L' almanach de la mandragore

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 Les Mérovingiens

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tancrède



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MessageSujet: Les Mérovingiens   10.07.13 17:30

Dynastie qui régna sur les Francs Saliens, puis sur la Gaule à partir de Clovis ; elle fut évincée par les Carolingiens en 751.


La dynastie des Mérovingiens doit son nom à un ancêtre plus ou moins mythique, Mérovée, dont l'existence n'est mentionnée que par des textes de la fin du viie siècle ou du viiie siècle et auquel le Liber historiae Francorum du viiie siècle a donné pour ascendant un souverain qui n'a sans doute jamais existé : Pharamond (ou Faramund), fils de Marcomer. Cette dynastie, qui régna d'abord sur les Francs Saliens fédérés à l'Empire par l'empereur Julien dès 358, se subordonna progressivement de très nombreuses populations germaniques et l'ensemble des populations gallo-romaines entre la fin du ve siècle et 751, date de son élimination définitive par les Carolingiens.


La conquête mérovingienne


Les débuts


Issue de Chlodion (?-vers 460), qui conquiert la Belgique seconde jusqu'à la Somme après avoir occupé Cambrai vers 430 / 440, conquête bientôt reconnue par traité par Aetius (?-454), la dynastie mérovingienne se divise dès l'origine en plusieurs branches : celle de Ragnacharius, roi de Cambrai ; celle des frères de ce dernier Chararicus et Rignomeris, qui règnent peut-être sur les Francs de Thérouanne et de Cologne, et qui ont sans doute pour ancêtre Chlodion ; enfin celle du père de Clovis, Childéric Ier, roi de Tournai, dont il n'est pas sûr qu'il soit le fils de Chlodion. Childéric Ier surgit dans l'histoire vers 457 en tant que chef d'un corps auxiliaire combattant les Alains et les Wisigoths, aux côtés du magister militium Egidius ; il contribue à la défaite infligée à ces derniers près d'Orléans en 463, puis aide le comte Paul à vaincre en 469 les Saxons établis près d'Angers. Parallèlement, il entreprend, semble-t-il, de soumettre à son autorité les habitants des cités de la Belgique seconde en leur imposant par la force la signature d'alliances inégales qui lui permettent de lever à son propre profit l'impôt romain : aussi apparaît-il comme le véritable fondateur de la dynastie mérovingienne.


Clovis et l'expansion franque


Mais c'est le fils et successeur de Childéric Ier, Clovis Ier (481 ou 482-511), qui jette les bases territoriales de la puissance mérovingienne. Allié notamment à son parent Ragnacharius de Cambrai, il défait Syagrius en 486 ( ?) sous les murs de Soissons, s'empare des territoires contrôlés par ce dernier entre Somme et Loire, et contraint les Wisigoths à lui livrer la personne du vaincu, qu'il fait aussitôt exécuter. Favorisé par la présence de nombreux établissements de laeti (ou Lètes) et de colons, il entreprend la pacification des territoires conquis et sans doute déjà l'annexion des principautés saliennes encore indépendantes. Il pratique une habile politique matrimoniale qui lui procure l'alliance du roi des Burgondes, Gondebaud, dont il épouse la nièce Clotilde vers 493, puis celle du roi des Ostrogoths, Théodoric, auquel il donne en mariage sa propre sœur Audoflède ; il obtient par ailleurs l'appui agissant et efficace de l'Église à la suite de sa conversion au catholicisme à une date d'ailleurs très discutée (498, 499 ou 506). Ainsi peut-il reprendre sa politique d'expansion territoriale aux dépens d'abord des Alamans, vaincus vers 496 ou, plus vraisemblablement, en 506, puis aux dépens des Wisigoths d'Alaric II, battu et tué à Vouillé en 507. Le roi des Francs étend alors sa domination jusqu'à la vallée du Rhin moyen à l'est, jusqu'aux Pyrénées au sud, où il incorpore la totalité des territoires wisigothiques, à l'exception de la Septimanie (actuel bas Languedoc), dont l'accès lui est interdit en 508 par Théodoric, qui occupe en même temps la Provence au sud de la Durance. Il dispose ainsi d'une puissance et d'un prestige suffisants pour contraindre les Francs de Cologne à reconnaître sa souveraineté vers 509 et pour inciter l'empereur Anastase à rechercher son alliance contre les Goths en lui faisant remettre des insignes, dont la nature, très discutée, aboutit à légitimer son autorité auprès des Gallo-Romains.


L'œuvre territoriale des fils de Clovis


Clovis, qui a transféré sa capitale de Tournai à Soissons, puis à Paris au lendemain de Vouillé, laisse à ses fils le soin d'achever à leur profit l'occupation de la Gaule romaine et d'en assurer la protection par la constitution de glacis stratégiques en Germanie et en Italie du Nord. Après une première offensive qui aboutit à la capture, puis à la mise à mort du roi Sigismond en 523, les fils de Clovis, vaincus à Vézeronce le 25 juin 524 par le frère du défunt Gondemar (?-534), annexent définitivement le royaume des Burgondes en 534, avant de se faire céder la Provence en 537 par le roi des Ostrogoths Vitigès (?-542), tandis que, à une date inconnue, ils s'efforcent d'imposer le versement d'un tribut aux Bretons établis en Armorique au ve siècle. Les rois mérovingiens échouent dans leur tentative d'occuper la Septimanie et d'établir une tête de pont transpyrénéenne entre Pampelune et Sarragosse (expéditions de Childebert Ier en 531 et en 541) ; ils réussissent, par contre, à établir leur domination sur la Germanie méridionale, principalement sous l'impulsion de Thierry Ier (?-534) et de Thibert Ier (ou Théodebert), qui contraignent les Alamans établis entre le Danube et le Neckar à leur payer un tribut après 536, peu après l'incorporation au royaume franc (vers 531) de la Thuringe et peu avant l'instauration (vers 555) par Clotaire Ier de son protectorat sur la Bavière, placée sous l'autorité directe d'un duc national.


La Germanie méridionale, qui constitue une importante avancée territoriale vers l'est, apparaît très tôt comme une base idéale pour mener des expéditions contre les peuples barbares qui la flanquent. Au nord, celles qui sont dirigées par Thierry Ier en 534, puis par Clotaire Ier après la révolte de 555 n'aboutissent qu'à l'instauration d'un protectorat purement nominal sur les Saxons. Au sud, celles des rois de Reims. Thibert Ier (534-548) et Théodebald (548-555) se font à partir de la vallée du Danube et de la Pannonie, où les Lombards sont sans doute soumis temporairement à l'autorité franque vers 540 et où la pénétration en Italie se fait en collusion plus ou moins officielle avec les Byzantins, qui sollicitent, concurremment avec les Ostrogoths, l'alliance franque. Aussi en 539, aux dépens des uns et des autres, et en 540, en essayant de vendre son alliance à Vitigès contre la cession de la moitié de l'Italie, Thibert Ier pénètre-t-il en Italie du Nord, où les forces franco-alamanes de son fils Théodebald, sous les ordres de Leuthari et de Buccelin, occupent la plaine du Pô en 553-554, rejetant au sud du fleuve les troupes byzantines de Narsès, puis ravageant la péninsule jusqu'à Otrante et jusqu'à Reggio, avant d'être détruites par une épidémie ou dispersées par le même Narsès près de Capoue. En fait, malgré ces échecs, au lendemain de l'effondrement de la puissance ostrogothique en 555 et de la mort de Clotaire Ier en 561, le regnum Francorum apparaît comme la première puissance de l'Occident barbare et le seul partenaire possible de l'Empire romain, partiellement restauré dans son extension territoriale.


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TANCREDE
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emeric

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MessageSujet: Re: Les Mérovingiens   18.07.13 23:08

Premiers conflits

Dissimulées par la nécessité d'assurer en commun l'héritage de Clovis, les ambitions – génératrices de crises – des fils du roi se manifestent ouvertement pour la première fois au lendemain de la mort, à Vézeronce en 524, du second d'entre eux, Clodomir, roi d'Orléans (511-524). Pour se partager son héritage, ses frères puînés, Childebert Ier (511-558) et Clotaire Ier (558-561), font aussitôt assassiner deux de ses jeunes fils, tandis que le troisième, Clodoald (vers 522-vers 560), pour survivre, doit entrer en religion et s'établir à Novigentum, où il fonde le monastère auquel sera donné son nom : Saint-Cloud.

À son tour, Clotaire Ier manque d'être assassiné par son frère aîné, Thierry (511-534), au cours de leur commune expédition en Thuringe. La disparition de ce dernier en 534 déclenche de nouvelles guerres intestines, dont Childebert Ier est cette fois l'instigateur et que seule la vieille reine Clotilde (vers 475-545), retirée à l'abbaye de Saint-Martin de Tours, parvient à apaiser. Ainsi le roi de Paris doit-il renoncer à confisquer l'héritage de son neveu le nouveau roi de Reims, Thibert Ier (534-548), avec lequel il était entré en conflit et aux côtés duquel il tente ensuite vainement d'éliminer Clotaire Ier, réfugié vers 540 dans la forêt d'Arelaunum (aujourd'hui Brotonne).

Les petits-fils de Clovis ou le temps des guerres fratricides (561-584)

Les Mérovingiens consacrent alors l'essentiel de leurs forces à affirmer leur hégémonie en Occident et mettent un terme temporaire à leurs querelles. Celles-ci reprennent en décembre 561, lorsque, à la mort de Clotaire Ier, le fils cadet de ce dernier, Chilpéric Ier (539-584), s'empare du trésor royal et s'établit à Paris. Fils d'Arégonde, le jeune souverain craint, en effet, que sa légitimité ne soit contestée par ses trois demi-frères, Charibert (?-567), Gontran et Sigebert Ier, roi d'Austrasie, fils d'Ingonde, la première épouse de Clotaire Ier et sœur d'Arégonde.

Contraint d'abandonner ses conquêtes en 562, n'obtenant alors en héritage que les provinces septentrionales du regnum Francorum, craignant enfin pour sa vie, il se replie de Soissons à Tournai, où il attend l'instant propice pour prendre sa revanche.

À la faveur d'une invasion des Avars, que Sigebert Ier combat en Germanie, il occupe Reims, mais ne peut empêcher le roi d'Austrasie de s'emparer, à son retour, de Soissons et de son fils en bas âge Thibert. Renforçant pourtant peu après sa position en s'attribuant en 567 une large part de l'héritage de Charibert, il rêve alors d'égaler la puissance de son frère et rival Sigebert Ier, qui épouse à Metz Brunehaut, fille cadette du puissant roi des Wisigoths, Athanagild. Pour parvenir à ce but, il sollicite alors et obtient la main de Galswinthe, sœur aînée de la nouvelle reine franque.

Mais, incapable de résister à la passion qu'il éprouve pour sa maîtresse, l'esclave Frédégonde, il laisse sans doute cette dernière étrangler la malheureuse princesse wisigothe en 568 ; s'étant remarié avec l'auteur du crime, il accepte de céder à Sigebert Ier, à titre de compensation, le douaire de la défunte, qui comprend les cités de Limoges, de Bordeaux, de Cahors, de Béarn et de Bigorre.

Cet accord, conclu grâce à la médiation du roi de Bourgogne, Gontran (561-592), retarde de quelques années seulement le déclenchement d'une longue guerre civile. Celle-ci éclate en 573 à l'instigation de Chilpéric Ier, qui tente de s'emparer de la Touraine et du Poitou. Sans doute, son fils Clovis est-il vaincu par le patrice Momble et chassé de Bordeaux, mais un autre de ses fils, Thibert, bat près de Poitiers les forces de Sigebert Ier. Ce dernier fait alors appel contre lui aux « nations » germaniques, qu'il renvoie avec peine outre-Rhin en 574, après que les deux adversaires ont ravagé l'Aquitaine et que Chilpéric Ier, effrayé, a décidé de lui restituer ses conquêtes en Aquitaine. Il brise en 575 une nouvelle offensive de Chilpéric Ier, soutenu cette fois par Gontran. Ayant perdu son fils Thibert, tué en Angoumois, contraint lui-même de se réfugier à Tournai, tandis que Sigebert Ier fait reconnaître sa royauté par ses propres sujets, Chilpéric Ier se résout alors à faire assassiner son frère par deux « pueri » de Frédégonde lors de son élévation sur le pavois à Vitry en 575.

Maître de Paris et, par là même, du trésor royal et de la personne de Brunehaut, qu'il retient ensuite prisonnière à Rouen, il ne peut pourtant consacrer son triomphe par l'assassinat du jeune Childebert II, à peine âgé de cinq ans. Fils unique et héritier de Sigebert Ier, ce prince est sauvé par le duc Gondebaud et proclamé, le 25 décembre 575, sans doute à Metz, roi d'Austrasie par l'aristocratie locale, avant d'être reconnu en mai 577 héritier du royaume de Bourgogne par son oncle Gontran, qui vient de perdre le dernier de ses fils. En outre, en 581, il est reconnu héritier de celui de Chilpéric Ier, dont les fils ont tous disparu (ceux de sa première épouse, Audovère : Mérovée et Clovis s'étant ou ayant été « suicidés » sans doute à l'instigation directe ou indirecte de Frédégonde, persuadée que ses propres enfants Somson et Clodebert, morts en bas âge, ont été victimes des maléfices de leurs demi-frères).

Cette double désignation successorale n'empêche pas Childebert II d'entrer tour à tour en conflit avec chacun de ses oncles : après une longue querelle sanglante qui l'oppose à Gontran, il se fait, en effet, céder par ce dernier la moitié austrasienne de Marseille (581-584) ; il se rapproche alors du roi de Bourgogne, auquel Chilpéric Ier a infligé en 583 de lourdes pertes à Châteaumeillant, au cœur du Berry, que ce dernier veut lui enlever.

La naissance de Clotaire II, fruit tardif de l'union de Frédégonde et de Chilpéric Ier, l'assassinat de ce dernier souverain dans la forêt de Chelles en septembre 584 remettent alors en cause l'accord de 581. Pourtant, les ambitions italiennes de Childebert II, la protection accordée par Gontran à la veuve et aux enfants de Chilpéric Ier empêchent la reprise immédiate de la guerre civile.
2.3. Les temps des reines (584-613)

Momentanément contenue par l'habileté de Gontran, qui réussit à éliminer en mars 585 le dangereux Gondovald, qui prétend être le fils de Clotaire Ier, avec la connivence des Austrasiens, la guerre civile reprend avec plus de rudesse au lendemain de la signature du traité d'Andelot, qui consacre pourtant, le 28 novembre 587, le rôle prépondérant que jouent désormais les leudes dans chacun des trois royaumes francs. La mort tardive de Gontran (28 mars 592) et la mort prématurée de Childebert II (à la fin de décembre 595) laissent en effet aux prises Brunehaut et Frédégonde, qui éprouvent l'une envers l'autre une haine inexpiable.

Animant sans doute les forces de Clotaire II, qui bat en 595 les forces de Childebert II, qui tentent de confisquer son royaume, s'emparent de Paris et faisant briser près de Latofao (aujourd'hui Laffaux) l'offensive austrasienne des fils de Childebert II, Frédégonde disparaît la première en 597.

Resté seul, son fils Clotaire II est alors vaincu près de Dormelles en 599 ou en 600. Il ne contrôle plus dès lors que la fraction maritime de la Neustrie (entre la Seine, l'Oise et la Manche) et entre en conflit direct avec la reine Brunehaut. Celle-ci dirige successivement les royaumes d'Austrasie (595-vers 600) et de Bourgogne (vers 600-613) au nom de ses petits-fils Thibert II (595-612) et Thierry II (595-613), aux côtés desquels elle vit tour à tour ; mais elle ne peut empêcher les deux frères d'entrer en conflit l'un avec l'autre. Vaincu près de Toul, puis au sud de Zülpich par son frère Thierry II, le roi d'Austrasie est même livré à sa grand-mère, qui le fait tondre ; peu après, il est assassiné, ainsi que son fils Mérovée. Mais, à la mort du jeune roi de Bourgogne, au cours d'une campagne contre Clotaire II, Brunehaut est trahie par les aristocraties austrasienne et bourguignonne, qui refusent de lui abandonner une troisième fois la régence du royaume au nom de ses arrière-petits-fils Sigebert II et Corbus. Clotaire II profite alors de la neutralité active du maire du palais de Bourgogne, Garnier, descend la vallée de la Saône, fait exécuter les enfants de Thierry II, sauf son filleul Mérovée, et s'empare à Orbe de Brunehaut, dont il fait mettre le corps en lambeaux à Renève par un cheval indompté.

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