L' almanach de la mandragore

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 Les sorcièrers vivaient avec les morts

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guenievre

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MessageSujet: Les sorcièrers vivaient avec les morts   02.07.13 23:46

Acharné à la perte du genre humain, Satan se plaisait par-dessus tout à rendre les femmes stériles et les hommes impuissants pour réduire l'espèce qui lui déplaisait tant. L'organe masculin était perçu comme particulièrement vulnérable aux sorts diaboliques perpétrés par la sorcière, cause première de la stérilité des hommes : on se trouvait donc, dans certains cas, ligaturés, ce qui revenait à empêcher l'érection, la fécondation, la mise au monde de nouveaux chrétiens, dans d'autres, persuadés que le membre s'était complètement séparé du corps. Par amour de l'art, des sorcières fétichistes passaient même pour collectionner les membres virils de leurs victimes dans des boîtes ou dans des nids d'oiseaux, où ils bougeaient comme des organes vivants et mangeaient de l'avoine et du blé! Aucune pratique lugubre ou repoussante ne détourne donc les sorcières de leurs fins. Elles sont même capables d'opérer des envoûtements posthumes ou de créer, chez un mort, l'illusion d'un mouvement. Les sorcières antiques déjà, comme Médée et la sorcière d'Endor (I. Rois, 28) firent parler les disparus et leur offrirent, à l'occasion, des sacrifices sanglants. Elles obtinrent, de cette manière, la connaissance d'un avenir relativement proche. À ces révélations, on a donné le nom de « nécromancie », qui, en réalité, recouvre une foule de coutumes macabres et sadiques : car nos sorcières vivaient avec les morts, les interrogeaient, les dépouillaient pour les ressusciter, les dévo­raient même partiellement afin d'acquérir leurs qualités ! Pour se protéger de ces menaces maléfiques, le peuple terrifié disposait de toutes sortes de « préservatifs », les uns dérivés des traditions populaires, les autres de la religion chrétienne : on trouve, parmi eux, le clouage au-dessus des portes de chauves-souris ou de fers à cheval, le port de bijoux de pierres (semi-)précieuses aptes à repousser les tentations diaboliques, la récitation de l'Évangile selon saint Jean ayant pouvoir sur les orages et les revenants, etc.

Balai de sorcière et cheval de Satan

Le fameux balai, que la sorcière enfourche pour voler dans les airs et se rendre au sabbat, est, paraît-il, fabriqué avec du bois de genêt. Elle le chevauche en s'écriant: «Bâton blanc, bâton noir, mène-nous là où tu dois de par le diable.» En fait, ce qui donne à la sorcière la faculté de voler dans les airs est moins le balai que l'onguent ou la pommade magique dont elle enduit entièrement son corps dévêtu. Apulée, dans son Ane d'Or, atteste déjà cet usage au IIe siècle. Selon les grimoires de magie noire, cet onguent est composé d'un mélange d'aconit, de jusquiame, de belladone, de mandragore, de ciguë et de nénuphar, le tout malaxé dans de la graisse d'enfants morts sans baptême. En réalité, l'onguent en question renfermait certainement un narcotique puissant qui, à défaut de donner des ailes, plongeait la sorcière dans une transe hystérique peuplée de visions lui laissant croire qu'elle se rendait au sabbat. Mais la sorcière connaît aussi d'autres moyens de transport. Au début du XIe siècle, Jean de Malmsbury rapporte la façon dont une sorcière est emportée sur le cheval de Satan, garni de piquants de fer. Parfois, selon la tradition populaire, elles utilisent des claies, des clôtures ou bien une quenouille, un râteau, une pelle ou encore une fourche. Enfin, elles peuvent rejoindre le sabbat sur le dos d'un bouc, d'un démon envoyé expressément par Satan lui-même, ou encore «en pensée», en mâchant une certaine drogue.

Renier le Christ et honorer le démon

Les grandes assemblées de sorcières jouissaient de la venue de Satan en personne. Dans les autres, il déléguait le pouvoir de représentation à un démon de sa suite ou à quelque dévot très sûr. Les apparences du diable évoluaient fréquemment : certaines sorcières prétendirent qu'il sortait d'une cruche sous la forme d'un bouc, d'autres aperçurent un grand tronc d'arbre noir ou encore un homme de très haute taille au visage rouge comme un feu sortant de la fournaise. Les témoignages insistent surtout sur son étonnante pilosité, qui rappelle celle des satyres antiques (assimilés au Moyen Âge aux démons) et sa voix inhumaine, rauque ou stridente, lui permettant de mieux couvrir ses mensonges. Après l'atterrissage au lieu-dit, la cérémonie pouvait débuter à la lueur de torches résineuses placées dans les bouquets d'arbres ou de bougies fichées dans le derrière des sorcières. À peine assis sur son trône, le diable invitait à sa droite la reine du sabbat, la plus jeune ou la plus belle fille de l'assemblée, tenue d'offrir sa virginité au maître, et à sa gauche, une sorcière experte en maléfices et dans l'art de manier les poisons. La procession des fidèles se dirigeait alors lentement vers eux et le diable leur réclamait la remise d'un présent en nature ou en argent, non marqué de symboles chrétiens. Le cadeau le plus fréquent consistait en chandelles noires et nombrils de petits enfants, qui fournissaient une lumière bleuâtre après qu'on les eût allumées à la source, entre les cornes du diable. Mais il fallait aussi aux sorcières renier le Christ et honorer le démon en embrassant son derrière ou encore son membre viril. En guise d'acquiescement et d'investiture, le démon imprimait alors la marque de sa griffe sur le corps de ses adeptes et exigeait un compte-rendu de toutes les mauvaises actions accomplies depuis le sabbat précédent. Il demandait ensuite aux futurs fidèles de renier la religion chrétienne en crachant sur le crucifix et en foulant par trois fois la croix tracée sur le sol. On procédait alors à un nouveau baptême qui effacerait les exorcismes du baptême chrétien et attribuerait aux néophytes un nouveau nom signifiant qu'ils faisaient partie d'une société secrète. L'officiant s'emparait ensuite du Livre des Blasphèmes, contenant les plus horribles malédictions contre les sacrements et cérémonies de l'Église catholique, pour l'échanger contre une Bible, lors du semblant de messe qui devait suivre. Le signe de la croix y était tourné en dérision : il se faisait à 'envers pendant qu'on récitait prières et litanies en l'honneur du démon. Enfin, l'Eucharistie était donnée à des crapauds qui, réduits en poussière, servaient à confectionner les poudres maléfiques.

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