. Plusieurs centaines de juifs sont brûlés
vifs lors du pogrom de Strasbourg le 14 février 1349, d'autres sont
jetés dans la Vienne à Chinon. En Autriche, le peuple, pris de panique,
s’en prend aux communautés juives, les soupçonnant d’être à l'origine de
la propagation de l’épidémie, et Albert II d'Autriche doit intervenir
pour protéger ses sujets juifs (Pour plus d'information sur les
persécutions dont les Juifs furent l'objet suite à la peste noire, on se
reportera à l'Histoire des Juifs par Heinrich Graetz)- Traitements La
médecine du XIVe siècle était bien impuissante face à la peste qui se
répandait. Les médecins débordés ne savaient que faire devant cette
maladie qui les atteignait, tout autant que leurs patients. Néanmoins,
quelques conseils, vains, étaient donnés : brûler des troncs de choux et des pelures de coing ; allumer des feux de bois odoriférants dans les chaumières ; faire bouillir l'eau et rôtir les viandes ; prendre des bains chauds ; pratiquer l'abstinence sexuelle ; pratiquer de nombreuses saignées ; administrer
des émétiques et des laxatifs, l'effet obtenu étant l'affaiblissement
des malades qui meurent ainsi plus rapidement ; organiser des processions religieuses solennelles pour éloigner les démons- La peste noire ne tuait pas sans discernement
La peste noire qui a décimé l’Europe au milieu du 14e siècle
n’aurait pas été le meurtrier aveugle qui tuait sans discernement, comme
on le pensait jusqu'à présent. L’analyse de 490
squelettes de victimes de la peste noire montre que l'infection
n’affectait pas tout le monde de façon égale, ont annoncé des
scientifiques. Les anthropologues Sharon DeWitte,
de l'Université d’Albany à New York et James Wood de l'Université de
Pennsylnanie ont déclaré que si beaucoup de personnes parfaitement
saines ont été tuées par le fléau, ce sont les personnes à la santé
fragile qui étaient touchées en priorité. «
On pensait que la peste noire tuait sans discernement à cause de sa
mortalité massive », a ajouté Sharon DeWitte. « Et la peste noire a
toujours été vue comme une épidémie unique qui n’épargnait personne.
Trois à cinq jours après l’infection, vous étiez mort ». DeWitte et le Wood ont analysé des squelettes du cimetière de la peste
noire d’East Smithfield à Londres, déterrés lors d’excavations dans les
années 80. Ils ont comparé ces squelettes avec 291 squelettes de la même
période datant d’avant l’arrivée de la peste noire, tro
| 1 | 1 | Mer 22 Juin - 10:46 guitarman  | | |  | 
Les foires de Champagne est le nom donné aux foires se tenant
depuis le XIIe siècle sur le domaine des comtes de Champagne. Leur
succès historique est principalement le fait de la sécurité particulière
dont bénéficiaient les marchands, garantie par les comtes de Champagne
eux-mêmes. Elles se tenaient dans les villes de Lagny (1 fois par an),
Provins (2 fois par an), Troyes (2 fois par an) et Bar-sur-Aube (1 fois
par an).
C'est bien l'excellente organisation matérielle (halles,
logements, entrepôts), une forte dotation de privilèges et la bonne
justice des comtes de Champagne qui expliquent le premier développement
des foires qui vont donner naissance, à la fin du XIIe siècle, au cycle
des six grandes foires citées ci-dessus, que complètent quelques foires
de moindre importance.
Le comte de Champagne parvient à faire respecter son «
conduit » (sauf-conduit) au-delà des frontières de son comté. Unité de
poids, le « marc de Troyes » apparaît en 1147 et sera bientôt adopté à
Paris. Le « denier provinois » circule assez loin pour servir de
référence jusqu'en Italie.
Dès 1147, le « garde des foires » qui veille à l'ordre
assure aussi bien le respect des usages commerciaux et développe une
véritable juridiction. Au XIIIe siècle, les gardes tiennent même le rôle
de notaires, donnant la sanction d'autorité comtale aux actes de droit
privé relatifs aux transactions et aux créances. Dans la seconde moitié
du siècle, ils se dotent eux-mêmes de notaires et de procureurs pour
faire face à l'augmentation du volume des affaires, d'autant plus lourde
que le même personnel va de foire en foire.
Le « conduit » royal accordé par Philippe Auguste en 1209
élargit encore le rayonnement de ces foires de Champagne. Celles-ci
forment désormais un ensemble cohérent, qui attire les Italiens aussi
bien que les Flamands. Le conduit royal les assure que tout tort qui
leur serait causé serait tenu pour lèse-majesté et pris en compte par la
justice royale.
Les foires de Champagne forment, dès la fin du XIIe siècle,
un cycle équilibré de foires principales et secondaires qui procure aux
hommes d'affaires une place commerciale presque permanente.
* 2 au 15 janvier : foire de Lagny
* mardi avant la mi-carême au dimanche de la Passion : foire de Bar-sur-Aube
* semaine de la Passion : foire de Sézanne
* mai : foire Saint-Quiriace de Provins
* 24 juin à la mi-juillet : foire « chaude » ou de la Saint-Jean à Troyes
* septembre : foire Saint-Ayoul à Provins
* début d'octobre à la semaine avant Noël : foire « froide » ou de la Saint-Remi à Troyes
Les foires de Champagne jouent dès les années 1250 le rôle
d'une place financière et doivent à ce rôle de survivre comme foires de
change jusque dans les années 1340, alors même que les transactions
commerciales ont en bonne partie disparu.Des « nations » [modifier]
Les foires en général sont l'un des lieux où les hommes du
Moyen Âge prennent conscience de leur identité nationale et de leur
solidarité devant un milieu local. Dès le XIIIe siècle, les marchands
italiens constituent en Champagne des « nations » gouvernées par les
consuls qui sont autant des représentants du gouvernement de la ville
d'origine (p. ex. les Siennois dès 1246) que ceux des marchands
fréquentant la foire. Ces nations mettent en place des structures d'aide
aux affaires et même une juridiction d'arbitrage interne, reconnue par
le roi. À partir de 1278, l'ensemble des consuls italiens en Champagne
élit un capitaine, tenu par le gouvernement local pour un interlocuteur
commode. Des organisations semblables peuvent être observées sur les
foires en Languedoc.
Les foires de Champagne rayonnent au XIIIe siècle sur tout
l'Occident. Elles régressent après 1300 devant la concurrence de Paris,
trop proche pour justifier le maintien par les grandes compagnies
italiennes de deux établissements permanents, l'un dans une grande ville
et l'autre dans quatre villes moyennes. L'apparition de la concurrence
maritime pour les trafics entre la Flandre et l'Italie dès 1291 et
l’ouverture de nouvelles routes à travers les Alpes ont ajouté aux
causes cette désaffectation. D'autant plus faut il ajouter la crise de
la fin du Moyen Âge, à la fois économique et démographique.
Une autre explication majeure du déclin des foires de
Champagne est la recrudescence des conflits en Europe en général et dans
la région en particulier après les années 1280. Ces problèmes de
sécurité favorisent les transports maritimes (ainsi galères de commerce
vénitiennes) qui, bien que plus lent et moins réguliers, deviennent plus
sûrs que les routes terrestres.
| 1 | 1 | Lun 20 Juin - 16:00 amyvette  | | |  | Plus encore que l’accusation de
déicide, ce qui fut âprement reproché aux Juifs par les chrétiens fut
leur refus de se convertir à la foi nouvelle et de reconnaître Jésus
comme messie. Seuls les Juifs baptisés étaient laissés en paix, et
certains convertis devinrent d’ailleurs d’actifs prosélytes chrétiens,
jouant souvent à leur tour un grand rôle dans les campagnes antijuives :
ainsi, l’archevêque Julien de Tolède, au VIIe siècle, lui-même
d’origine juive, mena activement campagne pour la conversion forcée de
ses anciens coreligionnaires en Espagne wisigothique.
Au Moyen Âge, nombre de professions
furent interdites aux Juifs. Ils furent exclus de toute fonction
administrative, et surtout des corporations de métiers, et des
confréries religieuses.

Il leur était interdit de
posséder, pour la cultiver, la terre. Ils vivaient donc dans les villes,
où ne leur restaient comme possibles activités pour gagner leur vie,
que celles qui étaient précisément interdites aux chrétiens. Si bien
qu’ils furent repoussés de presque tous les métiers, et contraints
principalement de s’orienter vers le commerce et même vers le prêt à
intérêt interdit à l’époque aux chrétiens d’Occident et aux musulmans,
ce qui leur valut l’hostilité des emprunteurs (On attribue à
l’interdiction par les évêques du prêt à intérêt à Rome, une part de
responsabilité dans la crise économique qui se termina par sa chute.
Constantinople n’eut pas ce genre de
problème, qui sut au contraire accueillir nombre de Juifs
chassés d’Espagne et qui contribuèrent largement à la réussite de
l’Empire ottoman.
Par exception, les juifs
s’occupèrent aussi d’artisanat d’art (orfèvrerie, taille des pierres
précieuses) et de médecine : c’est ainsi que des professeurs juifs de
l’Université de Montpellier, pratiquaient secrètement la dissection afin
d’améliorer leur connaissance du fonctionnement du corps humain.
Au Moyen Âge, ils donnèrent à
l’Europe de nombreux savants, et furent des traducteurs et importateurs
des textes anciens, grecs en particulier, qu’ils traduisirent,
commentèrent et permirent à l’Europe de découvrir, également à partir de
la langue arabe, lors de la grande période de l’Espagne andalouse
(Al-Andalous) où les échanges entre intellectuels juifs et arabes
atteignirent là leur plus haut niveau, dans le registre de la culture
savante. Cette époque fut aussi celle de la traduction des textes
d’Aristote (1120-1190), qui mobilisa des équipes composées de
confessions des religions monothéistes, à Tolède, et dans quatre villes
d’Italie (Pise, Rome, Palerme, Venise), et fut à l’origine de la
Renaissance du XIIe siècle.

Il fallut attendre le concile de Trente au XVIe siècle pour que l’Église catholique commence à revenir sur la question du déicide.
Les Marranes
En 1391, les royaumes espagnols
furent théâtre des « baptêmes sanglants » qui virent de nombreuses
conversions forcées de Juifs sous la pression de pogroms populaires. En
1492, les Rois Catholiques expulsèrent tous les Juifs d’Espagne, mesure
sans précédent à l’origine de la Diaspora sépharade. Seuls restèrent
les convertis ou ceux qui acceptent de le devenir-

Plusieurs professions furent
interdites aux nouveaux chrétiens. Et cela, bien que beaucoup de ces
nouveaux chrétiens, instruits dans la religion catholique depuis
plusieurs générations aient été sincères. Si bien que, dans les familles
ibériques, l’usage vint de demander des « certificats de pureté de
sang » avant de contracter mariage, ou pour exercer telle ou telle
profession. Si bien que nombre d’entre eux s’efforcèrent de fuir les
territoires hispano-portugais, et qu’une fois, mis relativement en
sécurité en France, en Turquie, aux Pays-Bas, ou en Angleterre à partir
de Cromwell, ils y redécouvrirent la religion de leurs ancêtres. Ce fut
le phénomène du marranisme, porteur d’une mémoire secrète, souterraine,
cachée, malgré la disparition des synagogues, des textes, et
l’impossibilité de suivre les rites. Les marranes, accusés de «
judaïser en secret » gardèrent, pour certains d’entre eux, la mémoire
de leurs origines, avant d’y revenir parfois, c’est-à-dire lorsque la
situation le leur permettait. Nombre de descendants de marranes, ces
chrétiens convertis de force, ont essaimé en Europe, avec des destins
divers, et jusqu’en Amérique, ou même en Asie, où l’Inquisition continua
à les poursuivre longtemps après leur départ du Vieux Continent, pour
tenter de faire disparaître le judaïsme.
Chronologie
576
Avit, évêque de Clermont Ferrand, impose aux 500 Juifs de sa ville de se convertir ou d’être expulsés.
629
Le roi Dagobert demande aux Juifs
de se convertir au christianisme et expulse ceux qui refusent la
conversion. Les Juifs expulsés par Dagobert se réfugient surtout vers
l’est, dans la vallée du Rhin, et dans le sud, en provence. Ces mesures
prennent effet dans une atmosphère de renforcement des pouvoirs de
l’église : Quelques années auparavant, un concile avait adopté une
résolution, non appliquée, interdisant la nomination de Juifs à des
fonctions civiles ou militaires.
820 à 828
Activités antijuives d’Agobard de
Lyon contre les Juifs. Son activité est révélatrice d’une grande
frustration du clergé quant à l’influence des Juifs. Agobard tentera, en
vain, de limiter l’influence des Juifs de sa ville et essaiera sans
succès d’enflammer contre eux la population. Agobard est fou de rage
parce que les Juifs ont réussi à faire changer le jour du marché du
samedi à un autre jour. Cette mesure montre l’influence prise par les
Juifs dans la vie économique. Agobard hait aussi les Juifs par «
procuration » : Il les hait parce que les chrétiens préfèrent aller
écouter les prêcheurs juifs, plus qualifiés que les chrétiens et parce
que « quelques chrétiens en arrivent à fêter le sabbat avec les juifs et
à violer le saint repos du dimanche ». A cela, il a également des
griefs plus classiques : «dans leurs prières, ils maudissent chaque jour
sous le nom de (…) notre Seigneur Jésus-Christ et les chrétiens ».
Vers 850
Le concile de Meaux-Paris adopte
une série de dispositions destinées à réprimer le prosélytisme juif et à
éviter toute promiscuité avec les Chrétiens : - Interdiction pour les
Juifs de servir dans l'armée, - Interdiction d'occuper un emploi public,
- Interdiction d'avoir des esclaves chrétiens et faire le commerce des
esclaves. - Interdiction de sortir de chez soi à la fin de la semaine
sainte, pour éviter que leur vue n'excite la colère des Chrétiens. -
Interdiction de construire de nouvelles synagogues. - La garde des
enfants juifs est confiée à des clercs pour les élever dans la religion
chrétienne. Charles le Chauve, tolérant, refusera d'appliquer ces
mesures d'exception et de les inscrire dans un capitulaire.
Avant 883
Expulsion des Juifs de Sens.
899
Confiscation des biens-fonds des Juifs de Narbonne au profit de l’église locale.
Vers 914
A Narbonne, confiscation de biens de Juifs au profit de l’église.
Avant 992
A Limoges, les Juifs sont accusés de sorcellerie.
Vers 1000
Instauration à Toulouse du rite de la Colaphisation : Chaque
vendredi un Juif doit se présenter devant l’église. Il y est
publiquement giflé en expiation du « meurtre du Christ ».
1009
Expulsion des Juifs de Limoges. Les Juifs sont également
accusés d’avoir participé à la destruction du Saint- Sépulcre, détruit
par les Musulmans.
| 7 | 7 | Dim 3 Juil - 18:42 isabeau  | | |  |
En Extrême-Orient, le Japon est à la fois la
limite nord du monde civilisé et le seul archipel dont la mer Intérieure
soit tournée vers l'est et non vers la mer de Chine. De cette situation
découlent deux conséquences majeures: la dynamique de civilisation
s'opère en direction du nord, et l'histoire du Japon se présente comme
une alternance entre temps d'ouverture (dominance de l'Ouest) et temps
de repli (dominance de l'Est). Si la population de l'archipel résulte
d'une synthèse entre des éléments venus du continent et d'autres
provenant d'Asie du Sud-Est (dont témoignent des traces de matriarcat),
les habitants les plus anciens sont les Aïnous, groupe archaïque
protocaucasien. Le Japon leur serait notamment redevable du chamanisme
shinto.
Chronologie du Japon
Préhistoire
Période précéramique paléolithique -200'000 pour certains, -30'000 pour d'autres. Période Jomon De 660 av J.-C. à 300 av J.-C Période Yayoi De 300 av J.-C. à 250 ap J.-C.
Antiquité
Période Yamato 250 - 710 Période Kofun 250 - 538 Période Asuka 538 - 710 Période Nara 710 - 794 Période Heian 794 - 1185
Période féodale
Période Kamakura 1185 - 1333 Période Kemmu 1333 - 1388 Période Muromachi 1388 - 1573 Période Azuchi Momoyama 1573 - 1603
Epoques moderne et contemporaine
Période Edo 1603 - 1854 Restauration Meiji 1868 - 1912 Période Taisho 1912 - 1926 Ere Showa 1926 - 1989 Ere Heisei 1989 à nos jours
La Préhistoire
Le néolithique (période Jomon) apparaît au Japon au VII e
millénaire av. J.-C.; la population, concentrée sur la côte est, vit de
la chasse. Cette civilisation est caractérisée par un artisanat
particulier: des poteries décorées de motifs de cordes pressées contre
l'argile ou portant des impressions de coquillages.
La période
Jomon s'achève vers le III e siècle av. J.-C. par l'arrivée, en
provenance de Corée, d'une culture plus avancée, celle de Yayoi, qui, de
l'île de Kyushu, gagnera le Japon central: c'est l'introduction de la
riziculture irriguée, du tour de potier, de la métallurgie du bronze et
du fer. Par l'intermédiaire de la Corée parviennent les premiers
éléments de la civilisation chinoise, qui correspondent à une
organisation en chefferies. Les objets fabriqués localement se détachent
peu à peu de leurs modèles, et le Japon acquiert un début d'autonomie
culturelle.
L'Antiquité

A partir du III e siècle apr. J.-C., les chefferies
deviennent des «principautés», comme en témoignent de grandes sépultures
(kofun) apparues à cette époque. Les plus vastes tombes se trouvent au
cœur du Yamato (entre Nara, Osaka et Ise), dont les princes font
remonter leur lignée à la déesse du Soleil, Amaterasu. Avec eux émerge
la lignée impériale. Les caractères chinois sont introduits au IVe
siècle
Au V e siècle, l'Etat du Yamato domine une société clanique
organisée en métiers héréditaires, puis étend son autorité à l'ensemble
du Japon, à l'exception du nord de Honshu et de Hokkaido, et au sud de
la Corée jusqu'en 562. L'introduction officielle du bouddhisme coréen
date de 538.
Le Japon médiéval était un archipel de quatre îles : Kyūshū,
Honshū, Shikoku et Hokkaidō. Coupé du reste du monde, il n'a donc été
découvert que relativement tard.
Le Japon était, à ses débuts, peu peuplé. Les populations se
trouvaient majoritairement sur le littoral et vivaient en majorité de la
pêche. Ils découvrirent tardivement la culture du riz.
L'ère médiévale du Japon arrive bien plus tard qu'en Europe, vers 1350.
Le Japon médiéval n'était pas un pays uni : divers clans
(souvent plusieurs par île), dirigés par des seigneurs, revendiquaient
le pouvoir; ce qui entrainaient de fréquents combats, voire des guerres
construites autour d'alliances (éphémères) entre les clans.
Un seigneur administrait une province et possédait son
château, ses paysans (équivalent des serfs européens) et son armée. Les
armées étaient composées de soldats simples, les ashigarus, maniant des
lances et des sabres. Les seigneurs avaient surtout une suite de
samouraï, équipées d'une tunique de combat et d'une tunique de tous les
jours. Ils avaient juré fidélité à leur seigneur et maitrisaient
parfaitement leurs armes. Ils étaient également liés par un code
d'honneur.
On compte aussi des Ninjas, assassins silencieux au service du plus offrant.

Armes et armures
Les armures étaient faites de bambou tressé sur des plaques
de bois rembourrées de coton et renforcées par du métal. Les guerriers
avaient un casque rond flanqués de plaques de bambou tressé. En
revanche, les protèges-tibias et protèges-poignets étaient métalliques.
Ils portaient à la taille une tassette faite comme le reste de l'armure.
Les Japonais ont porté, dans le passé, des sandales en paille ou en
bois. Ce sont également eux qui ont inventé le tabi, l'ancêtre de la
socquette. Les samouraïs portaient une armure identique à celle des
ashigarus, à l'exception de leur casque orné d'une plaque dorée portant
leur nom. Ils avaient également un cimier en métal de différentes formes
(cornes, croissant...)
Le sabre long, ou katana, était fait comme tous les sabres
d'acier par la méthode du haut fourneau. Il servait à lancer des
attaques longues et des parades efficaces. Il mesurait 67 cm de long.
Le Wakizashi, ou sabre court, était léger et pouvait s'utiliser rapidement. Il mesurait 35 cm de long.
Héros
Le plus grand samouraï de l'époque fut Musashi Miyamoto qui
est l'une des figures les plus emblématiques du Japon et le plus fameux
escrimeur de l'histoire du pays. Il est aujourd'hui l'archétype même du
samouraï. Il est fameux pour ses moultes duels (selon ses dires plus de
60 duels) où il est resté invaincu. Il est même rapporté qu'il eût gagné
certains de ses duels en utilisant un bokken (ou deux, puisqu'il créa
une école : Niten ryū, qui privilégie l'utilisation de deux sabres). Le
duel le plus connu de son histoire est celui contre Kojirō Sasaki, qu'il
remporte justement en utilisant un long bokken.
Habitudes vestimentaires
Les Japonais avaient un code vestimentaire bien établi. Les
hommes portaient des vestes longues, des matabikis (pantalons) et des
chaussettes en soie, les tabi, sans oublier les geta, les sandales
traditionnelles. Les femmes s'habillaient avec des robes longues et des
ceintures larges en nœud papillon. Les samouraï ne restent pas toujours
en tenue de combattant. Il portent une tunique de soie, et un pantalon
très long et très large. Les coiffures des hommes sont attachées en
arrière. Les samouraï ont une petite couette divisée derrière, et,
lorsqu'elle est coupée, ils doivent s'exiler jusqu'à que leur cheveux
repoussent. Les femmes portent un chignon.
Religion
La religion de base japonaise était le shintoïsme : ses
adeptes pensent que la nature-elle même a une âme. Puis le bouddhisme
fut introduit au Japon et devint la principale religion de l'archipel.
| 6 | 6 | Jeu 21 Juil - 18:58 prince charmant  | | |  | Les pratiques de la sorcellerie
Les personnes étant les plus reconnues à se prêter à des comportements impurs sont les femmes. Toutefois, la sorcellerie ne penche pas que pour le mal. Si l’on compare la magie avec la médecine, on y retrouve de très grandes ressemblances. Plusieurs personnes eurent recours à la magie pour guérir des blessures au courant du Moyen Âge. Parfois, la magie eut la chance de réussir là où la médecine échoua. Parmi les personnes ayant eu recours à des pratiques médicales magiques, on retrouve parfois des personnes appartenant à la royauté. Par exemple, pour traiter ses folies, le roi Charles VI eut la visite de quelques sorciers afin de l’aider à comprendre sa maladie. « Un pacte avec le Diable était indispensable pour accomplir tout acte de maleficium ». La sorcellerie peut être pratiquée par un homme ou une femme. Cette personne décidait ensuite de s’en servir pour des fins de bienfaisance ou de malfaisance. La sorcellerie se manifeste sous forme de prédictions futuristes, de rituels, de magie blanche, de magie noire. Les personnes la pratiquant peuvent être reconnues comme ayant des pouvoirs devins et magiques ou comme étant des charlatans. Cependant, à l’époque, il n’était pas évident de différencier l’illusion du réel.
Chez les hommes
Il n’y a pas grand-chose à dire des hommes pratiquant la magie comparativement aux femmes. Ceux d’entre eux qui venaient à pratiquer la magie noire étaient des hommes considérés comme étant des victimes des sorcières . Les hommes à l’époque étaient reconnus comme étant des grands sages respectés. C'est pourquoi ils se tournaient plus par la science et la magie blanche.
Chez les femmes
À l’époque et encore à certains endroits de nos jours, la femme est considérée comme étant « le sexe faible ». L’origine de cette discrimination remonte au tout début de l’histoire de l’Homme selon la Sainte Bible. L’explication du sexisme de la religion face à la femme serait due à la faute de Êve. Cette dernière pêcha lorsqu’elle fit manger la pomme interdite à Adam tout en faisant un pacte avec le Serpent, symbole du Diable. Cela amène donc l’Église à pointer la femme du doigt face à son manque de soumission envers sa propre religion . La femme se soumet aux pratiques de la sorcellerie car elle possède toutes les caractéristiques indispensables pour devenir adepte de la sorcellerie . Pour devenir un serviteur du Diable il faut bien communiquer, être capable de se nourrir de ses sentiments et pour terminer, il faut être capable de vivre du déshonneur et de gestes illicites. L’auteur continue en précisant que c’est la quête pour la passion qui nourrit les sorcières.
Étant confinées à la maison et n’ayant que pour travail les tâches ménagères et l’éducation des enfants, les femmes trouvèrent comme utilité de s’entraider. Certaines d’entres elles devinrent des sages-femmes et des guérisseuses. Étant maitresses de leurs cuisines, les femmes connaissaient les biens-faits des aliments et savaient concocter des mélanges avec des produits de la nature. Ceux-ci avaient des effets bénéfiques chez les gens. Cette connaissance amena aussi certaines femmes à faire des potions maléfiques. Vengeances et jalousies étaient à la base de ces potions.
Les composants du surnaturel
On y retrouve plusieurs méthodes de pratiquer la sorcellerie : la magie blanche et la magie noire. Ce qui les différencie c’est leur accomplissement tendant pour le bien ou le mal. La première guérit et aide les autres tandis que la deuxième les punit et les harcèle. Ces méthodes proposent à peu près les mêmes façons de procéder mais encore, ce q ui les différencie c’est leur but.
Dans les façons de répandre la magie, on y retrouve : des incantations, des potions, des sacrifices, des prédictions (divinations) et des sortilèges, pour en nommer que quelques-uns. Il est important de souligner qu’il n’y a pas que le peuple qui participe à la sorcellerie. Certains clercs en sont des adeptes. Leur magie s’identifie à être plus éduquée. Étant pratiquement les seules personnes ayant accès à l’éducation, ceux-ci viennent à pratiquer l’astrologie .
| 3 | 3 | Ven 22 Juil - 19:44 matrix  |  |  | Les écrits. Afin de mieux contrôler la sorcellerie, quelques traités et manuels virent le jour, tels que : le traité du pape Jean XXII, celui de Jean-Baptiste Thiers « Le traité des superstitions » et le manuel « Maleus Maleficarum » écrit par Kramer et Sprenger.
Le premier servit entre autres à définir, en 1326, la sorcellerie comme étant une hérésie . Le deuxième explique que la superstition est contraire à la religion . Tandis que le « Malleus Maleficarum » réunit les idées des deux papes et en fit un guide descriptif de la sorcellerie. Les auteurs divisèrent en trois grandes parties le manuel soit : l’existence du Diable (et donc de ses prêcheurs), la description de la sorcellerie et la proposition de la persécution d’une sorcière. La chasse aux sorcières. À la fin du Moyen Âge, quelques mouvements furent mis en place en but de prévenir et d’anéantir la sorcellerie. La chasse aux sorcières fut le plus gros d’entre eux. Celle-ci fut influencée par le « Marteau des Sorcières ». Cette chasse constituait à amener devant des procès toutes les personnes adeptes de la sorcellerie. Avec le nouveau statut de la sorcellerie dicté par son prédécesseur, le pape Innocent VIII fit resserrer les procès de l’Inquisition pour être en mesure de faire passer un message clair et précis à ceux et celles ayant fait un pacte avec le Diable. Ces mouvements visaient principalement les femmes car les suppositions faites dans les guides des inquisiteurs définissaient les adeptes de la sorcellerie comme étant la femme.
Les procès
Ayant renforcé les tribunaux d’Inquisitions, le pape permit aux pays de l’Europe occidentale de condamner les vénérants du Diable. Toutefois, le but premier de ces procès fut de guider ces prêcheurs vers la bonne voix, soit celle de Dieu. Leur but, n’étant pas de tuer les personnes adeptes de la sorcellerie, ne donna pas les résultats tant espérés. C'est pourquoi les magistraux devinrent encore plus sévères et finirent par administrer la peine de mort à presque tous les coupables de gestes magiques.
Durant les procès la torture était permise et permettait ainsi d’avoir des révélations plus pertinentes. Ce qui différencie les procès de la France à ceux de l’Angleterre et de l’Allemagne sont les accusations portées contre les adeptes de la sorcellerie. Dans les tribunaux de la France, contrairement à ceux de l’Allemagne, on y retrouvait rarement des plaintes concernant des catastrophes naturelles. Tandis qu’en Angleterre, la sorcellerie qui y règne vise plutôt à entrevoir des « accidents domestiques ».
Plus les temps avançaient, plus les tribunaux ordonnaient des preuves légales pour donner un verdict . Le parlement n’accordait que trois types de preuves, soit : les preuves matérielles, les aveux faits librement et les témoignages oculaires . Les sentences infligées aux coupables s’ensuivaient sous forme d’emprisonnement, de bannissement, et d’autres à la peine de mort.
Les résultats
Au courant de ces procès, et cela jusque dans les années 1600, les hommes y étaient mieux traités que les femmes . De plus, environ 80% des accusés se trouvait être des femmes . Le bilan des exécutions pour des accusations de sorcellerie fut estimé par les historiens à environ 50 000 . Ce ne fut pas que les campagnards qui furent arrêtés et sentenciés à la peine de mort. Par exemple, en 1536, la reine Anne d’Angleterre fut accusée d’inceste, d’adultère et de trahison envers le roi. Ces gestes sont définis d’hérésie à l’époque. C'est pourquoi certaines personnes l’accusèrent de sorcellerie et elle fut sentenciée comme tous les adeptes de la sorcellerie. De nos jours encore, plusieurs conflits s’étendent sur la criminalité de la reine Anne. Certains diront qu’elle était réellement coupable et d’autres iront jusqu’à dire qu’elle fut victime de son mari, le roi Henri VIII. Celui-ci aurait voulu sa mort car il voulait un héritier de sexe masculin, chose qu’Anne ne pouvait lui donner. C’est donc l’envie d’un remariage qui l’aurait guidé à criminaliser la reine. Dans ceux qui soutenaient l’innocence de la reine, un d’entre eux écrira que le roi préférait se faire connaitre comme étant infidèle et victime de sorcellerie que de ne pas avoir d’héritier digne de son nom .
Malgré tous les efforts investis dans la grande chasse aux sorcières, ceux-ci ne furent pas suffisants car la sorcellerie sut y résister. Par contre, ce qui est certain c’est que cette chasse marqua l’histoire du Moyen Âge.
 Ailleurs dans le monde
On retrouve « la présence, au sein de cultures très éloignées les unes des autres, d’un ensemble de croyances qui attribuent la responsabilité de malheurs inexpliqués aux intentions malfaisantes d’individus munis de pouvoirs surnaturels ». Voici un autre exemple de sorcellerie ayant appartenue au Moyen Âge mais étant issue d’une différente culture.
En Afrique de l’Ouest, la religion imposée vers le XIIe siècle fut le Voudou. Ce mot signifie « esprit ». Cette culture que fut le Voudou nous est mieux connue comme étant la pratique du surnaturel sur des poupées ressemblant à des personnes. On y attachait un ou plusieurs objets appartenant à la personne en question ainsi qu’un morceau humain qui était majoritairement un cheveu. Tous les gestes portés à la poupée étaient censés être ressentis par la personne représentée. Cette pratique était utilisée en but de faire le bien ou le mal.
| 2 | 2 | Mar 28 Juin - 9:49 isabeau  | | |  | Frères humains qui après nous vivez N'ayez les coeurs contre nous endurciz, Car, se pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tost de vous merciz. Vous nous voyez cy attachez cinq, six Quant de la chair, que trop avons nourrie, Elle est pieça devoree et pourrie, Et nous les os, devenons cendre et pouldre. De nostre mal personne ne s'en rie : Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre! Se frères vous clamons, pas n'en devez Avoir desdain, quoy que fusmes occiz Par justice. Toutesfois, vous savez Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz; Excusez nous, puis que sommes transis, Envers le filz de la Vierge Marie, Que sa grâce ne soit pour nous tarie, Nous préservant de l'infernale fouldre. Nous sommes mors, ame ne nous harie; Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre! La pluye nous a débuez et lavez, Et le soleil desséchez et noirciz: Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez Et arraché la barbe et les sourciz. Jamais nul temps nous ne sommes assis; Puis ça, puis la, comme le vent varie, A son plaisir sans cesser nous charie, Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre. Ne soyez donc de nostre confrarie; Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre! Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie, Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie : A luy n'avons que faire ne que souldre. Hommes, icy n'a point de mocquerie; Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre. (Transcription : Lagarde et Michard) Frères humains qui après nous vivez, N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard, Car si vous avez pitié de nous, pauvres, Dieu aura plus tôt miséricorde de vous. Vous nous voyez attachés ici, cinq, six: Quant à notre chair, que nous avons trop nourrie, Elle est depuis longtemps dévorée et pourrie, Et nous, les os, devenons cendre et poussière. De notre malheur, que personne ne se moque, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre! Si nous vous appelons frères, vous n'en devez Avoir dédain, bien que nous ayons été tués Par justice. Toutefois vous savez Que tous les hommes n'ont pas l'esprit bien rassis. Excusez-nous, puisque nous sommes trépassés, Auprès du fils de la Vierge Marie, De façon que sa grâce ne soit pas tarie pour nous, Et qu'il nous préserve de la foudre infernale. Nous sommes morts, que personne ne nous tourmente, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre! La pluie nous a lessivés et lavés Et le soleil nous a séchés et noircis; Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux, Et arraché la barbe et les sourcils. Jamais un seul instant nous ne sommes assis; De ci de là, selon que le vent tourne, Il ne cesse de nous ballotter à son gré, Plus becquétés d'oiseaux que dés à coudre. Ne soyez donc de notre confrérie, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre! Prince Jésus qui a puissance sur tous, Fais que l'enfer n'ait sur nous aucun pouvoir : N'ayons rien à faire ou à solder avec lui. Hommes, ici pas de plaisanterie, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre.
| 0 | 0 | | | |  | Les universités qui apparaissent et se multiplient au cours des trois derniers siècles du Moyen Âge sont des institutions profondément originales à tous égards. Le mot universitas signifie, dans le latin médiéval, « communauté ». L'universitas studiorum est une forme originale de communauté, qui se régit elle-même et échappe aux contraintes du droit commun. Non moins originale est la tentative d'une approche universelle de la connaissance, d'universalisme de la pensée et du raisonnement, réalisée par la scolastique universitaire à son apogée. Les conséquences – tantôt heureuses, tantôt malheureuses – en sont l'insertion du monde universitaire dans toutes les fonctions sociales. L'université joue un rôle politique, mais elle est elle-même un élément des politiques et des nationalismes naissants. La même scolastique, en quoi s'étiole rapidement la spéculation théologique, est l'instrument d'une rénovation de la pensée scientifique et s'ouvre en définitive sur l'humanisme. La corporation universitaire
• L'indépendance
C'est d'un besoin d'indépendance que sont nées les universités. Indépendance envers l'autorité ecclésiastique, tout d'abord : la plupart des universités de la première génération, celles de Bologne, d'Oxford ou de Paris, se sont constituées en réaction contre l'évêque qui, par l'intermédiaire de son écolâtre ou de son chancelier, gouvernait les écoles établies à l'ombre de sa cathédrale ; les maîtres et les écoliers se plaçaient hors du clergé hiérarchisé et situaient leurs spéculations hors des contraintes épiscopales. Indépendance, aussi, envers le pouvoir laïque : toutes les armes furent bonnes, grève ou sécession dans une autre ville, pour faire reconnaître l'exemption de la juridiction laïque et l'indépendance intellectuelle que consacrèrent des statuts octroyés par le Saint-Siège. Car c'est à l'appui pontifical que les universités doivent d'avoir gagné leur indépendance. Les papes y trouvaient – de même que dans la fondation des ordres mendiants, à peu près contemporaine – le moyen d'assurer leur autorité et de contrôler directement la formation des clercs et la pureté de la foi. C'est dire le rôle déterminant joué, dans la fondation des premières universités, par les légats pontificaux.
Les princes comprirent vite qu'ils avaient intérêt à s'accommoder de la corporation universitaire, pépinière d'administrateurs, de juges et de conseillers, dont le prestige rejaillissait sur la ville et sur le prince. Les créations des XIVe et XVe siècles sont souvent le fruit des ambitions princières et des rivalités régionales. Assurées en droit de leur indépendance, elles étaient en fait de plus en plus liées aux gouvernements laïques. Le lien qui les unissait au Saint-Siège s'estompait facilement en un temps où celui-ci était disputé, voire attaqué par les conciles réformateurs. Les universités de Plaisance ou de Pise concouraient à la gloire des Visconti ou des Médicis, celle de Paris aux œuvres du régent Bedford. Il n'était plus question d'indépendance.
• L'organisation
L'université médiévale est organisée en établissements qui se gouvernent eux-mêmes. Les facultés des « arts », que l'on rencontre partout, ont pour fonction l'enseignement secondaire, celui des « arts libéraux ». Les étudiants, jeunes (de 14 à 20 ans environ) et nombreux (plusieurs milliers dans les grandes universités du XVe siècle), sont souvent répartis en groupes linguistiques et nationaux. Les autres facultés, correspondant à l'enseignement supérieur, sont inégalement établies, et inégales en réputation : ainsi, Paris, célèbre pour les arts et la théologie, n'a pas de faculté de droit civil, cependant que Montpellier brille pour la médecine et le droit civil, et Bologne par ses enseignements juridiques.
Tous ces établissements se gouvernent selon des statuts différents. À Bologne, les écoliers régissent matériellement l'université. À Paris, au contraire, les maîtres ont la réalité d'un gouvernement auquel sont associés les écoliers. Partout, procureurs, recteurs, doyens, chanceliers sont élus, et les maîtres sont choisis par leurs pairs. Maîtres et écoliers du XIIIe siècle sont souvent itinérants, établis pour quelques années dans une université ou dans une autre, ce qui donne à la formation universitaire un caractère universel. La multiplication des universités et le rétrécissement de leur aire de rayonnement met fin à cette itinérance.
L'université dispose parfois, surtout à la fin du XVe siècle, de locaux propres, mais l'enseignement se dispense plus généralement- 
au domicile des maîtres, dans les salles ou chapelles des couvents, dans les collèges enfin. Ces collèges ne sont pas autre chose que des résidences pour écoliers boursiers. Fonder un collège en le dotant d'un certain nombre de bourses est une des formes du mécénat. Des collèges sont devenus célèbres, comme celui que fonda à Paris en 1257 le chapelain de Saint Louis, Robert de Sorbon, ou comme le collège d'Espagne fondé à Bologne en 1364 par le cardinal Albornoz. D'autres restèrent plus modestes : au XVe siècle, Paris en comptait une cinquantaine, où ne vivaient qu'une faible partie des étudiants, la plupart logeant à l'auberge ou chez l'habitant.
| 1 | 1 | Ven 22 Juil - 20:06 isabeau  | | |  |  1-
1- La technique de fabrication :
Une monnaie s’obtenait en frappant une lentille de métal entre deux coins. L’outillage était le suivant : - une enclume dans laquelle se trouvait encastré un coin fixe (portant, en creux, le droit de la monnaie) - un coin mobile (portant le revers)
- des flans coulés dans une lingotière dont la forme se rapproche le plus de celle que la pièce devait avoir, avec un poids soigneusement déterminé
- une pince pour placer le flan chauffé au rouge entre les 2 coins et le retenir latéralement, afin de l’empêcher de glisser lors de la frappe
- un marteau à l’aide duquel se faisait la frappe
Au Moyen Age, on ne composait pas une matrice unique, prototype exact de la pièce, destinée à s’imprimer en creux dans le coin. L’artiste gravait en relief, séparément, sur des poinçons, les différentes parties du sujet : lettres, sigles, ornements, figures… Puis, il prenait un morceau de fer revêtu d’acier doux et y marquait ses points de repère. Chaque poinçon était ensuite enfoncé dans le métal pour finalement former le coin. Le poinçonnage effectué, l’ouvrier terminait le travail avec la lime, le ciselet et les fils coupants.
2- L’organisation de l’atelier :
Au 12e siècle, on comptait une centaine d’ateliers en France. Avec l’augmentation du nombre des ateliers, s’est rapidement posé le problème de leur contrôle. Deux solutions : graver des signes particuliers permettant de repérer aisément leur provenance ou mettre en place une organisation monétaire structurée. En France, à la fin du Moyen Age, un point secret placé sous une des lettres de la légende des monnaies royales, permettait d’identifier l’atelier. Au 16e siècle, pour rendre le personnel plus responsable de la qualité des fabrications, des différents désignant le directeur et le graveur doivent obligatoirement apparaître sur les pièces (généralement, en fin de légende).
A la tête de l’administration monétaire étaient les Généraux maîtres. Ils nommaient les maîtres particuliers et autres officiers des monnaies, surveillaient la fabrication, la circulation des monnaies et le commerce des métaux précieux. Ceux de Paris composaient la Chambre des monnaies à qui le Conseil du roi transmettait ses ordonnances. La Cour des comptes donnait aux directeurs leur statut. Sous les ordres de la Chambre des monnaies, se trouvait le personnel des ateliers.
Les ateliers étaient exploités en régie ou, par voie d’adjudication, à un maître avec qui un bail était conclu. Celui-ci avait, à ses côtés, un garde ou juge-garde, un contregarde (chargé de surveiller les rapports du maître et des vendeurs de métal), un tailleur (orfèvre de son état, à partir du 17e siècle, il prendra le nom de graveur), un essayeur.
Les ouvriers et monnayeurs formaient une Corporation. Ils étaient soumis à une juridiction particulière et étaient jugés par leurs prévôts élus et les délégués des ouvriers. Ils étaient aussi exemptés d’impôts et de service militaire.
3- L’émission des monnaies : Le Roi ou son conseil, ayant décidé l’émission, rendait une ordonnance qui était transmise à la Chambre des monnaies qui rédigeait, d’après l’ordonnance royale, un exécutoire où étaient précisées les conditions de l’émission. L’exécutoire était ensuite transmis par messager aux ateliers monétaires en activité dans le royaume. Quand les monnaies étaient bonnes à délivrer, le maître recevait la visite d’un agent du roi envoyé pour recueillir le produit net.
La mise en circulation ou le tarif nouveau d’une monnaie était annoncé par le cri des monnaies. On annonçait la démonétisation d’une monnaie par voie de décri. On devait, dès lors, les rapporter dans les Hôtels des monnaies où elles étaient remboursées.
| 2 | 2 | Ven 29 Juil - 21:41 matrix  |
 | Qui est en ligne ? |  | Nos membres ont posté un total de 138 messages Nous avons 11 membres enregistrés L'utilisateur enregistré le plus récent est PHOCEEN | Il y a en tout 2 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 2 Invités Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 89 le Lun 12 Sep - 9:02
Utilisateurs enregistrés : Aucun
| Aucun membre ne fête son anniversaire aujourd'hui Aucun membre ne fête son anniversaire dans les 7 prochains jours | | Légende : [ Modérateurs ] [ Vérificateur ] [ vigile ] [ Observateur ] [ Superviseur ] |
 | Nouveaux messages | |  | Pas de nouveaux messages | |  | Forum Verrouillé |
| |