L' almanach de la mandragore

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 L'artillerie à jet

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amyvette

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MessageSujet: L'artillerie à jet   02.07.13 23:25

Pour reprendre Angers, occupé par les Normands, Charles Le Chauve, en 873, fait appel à des ingénieurs de Byzance et attaque la ville avec des machines « nouvelles et raffinées » .Ces engins se révèlent inefficaces et, pour prendre la ville d'Angers, il faut recourir au détournement d'une rivière. Lors du siège de Paris par les Normands, en 886, parait la mention de machines faites avec des poutres accouplées et d'égale longueur lançant de grosses pierres. Mais là encore, le chroniqueur aurait exagéré la technique des Normands pour mieux valoriser l'action des défenseurs en reprenant des textes de l'Antiquité parce qu'il n'y a aucun renseignement sur ces machines, leurs performances, ou encore la taille des pierres.

Lorsque viennent les Croisades, elles contraignent les Occidentaux à entreprendre des opérations d'une grande ampleur. Dès lors, il s'agit de transporter en Terre sainte une véritable armée, et d'assiéger de grandes villes fortement peuplées et bien défendues comme Constantinople, Antioche ou Jérusalem.Les Croisés découvrent sur place des engins de guerre performants, très supérieurs aux leurs. D'après de nombreuses descriptions, elles sont capables de projeter des boulets de pierre de 100 à 300 livres à plus de 100 toises (45 à 124 kg à 200 m). Le sire de Joinville, lors de la croisade d'Égypte (XIIIe siècle), note : « Nos engins tiraient contre les leurs et les leurs contre les nôtres, mais jamais je n'ouïs dire que les nôtres fissent beaucoup... »Vraisemblablement, les Sarrasins savaient appliquer règles et calculs géométriques. Ce savoir-faire scientifique leur permit d'augmenter les performances de leurs machines en matière d'équilibre et de déplacement de poids énormes. Leur tradition scientifique, mathématique, géométrique tire son essence des travaux de savants grecs tels que Pythagore, et surtout Archimède, lequel montra, lors du siège de Syracuse par les Romains (212-211 av. J.-C.), l'étendue de son talent.

C’est ainsi que par exemple lors du siège de Tyr en 1124 les Croisés firent appel à un « Arménien d’Antioche » qui était réputé dans la construction de machine de guerre. Ils lui fournirent des charpentiers et autant d’argent dont il avait besoin et des machines furent montées. Dès lors, les Croisés, grâce à leurs « ensgeniors » c'est-à-dire leurs ingénieurs, s'emparent de ces secrets géométriques, permettant ainsi de régler leurs machines et les rapportent en Occident.Une des raisons qui imposent les recherches nécessaires à la conception de machines nouvelles et plus puissantes réside dans la radicale transformation des fortifications au début du Moyen Âge.À partir de l'an mille, en effet, les palissades et les donjons en bois sont remplacés par des forteresses construites en pierre pour mieux résister au feu.Les progrès réalisés dans l'art de fortifier les places, la connaissance plus répandue de certains ouvrages militaires de l'Antiquité, le long conflit qui oppose Capétiens et Anglo-Normands, l'ampleur croissante des ressources dont disposent ces rois, autant de facteurs qui amènent au XIIe siècle une renaissance de la poliorcétique et, de plus en plus, la conduite régulière d'un siège deviendra une opération savante et compliquée.

Lorsqu'on prévoit que celui-ci sera long et compliqué, les assaillants procèdent à des installations considérables que l'on n'avait pas revues depuis les Romains. Des tentes et des baraques de bois servent à loger les troupes, le bétail, les chiens de chasse ou de guerre et parfois de véritables marchés se tiennent une ou deux fois la semaine. À ce point de vue, le camp établi par les Croisés face à Ascalon en 1153 ou celui qu'Édouard III d'Angleterre dresse face à Calais en 1346 constituent des modèles du genre.Les opérations militaires se déroulent conformément au schéma donné à propos de la poliorcétique romaine. Pour investir la place, on construit des palissades, des fossés, des terrassements renforcés par des redoutes de terre et de bois appelées bretèche, bastide, bastille.

Souvent, les ressources manquent pour établir des lignes continues et les effectifs pour les garnir font défection eux aussi. On se contente alors de fortins plantés de distance en distance, ce qui évidemment ne permet pas un blocus rigoureux.Lors du siège d'Orléans en 1429, Jeanne et ses compagnons purent se jeter dans la place en passant sans grande difficulté entre les bastilles anglaises. Les travaux d'approche se réalisent avec des engins similaires à ceux des Romains. Pour écarter les défenseurs des créneaux, on place des arbalétriers, des archers, des frondeurs sur des tours de bois revêtues de matériaux non combustibles ou imbibés d'eau afin que les assiégés ne puissent les incendier. Les archers ou les arbalétriers se postent derrière des mantelets sur roues, de petites dimensions.

Les machines de jet constituent une véritable artillerie qui, comme celle des Romains, peut être utilisée soit pour un siège, soit en rase campagne. Ces armes lourdes demandent la mise en oeuvre de matériaux spécifiques et sont souvent construites en temps de paix. Villes et armées s'équipent et font appel, pour concevoir ces engins et fortifications, à des ingénieurs passés maîtres dans cet art.La construction et le réglage de ces engins utilisent un principe géométrique assez sophistiqué qui semble avoir été ramené de ces expéditions au Moyen-Orient.Les premiers engins de type mangonneau utilisent un contrepoids fixe. Celui-ci, dans le prolongement du mât, passe de l'horizontale à la verticale avec un déplacement irrégulier et brusque de la charge qui influe défavorablement sur la précision du tir.

Pour remédier à ce défaut, les « ensgeniors » de l'époque ont articulé le contrepoids, appelé aussi huche, qui peut contenir jusqu'à 10 tonnes de terre ou de pierres. Cette machine nommée trébuchet lance des boulets de pierre d'une centaine de kilos à plus de 200 m avec beaucoup de précision. Mais il s'agit de machines énormes, difficiles à déplacer et nécessitant une main-d'oeuvre excessive puisque des chroniqueurs parlent d'environ 120 hommes pour un engin.Ces machines sont utilisées jusqu'au XVIe siècle alors que l'artillerie à poudre a fait son apparition au siège de La Réole au début de la guerre de Cent Ans entre Anglais et Français en 1324.

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eudes

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MessageSujet: Re: L'artillerie à jet   27.07.13 0:17

Le terme mangonneau (dérivé du mot Greco-latin manganon, qui signifie "machine de guerre") désigne un engin militaire offensif de l'époque médiévale, une sorte de catapulte, un engin de siège utilisé pour lancer des projectiles contre les murs des châteaux forts, très proche du trébuchet.
Le trébuchet, par son mouvement brusque, saccadé, était efficace pour lancer les projectiles par-dessus de hautes murailles, avec une grande précision sur des combles, mais il ne pouvait faire décrire au projectile une parabole très allongée se rapprochant de la ligne horizontale. Le tir du mangonneau pouvait se régler beaucoup mieux en hauteur et en distance que celui du trébuchet, parce qu'il décrivait un plus grand arc de cercle, et qu'il était possible d'accélérer son mouvement.

Origine du mot

La signification exacte du terme est discutée, et plusieurs interprétations ont été suggérées. Il pourrait s’agir du nom d’un contrepoids d’artillerie (trébuchets), probablement un contrepoids fixe, ou avec un type particulier de cadre. Le terme arabe manajaniq vient du même mot, et s'applique à différents types de trébuchet. Il est également possible qu'il fasse référence à plusieurs types d’engins de siège, utilisés à d'autres époques ou en d’autres lieux, ou encore d’un terme général. .

En langage moderne le terme mangonneau est souvent utilisé pour désigner une forme médiévale de l’onagre, mais il en existe peu de traces historiques. En ce sens, le mangonneau avait une précision plus faible que le trébuchet (qui a été introduit plus tard, peu de temps avant la découverte et l'utilisation à grande échelle de la poudre à canon). Le mangonneau lançait des projectiles sur une trajectoire plus basse et à une vitesse plus élevée que le trébuchet dans le but de détruire les murs, plutôt que d’envoyer des projectiles par-dessus les murailles. Il est davantage adapté aux champs de bataille qu’aux sièges.

Histoire des machines de siège

Antiquité

Les armes de siège comme la catapulte ou la baliste existent depuis l’antiquité, époque pendant laquelle une lignée d' ingénieurs et de mathématiciens a appliqué ses découvertes à des domaines très divers, dont celui du génie militaire. Denys l'Ancien, tyran de Syracuse, constitua, en 399 av. J.-C., une équipe d'ingénieurs pour concevoir de nouvelles armes. Parmi les savants grecs qui ont fait progresser ces techniques citons Pythagore et surtout Archimède, lequel montra, lors du siège de Syracuse par les Romains (215 av. J.-C.), l'étendue de son talent. Nous savons que Polyeidos, Diadès et Charias furent les concepteurs des engins des rois de Macédoine, Philippe et d'Alexandre, au IVe siècle av. J.-C. Ces machines de haute technologie, mal adaptées à nos climats humides (déformation des arcs et des fibres de torsion), disparaissent sans doute définitivement avec l'Empire romain.
Les Croisades

Pendant les Croisades, les Occidentaux ont dû entreprendre des opérations d'une grande ampleur et assiéger de grandes villes très peuplées et bien défendues comme Constantinople, Antioche ou Jérusalem. Les Croisés découvrirent sur place des engins de guerre performants, très supérieurs aux leurs. D'après de nombreuses descriptions, ces machines étaient capables de projeter des boulets de pierre de 100 à 300 livres à plus de 100 toises (45 à 124 kg à 200 m). Le sire de Joinville, lors de la croisade d'Égypte (XIIIe siècle), note :

   « Nos engins tiraient contre les leurs et les leurs contre les nôtres, mais jamais je n'ouïs dire que les nôtres fissent beaucoup... »

Vraisemblablement, les Sarrasins savaient appliquer les règles des calculs géométriques. Ce savoir-faire scientifique leur permit d'augmenter les performances de leurs machines en matière d'équilibre et de déplacement de poids énormes. Leur tradition scientifique, mathématique, géométrique .

« En 1124, au siège de Tyr, l'artillerie de la défense, étant supérieure à celle des Croisés, ceux-ci firent chercher à Antioche un Arménien nommé Havédic, réputé dans la construction et le réglage des engins. Ils lui fournirent des « charpentiers, mériens et deniers tant qu'il voulut, et des machines aussi puissantes que précises purent ainsi être dressées. »  Dès lors, les Croisés, grâce à leurs « ensgeniors », s'emparent de ces secrets géométriques, permettant ainsi de régler leurs machines et les rapportent en Occident.

Une des raisons qui imposèrent les recherches nécessaires à la conception de machines nouvelles et plus puissantes résidait dans la transformation radicale des fortifications au début du Moyen Âge. À partir de l'an mille, en effet, les palissades et les donjons en bois sont remplacés par des forteresses construites en pierre pour mieux résister au feu.
Les progrès réalisés dans l'art de fortifier les places, la connaissance plus répandue de certains ouvrages militaires de l'Antiquité, le long conflit qui opposa pendant la Guerre de Cent Ans les Capétiens et les Anglo-Normands, l'ampleur croissante des ressources dont disposaient ces rois, autant de facteurs qui amenèrent au XIIe siècle une renaissance de la poliorcétique et, de plus en plus, la conduite régulière d'un siège deviendra une opération savante et compliquée.

Lorsqu'on prévoyait que celui-ci sera long et compliqué, les assaillants procédaient à des installations considérables que l'on n'avait pas revues depuis les Romains. Des tentes et des baraques de bois servent à loger les troupes, le bétail, les chiens de chasse ou de guerre et de ce point de vue, le camp établi par les Croisés face à Ascalon en 1153 ou celui qu'Edouard III d'Angleterre dresse face à Calais en 1346 constituent des modèles du genre.
Les opérations militaires se déroulaient conformément au schéma donné à propos de la poliorcétique romaine. Pour investir la place, on construisait des palissades, des fossés, des terrassements renforcés par des redoutes de terre et de bois appelées bretèche, bastide, bastille et, depuis le XVe siècle, boulevard (du néerlandais « bolwerk », rempart, mur d'enceinte).

Souvent, les ressources manquaient pour établir des lignes continues et les effectifs pour les garnir faisaient également défaut. On se contentait alors de fortins plantés de distance en distance, ce qui évidemment ne permettait pas un blocus rigoureux. Lors du siège d'Orléans en 1429, Jeanne et ses compagnons purent s’introduire dans la place en passant sans grande difficulté entre les bastilles anglaises. Les travaux d'approche étaient réalisés avec des engins similaires à ceux des Romains. Pour écarter les défenseurs des créneaux, on plaçait des arbalétriers, des archers, des frondeurs sur des tours de bois revêtues de matériaux non combustibles ou de peaux humides afin que les assiégés ne puissent les incendier. Les archers ou les arbalétriers se postent derrière des mantelets sur roues, de petites dimensions. Les pionniers s'abritaient sous des ouvrages en solides madriers appelés chatte, truie, loup, etc.

Les machines de jet constituaient une véritable artillerie qui, comme celle des Romains, pouvait être utilisée soit pour un siège, soit en rase campagne. Ces armes lourdes demandaient la mise en œuvre de matériaux spécifiques et étaient souvent construites en temps de paix. Villes et armées s'équipaient et faisaient appel, pour concevoir ces engins et fortifications, à des ingénieurs passés maîtres dans cet art et qui gardaient jalousement le secret de leurs procédés, ce qui explique qu’on n’ait pas retrouvé de plans précis de ces machines.
La construction et le réglage de ces engins utilisent un principe géométrique assez sophistiqué qui semble avoir été ramené des expéditions au Moyen-Orient.

Premières machines de jet

Les premières balistes de type mangonneau utilisent un contrepoids fixe. Celui-ci, dans le prolongement du mât, passe de l'horizontale à la verticale avec un déplacement irrégulier et brusque de la charge qui influe défavorablement sur la précision du tir. Pour remédier à ce défaut, les « ensgeniors » de l'époque auront l’idée d’articuler le contrepoids pour avoir des machines plus précises.
Il semblerait que la première apparition des machines à balancier se fit dans l'armée hunnique d'Attila au Ve siècle, mais elles ne furent couramment utilisées que beaucoup plus tard.
Si l'on peut certifier l'origine médiévale de ces machines à contrepoids, il est plus difficile d'en définir le siècle d’apparition. Les orientaux, qui paraissent être les premiers inventeurs de ces engins à contrepoids, s'en servaient déjà avec avantage, dès le XIe siècle. La puissance et le degré de perfectionnement de certaines de ces machines peuvent être datés de la fin de la première croisade :

   « ils consistent en une pièce mobile (ou verge) placée sur un échafaud et pivotant verticalement autour d'un axe qui partage la verge en deux branches d'inégale longueur. Lorsque la branche courte s'abaisse violemment, la branche longue se relève et entraîne une fronde chargée d'un projectile. [...] Il semble que la traction humaine fut la force que l'on employa en premier lieu pour obtenir l'abaissement de la branche courte de la verge ».

L'astuce du balancier consiste en une harmonisation des proportions géométriques à donner au balancier, au contrepoids et à la longueur des cordes.
La plus vieille mention connue du terme mangonneau provient d'Abbon qui décrit le siège de Paris en 886 et utilise le mot mangana.

Utilisation

Le mangonneau tirait de lourds projectiles à partir d’une poche en forme de fronde fixée à l’extrémité d’un bras (la verge). La poche permettait de lancer davantage de pierres qu’une fronde, ce qui le différenciait de l’onagre. Au combat, le mangoneau lançait des pierres, et des engins incendiaires (des pots à feu, des vases remplis de matériaux inflammables qui projetaient une boule de feu au moment de l'impact), ou toute autre objet disponible pour l'attaque et la défense. Parmi les projectiles les plus insolites on comptait les cadavres, et les carcasses souvent en partie décomposées, d'animaux ou d’hommes, utilisés dans le but d’intimider, de démoraliser les assiégés et de propager des maladies parmi eux. Cette tactique s’est souvent révélée efficace. La pénurie de nourriture, souvent de mauvaise qualité ou avariée, combinée à l'exiguïté de l'espace vital pour les défenseurs, au manque d'hygiène, et aux infestations de vermine fournissait un scénario idéal pour la propagation des maladies. Il convient de noter, toutefois, que le rôle principal du mangonneau sur le champ de bataille, en particulier au Moyen Âge, était de détruire un château ou les murs et les infrastructures d’une ville, pas de tuer ou de démoraliser les troupes. Ses frappes puissantes mais imprévisibles, étaient mieux adaptées à la destruction des cibles de grande dimension et non mobiles tels que les bâtiments ou les murs.

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