L' almanach de la mandragore

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 Les croisades

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eudes

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MessageSujet: Les croisades   30.06.13 23:02

Expéditions militaires entreprises du xie au xiiie siècle par les chrétiens d'Occident à l'instigation de la papauté, qui leur a fixé pour but la délivrance des Lieux saints occupés par les musulmans.
Le mot « croisade » n'apparaît dans les textes occidentaux qu'après 1250 ; pour leur part, les croisés et leurs contemporains usaient d'expressions aussi diverses que « voyage de Jérusalem », « voyage vers la Terre sainte », « passage » ou « voyage d'outre-mer ».
Au sens strict sont qualifiés de croisades les pèlerinages en armes (de fait, des campagnes militaires) organisés par l'Église afin de délivrer le tombeau du Christ à Jérusalem.

 L'organisation des croisades

 L'origine

Dès les premiers siècles du christianisme, les lieux saints occupent une place importante dans la spiritualité de l'Occident. Le voyage à Jérusalem et le culte des reliques constituent des pratiques de piété. Ils ont une valeur expiatrice des péchés et libératrice des maladies. Au xie siècle, ces pèlerinages en Terre sainte sont stimulés par l'ouverture d'un itinéraire continental à travers la vallée du Danube (1010) et par le renouveau du commerce méditerranéen ; d'individuels, ils deviennent collectifs.
Ce climat de vénération pour la Terre sainte, « occupée » par les musulmans, favorise les projets de puissance de l'église. Celle-ci, après avoir sanctifié la guerre contre l'infidèle, stimulé et soutenu la reconquête chrétienne de la péninsule Ibérique sur les Maures (→ la reconquista), qui s'accélère après la chute du califat de Cordoue (1031), décide de porter l'offensive en Orient.

 La prédication

La passion du Christ


La proclamation de la croisade est toujours une initiative de la papauté: c'est une bulle papale ou un canon conciliaire qui en annonce le « passage », en fixe la date, en définit les objectifs, en explique les raisons et octroie des privilèges temporels et spirituels aux croisés. Cependant, après Urbain II (initiateur de la première croisade), rares sont les papes qui prêchent directement la croisade ; aussitôt lancés, leurs appels sont relayés par des prédications confiées à des légats et à des clercs. Lors de la première et de la deuxième croisade, des moines, des ermites et parfois des illuminés prennent l'initiative de prêcher. Les thèmes développés dans les sermons de ces prédicateurs populaires demeurent peu connus ; il semble toutefois que l'ardeur de certains à « exalter la croix » et à rappeler la passion du Christ ravive l'accusation de déicide à l'encontre des Juifs. Ainsi, en Allemagne, les prédications du moine Rodolphe lors de la deuxième croisade provoquent des pogroms contre les communautés juives.

Une voie de salut

Afin d'éviter de tels excès, la papauté veille à contrôler la prédication ; de la deuxième à la quatrième croisade, les légats confient cette tâche principalement aux cisterciens et, au xiiie siècle, aux ordres mendiants. La prédication officielle consiste à préparer spirituellement les fidèles ; c'est ainsi que saint Bernard de Clairvaux présente la croisade comme une voie de salut, un remède proposé par Dieu à ses créatures. Ces thèmes bernardiens sont repris par le prédicateur de la troisième croisade, le légat Henri d'Albano.

La vente des indulgences

À partir du pontificat d'Innocent III (initiateur de la quatrième croisade), la prédication de la croisade s'accompagne de la vente des indulgences et perd progressivement de sa spiritualité.

 La légitimation de la guerre


La " guerre juste "

Rome, après avoir été pillée en 846 par les musulmans – une partie de l'Occident étant alors aux prises avec les Slaves et les Scandinaves –, entreprend d'élaborer une théologie de l'action armée. Reprenant (en la déformant) la notion augustinienne de « guerre juste », les premiers papes qui ont appelé à combattre les infidèles et à « défendre la foi » ont été Léon IV (en 853) et Jean VIII (en 878).

La christianisation des mœurs de la chevalerie occidentale

Poursuivi par leurs successeurs, l'effort de légitimation de la guerre s'accompagne, à partir de la fin du xe siècle, d'une véritable entreprise de christianisation des mœurs de la chevalerie occidentale. Commencé sous l'égide de Cluny et mobilisant bientôt l'ensemble de l'Église, ce mouvement appelle les chrétiens à suspendre toute violence entre eux, et à retourner leurs armes contre les infidèles.
Ainsi, au xie s., alors même que le danger musulman s'estompe, l'Église poursuit sa double action auprès de la classe militaire. Assortis d'indulgences plénières (remise totale des peines de purgatoire pour les combattants), les appels à la « guerre juste » trouvent de plus en plus d'écho auprès d'une chevalerie dûment endoctrinée. Assurée du concours des hommes de guerre, la papauté n'a aucune peine à faire admettre la légitimité d'interventions contre les ennemis de la religion.

 Le financement

Godefroi de Bouillon

Le financement des croisades est d'abord assuré par les participants eux-mêmes. Lors de la première croisade, l'enthousiasme est si grand que beaucoup aliènent leurs biens ou les mettent en gage auprès d'établissements ecclésiastiques. C’est le cas de Godefroi seigneur de Bouillon qui vend ses propriétés de Stenau et de Moussay à l'évêque de Verdun, et donne en gage à l'évêque de Liège le « pays de Bouillon ».

La contribution pécuniaire

Mais à ces moyens exceptionnels s'ajoute, au début du xiie siècle, un financement plus régulier : les barons exigent la contribution pécuniaire de leurs vassaux. Les souverains en font autant en 1147 : Louis VII, qui ne peut financer l'expédition par ses revenus habituels, sollicite la contribution de ses vassaux et pressure singulièrement les églises de son domaine.

La taxation

Dans la seconde moitié du xiie siècle, les expéditions étant devenues maritimes, donc plus coûteuses, les rois recourent à la taxation. En 1166 et en 1183 en France, puis en 1185 en France et en Angleterre, sont prélevés 1 ou 2 deniers par livre de biens (selon un système, d'origine carolingienne, dont l'unité de base est la livre d'argent divisée en 20 sous, eux-mêmes divisés en 12 deniers) pour la défense de Jérusalem.

La dîme saladine

Le premier impôt de croisade est la dîme saladine, destinée à financer la guerre contre Saladin. Autorisée par le pape Grégoire VIII en 1187, levée un an plus tard en France et en Angleterre, elle consiste en un prélèvement de 10 % sur les revenus et biens meubles de ceux qui ne prennent pas la croix (clergé compris). De surcroît, en Angleterre,Richard Coeur de Lion taxe les revenus de ses sujets juifs à 25 %, tandis qu'en France Philippe Augusteoblige les siens à verser 5 000 marcs d'argent en sus de leur contribution.

Décime, legs, rachat des vœux

L'Église cherche également à se constituer un trésor de croisade. L'insuffisance des aumônes de croisade oblige le pape Innocent III à recourir à une imposition du clergé : en 1200, il crée la décime, frappant les revenus des cardinaux au dixième, et ceux du clergé séculier et régulier au quarantième. Bien que maintenu tout au long du xiiie siècle à des taux et durées variables, cet impôt s'avère lui aussi insuffisant. Aussi l'Église recourt-elle à d'autres ressources, telles que legs, rachats des vœux et dons assortis d'une indulgence proportionnelle. L'argent ainsi recueilli est le plus souvent remis directement au chef de croisade, même si certains papes (tel Grégoire IX) n'hésitent pas à en faire usage à des fins autres que l'expédition en Terre sainte.


 Le croisé

L'engagement fondé sur la piété

Contrairement à une idée communément reçue, n'est pas croisé qui veut. Redoutant la participation à la croisade de chrétiens inaptes au métier des armes, craignant qu'un trop grand nombre d'entre eux ne se trouvent liés par un engagement irréfléchi mais irrémissible, le pape Urbain III contraint les clercs, les laïcs et les jeunes mariés à solliciter obligatoirement le consentement de leur ordinaire, de leur curé ou de leur épouse. Les pèlerins en armes doivent coudre sur leur vêtement, entre leurs deux épaules, une croix de tissu qui fait d'eux des cruce signati, (marqués du signe de la croix). Dès lors, ils bénéficient d'une indulgence plénière à condition que la piété (et non le lucre) soit à l'origine de l’engagement.


Le privilège de la croix

En outre, pour assurer la tranquillité d'esprit du croisé, le pape décrète, dès le 28 novembre 1095, que ses biens (et, plus tard, sa femme et ses enfants) sont placés sous la protection des évêques (privilège de croix), disposition que reprend le droit féodal, qui impose au seigneur de remplir ce devoir envers la famille et les biens de son vassal croisé, mais qui oblige ce dernier à accorder également son aide à son seigneur lorsqu'il se croise à son tour.

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Eudes
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MessageSujet: Re: Les croisades   01.07.13 0:00

Les croisades menées par les occidentaux en orient ont eu plutôt des conséquences négatives car elles ont entrainé la mort de centaines de milliers (millions ?) de personnes et la destruction de la magnifique civilisation byzantine (sac de Constantinople en 1204).

Néanmoins quelles ont été leurs cotés positifs tant pour les occidentaux que les orientaux ?
J'avais lu qu'elles avaient permis la transmission de plantes et de fruits en occident, qu'elles avaient allégé la "pression guerrière" en occident, mais encore ?

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MessageSujet: Re: Les croisades   01.07.13 0:01

Les croisades ont permis aux commerçants des villes italiennes de s'installer au moyen orient, d'y établir des comptoirs permanents, qui ont détourné vers eux le commerce entre l'europe et l'orient en dépossédant de son rôle d'intermédiaire le moyen-orient musulman. Ce profit très important sera maintenu après la fin des croisades, les villes comme Venise et Gênes, Pise, payant tribut aux souverains musulmans qui n'ont pas perçu l'enjeu apparemment, la dépossession.

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MessageSujet: Re: Les croisades   01.07.13 0:07

Les résultats des croisades n'ont pas été négligeables. La première croisade a donné naissance aux États latins d'Orient qui ont vécu presque deux siècles sur la rive d'Asie, grâce aux croisades qui se sont succédé à un rythme très inégal jusqu'en 1272 et même en 1291. Le royaume de Chypre est né de la troisième croisade ; l'Empire latin de Constantinople, de la quatrième. Et ces États latins d'Orient ont représenté une formation politique originale. Le royaume de Jérusalem, en assurant la sécurité des pèlerinages et la protection des chrétiens orientaux libérés de la domination musulmane, répondait assez bien au but proposé par Urbain II, bien que rien ne permette de dire si le pape et les croisés avaient alors envisagé un établissement permanent. Mais le maintien de cet établissement avait exigé, de la part de l'Occident, un effort soutenu.
• Conséquences économiques
C'est dans le cadre de ces États latins surtout que s'est opérée la découverte d'un monde jusqu'alors assez peu familier aux Occidentaux. Les contacts de civilisations auxquels les croisades ont donné lieu ont pris des formes diverses et sans doute la pensée gréco-arabe a-t-elle davantage pénétré en Occident par la voie de l'Espagne que par celle de l'Orient. Mais il reste que, par cette dernière voie, des emprunts non négligeables ont été faits par l'Occident à l'Orient, et que d'autres ont peut-être aussi eu lieu en sens contraire, bien que dans une moindre mesure.
L'économie méditerranéenne n'a pas été bouleversée par les croisades : les grands courants du commerce mondial se dessinaient déjà auparavant. Mais les croisades les ont transformés : à côté de Constantinople et d'Alexandrie, les échanges entre marchands orientaux et occidentaux se sont situés aussi dans les ports syriens, libanais ou palestiniens, voire chypriotes et arméniens. En effet, le transport des pèlerins, du ravitaillement, des secours envoyés d'Occident a amené les républiques marchandes à fréquenter ces ports et à y rechercher le fret de retour. Les marchands ont fini par s'enfoncer plus avant en Asie, jusqu'en Inde et en Chine.
• Conséquences politico-religieuses
Des missionnaires furent envoyés en Asie ; les Latins avaient, en effet, pris contact dès leur arrivée avec les Églises orientales, et recherché une union plus intime avec ces dernières. Si la prédication de la foi chrétienne aux musulmans soumis resta toujours assez discrète, les négociations en vue de l'union des Églises prirent beaucoup d'importance et les missionnaires, surtout à partir de l'apparition des Mongols que l'on chercha à convertir, s'enfoncèrent eux aussi très loin en Asie. Au XIVe siècle, cette pénétration religieuse aboutit à la fondation de chrétientés de rite latin dans les contrées les plus éloignées. Et il est inutile de dire ce que ces missionnaires apportèrent à la connaissance du monde.
Toutefois, pour l'Occident lui-même, les croisades ont eu des conséquences d'un autre ordre. Elles apparaissent comme le prolongement du mouvement de paix, sous la forme envisagée au temps de la réforme grégorienne. De même que la pacification de l'Occident incombe à la chevalerie animée par l'Église, ces mêmes chevaliers sont appelés par l'Église à assurer la paix aux chrétiens d'Orient ; la croisade se double d'un effort pour réaliser la paix entre les princes et les barons chrétiens : la papauté a été amenée à jouer un rôle capital dans l'organisation de cette pacification, comme en vue de la croisade : les croisades ont été l'un des facteurs qui ont favorisé l'élaboration et la mise en œuvre de la doctrine théocratique.
La nécessité de financer les croisades a conduit la papauté à mettre progressivement en place un système fiscal qui est à l'origine de la fiscalité pontificale du XIVe siècle ; la protection accordée aux croisés l'a amenée à étendre le domaine de la juridiction ecclésiastique. Ainsi les institutions ecclésiastiques médiévales ont-elles subi l'influence des croisades. La naissance d'ordres religieux militaires (le Temple d'abord) en est un autre aspect. Mais les institutions de la société civile en ont aussi été influencées ; la croisade de Louis VII a certainement renforcé l'autorité du roi de France.
La vie chrétienne en a également été marquée : notons l'importance du pèlerinage du Saint-Sépulcre pour la dévotion ; le rôle des indulgences ; le sens du sacrifice.

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