L' almanach de la mandragore

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 Pélerinages en Terre sainte

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emeric

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MessageSujet: Pélerinages en Terre sainte   02.07.13 23:30

A l’origine, il existe trois types de pèlerinage :

- le voyage d’exil, vers un autre pays, pour ne plus retourner vers celui qu’on quitte. C’est l’Exode du peuple Hébreu, sous le commandement de Moïse, qui quitte l'Égypte pour fuir l'esclavage, en quête de la Terre Promise.

- le voyage sans réel objectif géographique, circulaire : c’est le voyage des Apôtres, qui circulent pour transmettre la parole du Christ

- le voyage pour se rendre dans un lieu Saint et rencontrer l’esprit d’une personne Sainte. C’est le pèlerinage de Jérusalem, ou de Saint Jacques de Compostelle.

Le premier pèlerinage est donc l’Exode de Moïse et du peuple Hébreu. Cependant, le pèlerinage n’a vraiment acquis son succès qu’avec la troisième forme de pèlerinage : le voyage pour rencontrer l’esprit d’une personne Sainte, Jésus en Terre Sainte.

Les premiers pèlerinages en Terre sainte ont eu lieu au cours du IVème siècle. C’est Saint Jérôme qui, le premier, y a emmené des disciples. A cette époque, on allait déjà en pèlerinage à Rome et aux tombeaux des martyrs, mais ce type de voyage n’était pas courant, et n’était pas réellement reconnu comme voyage religieux. Il n’existait aucune législation. Celui qui l’effectuait était considéré comme l’expatrié plus que celui qui effectue un voyage dans un but spirituel. Le pèlerinage était encore très rare.Cependant, le triomphe du christianisme en empire romain aide à développer les pèlerinages. Hélène, mère de Constantin, se rendit à Jérusalem, bientôt suivie par son fils. La religieuse espagnole Egérie s’y rend de 381 à 384.En 333, un livre est écrit : Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem. Ce livre décrit et commente les différents itinéraires possibles pour se rendre en Terre Sainte. Cependant, c’est aux XIème et XIIème siècles, alors que des pèlerinages comme Saint Jacques de Compostelle viennent à peine de naître, que le pèlerinage en Terre Sainte devient réellement populaire et acquiert le statut de pèlerinage le plus important.

Les pèlerins sont avant tout, et par définition, des croyants. Ils sont pour la plupart hommes d’Eglise (le plus souvent moines ou religieuses). Ce sont pour la plupart des hommes, mais il arrive que des femmes participent au voyage, comme dans le cas d’Hélène, ou d’Egérie, religieuse espagnole qui a fait le pèlerinage de Jérusalem en 381.Le pèlerin typique est un chrétien, un moine le plus souvent, ou un bourgeois, qui fera, lui, le chemin à cheval. Le pèlerin est caractérisé par certains attributs, qui ont été bénis au départ.

- l’écharpe

- la besace

- le bourdon

- la gourde

- le chapelet

Les vêtements du pèlerin font eux aussi partie d’une certaine norme. Un pèlerin est toujours vêtu d’une cotte , d’un surcot , d’un chaperon , et, plus tard, d’une pèlerine.

Enfin, le pèlerin est un homme qui accepte de prendre des risques. Il connaît les nombreux dangers de la route et du voyage ; avant de partir, il aura fait son testament.Les pèlerins étant le plus souvent des hommes d’Eglise, des moines, des religieuses, peu d’entre eux ont laissé une marque dans l’histoire. Cependant, parmi les pèlerins célèbres, on peut citer Hélène et Constantin, pour le pèlerinage à Jérusalem, Guillaume le Grand à Rome, ou encore Raoul Glaber.On ne trouve dans les livres consacrés aux pèlerinages au cours du Moyen Age aucune mention du nombre de pèlerins, aucune estimation de l’affluence des croyants à Jérusalem. Cependant, les récits qui racontent comment des groupes de pèlerins se sont formés au départ ou même au cours du chemin, ainsi que toutes les mesures de protection et d’hébergement formées laissent penser que le nombre de pèlerins était assez important.Au Moyen Age, les pèlerinages ont de nombreux motifs, très variés. On peut distinguer deux grands types de pèlerinages : les pèlerinages effectués suite à une décision personnelle, et les pèlerinages « obligés ».

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Emeric
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amyvette

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MessageSujet: Re: Pélerinages en Terre sainte   18.07.13 23:27

Le pèlerinage, voyage vers un lieu saint dans un but d’adoration, de repentance et de guérison de l’âme et du corps, n’est prévu ni par les Écritures, ni par les Pères de l’Église, ce qui ne l’empêche pas de se développer dès le IVe siècle et de connaître un formidable essor.
L’origine du pèlerinage est le voyage en Terre Sainte de personnages désireux de connaître par eux-mêmes les lieux mis en scène dans les Écritures. Ce faisant, ils mettent les pieds dans les traces du Christ ; imiter autant que possible la vie et les comportements de celui-ci étant l’un des objectifs de la vie chrétienne, la sanctification se joint rapidement à la curiosité et la déborde. Durant des siècles, Jérusalem sera pour les Byzantins une destination privilégiée, en dépit des difficultés créées par la souveraineté arabe et par moments latine sur la ville sainte. Le pèlerinage s’élargit très rapidement aux autres lieux majeurs de la Bible, comme le Sinaï au pied duquel s’installe le monastère Sainte-Catherine.
Le développement extrêmement rapide du culte des saints, d’abord des martyrs des persécutions, puis des hommes ou des femmes au comportement jugé ou promu comme exceptionnel, entraîne une diversification des pèlerinages en direction des sanctuaires qui s’édifient autour de leur tombeau et de leurs reliques, réelles ou alléguées, pour lesquels se développe une littérature hagiographique vantant leurs exploits, y compris les miracles accomplis après leur mort. Cela permet une large diversification du pèlerinage, une diffusion territoriale plus grande qui le rend accessible même à ceux qui n’ont ni le temps ni les moyens de faire de longs et parfois dangereux déplacements. Cela n’entame pas pour autant la supériorité du pèlerinage en Terre Sainte, qui constitue l’un des lieux communs de l’hagiographie. Le saint, souvent un moine, accomplit, parfois à plusieurs reprises, le pèlerinage de Jérusalem ; de plus, cela lui permet de visiter les monastères fondés dans le désert de Judée par Euthyme et son successeur Sabas ; comme la laure de Sabas continue de fonctionner sous la domination arabe, cela permet même de recevoir l’habit monastique en cet endroit privilégié.
Les lieux de pèlerinage deviennent ainsi innombrables. Certains dépassent très largement le cadre de la chrétienté byzantine. Ainsi, les tombeaux des apôtres Pierre et Paul attirent les chrétiens d’Orient, surtout quand les reconquêtes après les invasions slaves ont rendu relativement sûr le chemin de Rome, sans que la dégradation des relations entre la papauté et le patriarcat ne vienne tarir le courant au moins jusqu’à la prise de Constantinople par les croisés en 1204. L’auteur de la Vie de Cyrille le Philéote, modeste propriétaire d’un village situé à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, nous le montre se rendre à Rome en compagnie de son frère et se tenir à l’écart de la foule qui se presse sur ses routes, dont bon nombre de pèlerins ; l’auteur écrit au début du XIIe siècle.
Mais la réussite la plus spectaculaire est celle de Syméon Stylite, créateur d’un style de vie qui connut un grand succès jusqu’au XIe siècle : ce modeste paysan de Syrie du Nord dressa dans un enclos, une colonne (stylos, d’où le nom) au sommet d’une montagne, le mont Coryphée, et s’y installa pour ne plus en descendre, sauf pour monter sur les colonnes sans cesse plus haute que les fidèles lui édifient. À sa mort, en 459, il a acquis une célébrité qui s’étend jusqu’en Gaule, mais qui touche surtout l’Orient. Si sa dépouille a été enlevée de haute lutte par le patriarche d’Antioche, il reste la colonne, autour de laquelle s’édifie une très spectaculaire basilique quadruple, aux quatre côtés entourant la colonne, capable d’accueillir la foule des pèlerins qui affluent et pour lesquels on édifie nombre de bâtiments annexes. Depuis le village situé au pied du mont Coryphée, on monte vers le sanctuaire par une voie sacrée dont les premières pentes sont entourées de boutiques apparemment fort prospères. Le sanctuaire étant passé entre les mains des monophysites, condamnés au concile de Chalcédoine en 451, mais majoritaires dans la région, les chalcédoniens suscitent l’apparition d’un autre Syméon Stylite, dit le Jeune, autour duquel se développe également un prospère pèlerinage. On accourt pour voir la colonne de Syméon l’Ancien comme vers celle du Jeune de toute la chrétienté, surtout orientale, depuis le fin fond du Caucase. Les sanctuaires restent actifs jusqu’au XIIe siècle.
Au plan local se multiplient les pèlerinages secondaires, promus par un monastère ou par un évêque. Avec le développement du culte des images, dès le VIe siècle mais surtout après la fin de l’iconoclasme en 843, se développent d’innombrables pèlerinages auprès d’icônes saintes. Cyrille le Philéote se rendait ainsi tous les vendredis de son village à Constantinople pour assister au miracle d’une icône de la Vierge dans l’église des Blachernes, recouverte d’un voile qu’un vent divin soulevait chaque semaine pour l’offrir à l’adoration des fidèles.
Les pèlerinages ne sont pas sans impact sur la vie économique et sociale. Le pèlerinage coûte cher et mobilise des sommes considérables ; le même Cyrille, se rendant à Saint-Michel de Chônai (l’antique Colosses en Asie Mineure) se fait détrousser de la somme relativement importante qu’il transportait. D’ailleurs, ce pèlerinage, comme celui de Dèmètrios à Thessalonique et de nombreux autres, est accompagné d’une foire annuelle, pour fournir aux besoins des pèlerins, mais aussi de l’ensemble de la population locale.
Au-delà de la simple dévotion, les icônes et les reliques attirent aussi le pèlerin par les miracles qu’elles sont supposées opérer et dont la littérature hagiographique se fait le chantre. L’on retrouve alors les procédures des sanctuaires antiques, comme l’incubation, qui peut durer plusieurs semaines. Outre le contact direct avec la relique, strictement encadré, la guérison s’opère souvent par le biais du myron, l’huile qui coule des lampes illuminant la relique ou l’icône, et que l’on peut mélanger de cire pour en faire le cérat à appliquer sur l’organe malade. Et le pèlerin pourra repartir avec une eulogie, une petite médaille de terre cuite ou crue à l’image du saint qui lui servira de talisman.
Le pèlerinage n’est nullement une obligation, mais il rencontre dans le monde byzantin un succès considérable ; même le modeste paysan trouvera facilement à proximité une église ou un monastère détenant une icône ou une relique auprès de laquelle il pourra se rendre.

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AMYVETTE
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