L' almanach de la mandragore

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 Les sorcières à la fin du Moyen Âge

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isabeau

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MessageSujet: Les sorcières à la fin du Moyen Âge   02.07.13 23:43

Créatures de la nuit, les sorcières et leurs homologues masculins sont généralement conçus les soirs d'orage ou de tempête, et le plus souvent au mois de février, un vendredi 13, une nuit de pleine lune ou lors d'une éclipse de soleil, d'une union infâme avec le démon ou d'un inceste. C'est ainsi que le commun peuple définissait souvent, bossus, boiteux, lépreux, filles-mères ou délaissées, vieilles femmes, rejetés volontiers de la communauté en raison de leur misère ou de leur laideur physique. Les femmes surtout, souffrirent de ces accusations, aussi bien les laiderons - dont l'aspect repoussant évoque leur noirceur d'âme -, que les ravissantes beautés, symboles de la Tentation et donc extrêmement dangereuses pour l'homme. En réalité, dans la conscience de l'homme médiéval, la femme, maudite depuis la faute originelle, se fait non seulement la complice du péché et de la luxure, mais également de la maladie. Tertullien (IIe-IIIe s.) n'a-t-il pas décrété : « Femme, tu es la porte du diable. C'est toi qui as touché à l'arbre de Satan et qui, la première, as violé la loi divine » ? De même, un calendrier médiéval anonyme assure que « luxure est la fosse du diable (...). Pour ce est bonne chose non escouter la femme, meilleure chose est non la regarder, et tresbonne chose est ne la point toucher »

La médecine médiévale elle-même perçoit généralement la femme comme une « machine » capable de produire mensuellement une certaine dose de poison, le sang menstruel, qui peut agir de manière néfaste sur la nature qui l'entoure. Chez la femme ménopausée, le poison qu'elle contient doit trouver une issue: par le biais du regard, elle empoisonnera les animaux et les petits enfants. Ces bases misogynes étant jetées, on comprend pourquoi des femmes un tant soit peu différentes ont été rapidement traitées de sorcières et persécutées avec autant de cruauté : une manière radicale, pour l'homme angoissé par ses pouvoirs, de réaliser le fantasme de la soumettre et de la réduire à néant.

Secrets de la guérison et de l'amour

Au Moyen Âge, la magie populaire, basée sur la tradition orale, était principalement pratiquée par les femmes du peuple, le plus souvent analphabètes. Leurs recettes se transmettaient de bouche à oreille, de mère en fille, et permettaient de soigner les maladies mais aussi de désenvoûter ou d'éloigner le mauvais œil. Ainsi, pour être garanti de la fièvre pendant un an, on préconisait de manger « à la cuiller un œuf pondu le jour du Vendredi Saint, à jeun, et surtout sans pain ni sel ». On utilisait aussi l'armoise pour contrer l'effet des sortilèges, mais il faut pour cela qu'elle ait trem­pé pendant trois jours dans 'urine d'une fille vierge de seize ans. Au-delà de ces conseils de bonne femme, la sorcière médiévale était aussi et surtout consultée pour concocter philtres et charmes destinés à gagner l'amour d'une personne récalcitrante ou encore à accroître ses performances sexuelles. Ainsi, les amantes délais­sées peuvent s'asseoir les fesses nues dans la farine en s'y frottant consciencieusement le sexe : elles en feront ensuite un pain qu'el­les donneront à manger à leur amant en vue d'aiguiser son appétit vénérien. Les sorcières qui pratiquaient cette magie bénéfique, tant savante que populaire, étaient néanmoins accusées de jeter des sorts. En effet, si elles connaissaient les secrets de la guérison, de la protection et de l'amour, elles devaient également connaître les secrets pour nuire. Au début du XVe siècle, le dominicain Jean Nider recensa sept manières d'exercer le maléfice : en créant des sentiments d'adultère chez l'homme ou chez la femme, en inspirant des sentiments de haine envers autrui, en rendant les gens malades et en entraînant leur mort, en ôtant l'usage de la raison et en cherchant les occasions de nuire d'une façon ou d'une autre à l'individu ou à ses biens.

Recettes magiques

Lorsque les démons se font les collaborateurs des sorcières, constate Origène, « c'est par le fait de leur puissance que sévit la famine, que régnent les chaleurs mortelles, que les arbres et la vigne sont frappés de stérilité et que survient cette corruption pestilentielle de l'air qui détruit les fruits de la terre et frappe de mort les hommes et les animaux ». Pour préparer sortilèges et envoûtements, la sorcière devait s'entourer d'accessoires, de plantes et d'animaux bien spécifiques. Le chaudron sert à la prépara­tion des potions. Il trouve son origine dans les mythologies celtes et nordiques, où il revêt déjà un caractère magique, mais procure l'abondance, l'immortalité ou encore la sagesse. Elle y mélange toutes sortes d'ingrédients peu ragoûtants (rognures d'ongles, sang, dents, poils pubiens, etc.), mais aussi herbes et plantes, dont les pouvoirs sont soit curatifs, soit toxiques. Ainsi les baies rouges de l'if apportent la mort, comme les fleurs bleues de l'aconit. La ciguë est un poison mortel, mais à faible dose, elle est utilisée pour rendre un homme impuissant. Quant à la mandragore, cette sorte de tubercule anthropomorphe censée abriter un génie, elle permet à celle qui en absorbe de voler dans les airs. Les animaux familiers de la sorcière, qu'elle utilise d'ailleurs également dans ses décoctions, sont le chat noir, le corbeau, le crapaud, le hibou (aussi symbole de la voyance), mais également la vipère, l'araignée, le rat et la chauve-souris, toutes ces bêtes suscitant d'ailleurs la peur et la répulsion chez ceux qui les croisent. Mais la sorcière a également le pouvoir, légué par le diable qu'elle sert aveuglément, de se métamorphoser en animal, le plus horrible possible, mais surtout en lièvre, dont l'agilité lui permet d'échapper à ses pour­suivants et dont les longues oreilles lui sont une aide précieuse pour épier et écouter les rumeurs.

Envoûtements et sortilèges

La principale arme des sorcières est la poupée d'envoûtement, ou « dagyde », petite figurine de cire (parfois aussi d'argile) censée représenter la personne à envoûter. La sorcière «charge» la poupée de 'énergie vitale de la victime en y associant un bout de son vêtement, des cheveux, des ongles, du sang, de la salive ou du sperme, puis elle l'attaque en la perçant d'aiguilles ou de clous tout en proférant contre elle des imprécations maléfiques. Par ce moyen redoutablement efficace - encore en usage de nos jours ! - la sorcière parvient à attirer le maléfice sur la personne représentée par la figurine. Le mauvais œil, quant à lui, acquis de naissance, n'impliquait pas l'intervention de la puissance diabolique et n'entraînait donc pas de conséquences graves. Il pouvait néanmoins gâter un fruit, faire tourner le lait, et susciter les fièvres chez les personnes chétives. Au regard méchant de la sorcière faisaient pendant les maléfices « par attouchement». Ils s'opéraient directement ou grâce à l'intermédiaire d'une baguette magique: on pouvait, par exemple, se venger d'une personne en la frappant de la main ou d'un bâton, tout en invoquant le nom du démon approprié. La victime était alors frappée de paralysie.

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