L' almanach de la mandragore

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 Origine des ordres de chevalerie

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melusine
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MessageSujet: Origine des ordres de chevalerie   07.07.13 0:39

Les ordres de chevalerie apparaissent au XIVe siècle. S'ils affirment dans leur statuts leur volonté de régénérer la chevalerie ou plutôt l'esprit chevaleresque, leur création s'explique aussi par des raisons politiques. Beaucoup d'ordres disparurent rapidement, mais certains encore en vigueur, ne doivent pas être confondus avec les créations, au XIXe siècle principalement, de pseudo ordres, dits ordres de fantaisie.


Malgré l'invention d'ordres imaginaires tels qu'un prétendu ordre de la Sainte-Ampoule que Clovis aurait fondé en 496, les ordres de chevalerie sont un phénomène de la fin du Moyen Âge. Ils s'inscrivent en partie dans la succession des ordres militaires apparus lors des Croisades et de la Reconquista, il s'agissait alors d'ordres de moines-soldats. Il faut peut être rechercher la création du « moine-soldat » dans les Chevaliers de Saint-Pierre (milites Sancti Petri), milice créée en 1053 par le pape Léon IX pour lutter contre les Normands d'Italie du Sud, à la Bataille de Civitate ou dans la mise en place de l'ordre des chanoines du Saint-Sépulcre, après la prise de Jérusalem en 1099, par Godefroy de Bouillon. C'est en Espagne qu'apparaissent les premiers ordres laïcs, aussi précurseurs des ordres de chevalerie, ce sont les hermangildas, groupes de paysans, inspirés des ribats, qui s'engagent par serment à protéger les chrétiens.


Leur création répond également à une exigence politique. La vassalité avait perdu son aspect exclusif et malgré une tentative de renouveau avec l'hommage lige, beaucoup de nobles relevaient de plusieurs suzerains. Dans leurs statuts, les ordres de chevalerie rétablissaient une fidélité exclusive envers le grand-maître, qui est toujours le prince créateur ou l'un de ses successeurs. L'amour courtois largement développé à partir du XIIe siècle par les troubadours ou encore l'esprit chevaleresque, illustré à l'exemple du cycle arthurien des Chevaliers de la Table Ronde, aidèrent à former la « mythologie » des ordres de chevalerie au XIXe siècle marqué par la création de pseudo-ordres de chevalerie se réclamant sans raison d'un illustre ordre de chevalerie historique.


Sur le modèle des ordres de chevalerie, les souverains européens mirent en place des ordres honorifiques à partir du XVIIe siècle. Bien que ces nouveaux ordres soient des corps auxquels les nouveaux membres doivent s’agréger, d’où le nom d’ordre, ils se distinguent des ordres de chevaleries par plusieurs caractéristiques : ils sont hiérarchisés en plusieurs classes (alors que les ordres de chevalerie n’ont qu’une seule classe), ne récompensent pas uniquement les nobles et ont souvent un champ de spécialisation, honorant les militaires ou les diplomates... ou encore plus simplement les personnes civiles en vertu de leurs mérites. Une grande partie des ordres de chevalerie est éteinte, en raison même des circonstances qui déterminèrent leur création et qui ont cessé d'exister. D'autres, au contraire, sont arrivés jusqu'à nous, dépouillés seulement des formes qui n'étaient plus en harmonie avec les mœurs, les usages et les coutumes de notre société. Plusieurs ordres de chevalerie ont évolué vers une fonction d'ordre honorifique, sans pour autant modifier leur structure.

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amyvette

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MessageSujet: Re: Origine des ordres de chevalerie   19.07.13 23:09

Les chevaliers des premiers âges médiévaux, élevés dans le combat et pour le combat, ne connaissaient guère de limites à leurs impulsions barbares. Les guerres féodales décimaient noblesse et paysannerie, entretenaient le désordre et l'anarchie, ravageaient les récoltes déjà insuffisantes pour nourrir la population, entraînaient le pillage et la ruine des établissements ecclésiastiques. L'Église réagit : elle mena la chevalerie à la reconquête des lieux saints en Palestine, à l'assaut des royaumes musulmans en Espagne ; cette turbulence était canalisée vers une cause sainte, la défense de la chrétienté. C'est pour soutenir cette cause que sont fondés les premiers ordres de chevalerie, mêlant à l'instinct belliqueux l'idéal monastique qui moralise la chevalerie dans son ressort essentiel, la guerre. Les premiers ordres, français et espagnols, sont constitués en communautés, ascétisme et prière purifiant l'épée destinée à pourfendre le « païen », l'identifiant au glaive de l'archange saint Michel transperçant le dragon. Les défaites en Terre sainte, l'enrichissement de l'Occident et la déviation de l'idée même de croisade vers des causes aussi douteuses que le pillage de la Constantinople chrétienne transformèrent les ordres de chevalerie en puissances financières et, par là même, politiques. Là est l'origine de leur décadence. De cette transformation périt l'ordre du Temple. Au xive siècle, de nouveaux ordres apparaissent en grand nombre, toujours dans la perspective d'une croisade, toujours dotés d'un idéal de sacrifice et de pureté, toujours voués à la prière et à la mortification. Mais l'élan des croisades est définitivement brisé, les mortifications sont dédiées à une dame plus souvent qu'à Dieu, fêtes et tournois prennent le pas sur la prière. Le crépuscule du Moyen Âge transforme les ordres de chevalerie en cercles aristocratiques où s'élabore un art de vivre, un langage allégorique, une imagerie littéraire ou graphique qui transpose dans l'illusion la geste chevaleresque. Pourtant, entre les chevaliers de Saint-Jean ou de Saint-Jacques et leurs cadets, ordres anglais de la Jarretière, français de l'Étoile, bourguignon de la Toison d'or, il n'y a pas de solution de continuité, il n'y a que l'évolution d'une institution dont la mission a échoué. La fête baroque, le roman galant naissent du désenchantement d'une noblesse qui voit déjà grimacer dans son miroir la silhouette dégingandée de don Quichotte de la Manche.

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AMYVETTE
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