L' almanach de la mandragore

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 La guerre de cent ans

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lancelot

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MessageSujet: La guerre de cent ans   01.07.13 0:23

La guerre de Cent ans couvre une période pendant laquelle s'affrontent sur le sol français deux dynasties, les Plantagenêts et la Maison capétienne de Valois, lors de nombreux conflits, entrecoupés de trêves plus ou moins longues.
Le contexte des prémices de la Guerre de Cent Ans est à replacer dans trois axes de tensions qui favorisent, au début du XIV° siècle, les guerres franco-anglaises : la "grande dépression médiévale", (crise démographique conjuguée à une stagnation économique du fait de l'alourdissement de la pression fiscale seigneuriale), les constants affrontements entre Plantagenêts et Capétiens pour la souveraineté et le contrôle des fiefs de Guyenne et, enfin, le conflit dynastique pour la couronne de France qui nait en 1328 à la mort de Charles IV.
A partir de 1315 s'engage une suite de disettes et famines dans le Nord de la France. Des vagues de Peste noire frappent également l'Europe à la même période : la maladie se répand à Marseille en 1347 et arrive en Angleterre en 1349. Ces deux suites d'évènements font s'effondrer la population de l'Ouest de l'Europe, qui aurait diminué de moitié durant le XIV° siècle. Les seigneurs voient alors leurs revenus baisser avec la population (taxes, tenures, tailles...). Malgré une forte augmentation de la pression fiscale sur les paysans et les villes, les revenus seigneuriaux restent précaires et en diminution ; la guerre apporte alors un double avantage à cette crise financière des seigneurs : elle permet d'abord de légitimer la hausse de la pression fiscale (au Moyen-Âge, les impôts directs ne sont levés que dans le cadre d'un effort de guerre) et elle permet la redistribution à l'aristocratie de revenus supplémentaires, notamment par les indentures ("contrat d'alliance" en France), par la rétribution des chevaliers répondant à l'appel de l'ost, ou encore par le paiement de rançons pour les prisonniers.
Seconde cause majeure de la Guerre de Cent Ans : le statut flou et disputé des fiefs de Guyenne. L'Empire Plantagenêt, né en 1154 du rassemblement par Henri II de la couronne d'Angleterre et des fiefs traditionnels de la famille Plantagenêt dans l'Ouest de la France (Anjou, Maine, Guyenne), est massivement réduit au tournant du XII° et XIII° siècles par Philippe Auguste, qui conquiert la Normandie, le Maine, l'Anjou. Les fiefs de Guyenne restent assujettis au roi d'Angleterre, mais il doit prêter l'hommage au roi de France, qui est son suzerain pour cette région. La Guyenne connait donc une double souveraineté : d'un côté son seigneur est un roi à la souveraineté pleine en Angleterre, de l'autre elle est inscrite dans le système féodal français. Cette suzeraineté implique que le roi de France, s'il considère que son vassal anglais est coupable de félonie envers lui, peut déclarer la commise de la Guyenne et ainsi rentrer légitimement en guerre contre l'Angleterre. Cette région est très disputée par les deux royaumes : en 1294 Philippe le Bel confisque la Gascogne, déclenchant une guerre de siège qui ruine les deux puissances et est conclue par le traité de Paris de 1303, paix mal faite qui ne résout pas le conflit. Charles IV, en 1324, déclare à nouveau la commise sur la Guyenne, et cette guerre se conclut par un traité inapplicable en 1327. Enfin, le 30 avril 1337, Philippe VI de Valois déclare la guerre à l'Angleterre par l'intermédiaire de la commise de la Guyenne. C'est la date qui est traditionnellement retenue par l'historiographie pour marquer le début de la "Guerre de Cent Ans". Ainsi, les origines de cette guerre s'inscrivent dans un conflit ancien entre les deux monarchies pour le contrôle de la Guyenne, source de tensions du fait d'un lien de vassalité original entre deux monarchies concurrentes et d'égale légitimité, et du fait de la richesse de la région.
Enfin, il convient de parler du conflit dynastique de 1328 pour la couronne de France, lequel est souvent considéré comme une cause majeure de la Guerre de Cent Ans. A la mort de Charles IV, dernier Capétien direct, deux héritiers sont possibles pour la couronne de France : Edouard III d'Angleterre, en ligne plus directe mais passant par les femmes, et Philippe de Valois, plus éloigné mais passant uniquement par des hommes. Les barons français choisissent Philippe parce qu'il est du Royaume. Ce choix est appuyé par la succession de Louis X le Hutin, en 1316, dont avait été écartée Jeanne au profit de Philippe V le Long (on ne se réfère pas à l'époque à une "loi salique", qui n'est invoquée que bien plus tard). Il est important de noter qu'en 1328 Edouard III accepte cette décision puisqu'il prête hommage à Philippe VI (mais conteste l'hommage-lige qui le lierait comme vassal au roi de France). Le 26 janvier 1340, cependant, Edouard III se proclame roi de France et dénonce Philippe VI comme un imposteur. Ce geste politique, alors qu'Edouard III est déjà en guerre avec Philippe VI depuis trois ans, se comprend s'il est mis en résonance avec les finances catastrophiques d'Edouard : il se fait de nombreux créanciers (le marchand de laine William de la Pole, des banques italiennes qui font faillite entre 1343 et 1346 à cause de son non-paiement...) et dépense des sommes gigantesques pour créer un réseau d'alliance contre le roi de France. Aussi, acculé par ses créanciers, ruiné et n'ayant toujours pas réussi à rallier l'Empereur Louis de Bavière à sa cause malgré l'argent dépensé en fêtes somptueuses, Edouard III se proclame roi de France afin de donner une forte légitimité à sa cause, de discréditer les soutiens de Philippe VI et d'attirer l'alliance allemande à lui. Le conflit dynastique n'est donc pas un déclencheur de la Guerre de Cent Ans mais une conséquence des premiers conflits de 1337-1340 et de la politique financière et militaire d'Edouard III. Par la suite, le conflit dynastique devient parfaitement intégré au discours des rois d'Angleterre qui y puisent la légitimité de leur présence en France. Il devient alors un moteur des conflits successifs qui se déroulent jusqu'en 1453.
La guerre connaît plusieurs phases. Dans un premier temps, l'Angleterre remporte de nombreuses victoires, puis la France reprend l'ascendant à partir de 1364 et en 1378 les Anglais ne contrôlent plus que quelques villes sur le continent. Le découpage des deux royaumes en grandes principautés est administrativement performant, mais l'affaiblissement du pouvoir royal (les deux souverains sont adolescents) à compter de 1380, conjugué à un contexte économique difficile, conduit à une période de guerre civile dans les deux pays. Le royaume d'Angleterre en sort le premier et Henri V d'Angleterre profite de la folie du roi Charles VI de France et de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons pour relancer la guerre. Fort de l'alliance avec les Bourguignons, Henri V d'Angleterre, obtient la couronne de France pour son fils Henri VI au traité de Troyes en 1420. Cependant, le sentiment national naissant et la modification des circuits économiques rendent difficile le maintien des Anglais sur le continent. En 1429, l'action de Jeanne d'Arc est décisive puisqu'en prenant le contrôle de Reims et de Compiègne, elle coupe les possessions du duc de Bourgogne. Celui-ci est contraint à un rapprochement avec Charles VII en 1435. Les Anglais sont alors inexorablement et progressivement repoussés. En 1453, ils ne contrôlent plus sur le continent que Calais, et la paix est signée en 1475.
Sur le plan démographique, les batailles ont fait peu de morts hors de la noblesse française, en comparaison aux victimes de la Grande Peste de 1349, mais les pillages ont eu des conséquences néfastes sur les populations civiles. Sur le plan militaire, cette guerre marque une rupture, avec le déclin de la cavalerie au profit de l'infanterie, et l'apparition de l'artillerie. La guerre a également des conséquences sur le commerce, et sur le plan religieux avec le Grand Schisme d'Occident qui oppose les papes de Rome et d'Avignon. Elle est marquée par l'affirmation du sentiment national et la rivalité franco-anglaise devient plus qu'un simple enjeu dynastique. De la même manière, la mutation du Duché de Bourgogne en principauté indépendante génère un conflit de 200 ans avec les Habsbourg.
Au début du XIVe siècle, le royaume de France, irrigué par de grands bassins fluviaux, bénéficiant d'un climat favorable et d'une agriculture florissante compte entre 16 et 17 millions d'habitants, ce qui en fait la première puissance démographique d'Europe. En 1328, une grande enquête administrative, portant sur près des trois-quarts de la population et recensant les feux fiscaux, permet de donner un aperçu du territoire. On y compte 2 469 987 foyers soit environ 12 millions d'habitants et 32 500 paroisses. Paris à elle seule compte selon ce recensement plus de 200 000 habitants. Cette augmentation de la population n'est pas sans effet sur l'aménagement du territoire, puisqu'une grande partie des forêts est défrichée au profit de l'agriculture fondée sur un régime féodal et religieux très hiérarchisé. La capacité agricole permet de nourrir la population (il n'y a plus eu de famine depuis le XIIe siècle) et avec l'apparition de nouvelles techniques de labour ou d'attelage mais aussi l'utilisation du cheval au détriment du bœuf, des zones peu fertiles permettent d'avoir des exploitations qui fournissent de la nourriture à une population dense, la noblesse quant à elle ayant pour devoir de défendre les terres.

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Lancelot
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melusine
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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans   28.07.13 14:59

Plus que sa population, le royaume est imposant aussi par sa taille. Au couronnement de Philippe VI de Valois, la France s'étend de l'Escaut aux Pyrénées, de l'Atlantique au Rhône, à la Saône et à la Meuse, un pays que l'on met « 22 jours à traverser du nord au sud et 16 d'est en ouest » selon Gilles Le Bouvier au XVe siècle soit près de 424 000 km. Près de soixante régions se différencient entre elles par de grandes disparités linguistiques, culturelles, historiques voire à certains moments religieuses (comme les cathares au sud). Ainsi le nord du royaume parlant la langue d'oïl et proche du berceau de la dynastie capétienne possédait de riches terres agricoles et une population plus nombreuse (14 foyers par km2 pour l'Île-de-France et jusqu'à 22 foyers par km2 pour les bailliages de Senlis et de Valois pour une moyenne de 7,9 foyers par km) se démarquant nettement du sud. Ce dernier, où la langue d'oc était utilisée, avait une culture imprégnée par l'ancienne présence romaine mais était aussi plus pauvre sur le plan agricole (en revanche, l'élevage y était plus riche) et moins peuplé (près de 4 foyers par km2 pour les comtés de Bigorre, de Béarn par exemple), mais surtout il était plus indépendant vis-à-vis du roi, car si ce dernier transférait une partie de son autorité entre les mains de ses vassaux, il devait tenir compte de leur avis. Toutefois le souverain ne se privait pas de s'immiscer dans la politique intérieure de ses subordonnés puisque depuis le XIIe siècle, il bénéficiait de pouvoirs inégalés jusque là. Il était au sommet d'une pyramide où les échelons inférieurs lui devaient fidélité.
Le clergé joue un rôle social majeur dans cette organisation de la société. Les clercs, sachant lire et compter, gèrent les institutions ; les religieux font fonctionner les œuvres caritatives et les écoles ; par le biais des fêtes religieuses, le nombre des jours chômés atteint 140 par an. Toutefois sur ce plan aussi une différence Nord/Sud existe. Le Midi, moins marqué par la renaissance carolingienne et les ordres religieux que le Nord, se tournait essentiellement vers les sciences telles que la médecine alors que le Nord avait une préférence pour la philosophie ou la théologie. Deux villes démontrent ce clivage, Paris et Montpellier ; alors que la première possédait une des universités les plus réputées du monde chrétien sur le plan théologique, la seconde avait quant à elle une des plus prestigieuses facultés de médecine d'Occident où il n'était pas rare de voir des étudiants venus du Moyen-Orient ou d'Afrique du Nord y étudier.
De la même manière, la noblesse doit conjuguer richesse, pouvoir et bravoure sur le champ de bataille : vivant du labeur des paysans, le maître se doit de manifester sa bravoure et sa loyauté envers eux. L'Église a œuvré pour canaliser les chevaliers-brigands dès la fin du Xe siècle. À partir du concile de Charroux en 989, les hommes en armes sont priés de mettre leur puissance au service des pauvres et de l'Église et deviennent des milites Christi (« soldats du Christ »). Depuis le XIIIe siècle, le roi de France a réussi à faire admettre l'idée que son pouvoir de droit divin lui permettait de créer des nobles. La noblesse se différencie donc du reste de la population par son sens de l'honneur et doit faire montre d'esprit chevaleresque, protéger le peuple et rendre justice en préservant un certain confort matériel. Elle doit justifier sur le champ de bataille son statut social : l'adversaire doit être vaincu face à face dans un corps à corps héroïque. L'armée est donc structurée autour de la chevalerie la plus puissante d'Europe, cavalerie lourde combattant de front, au corps à corps. Cette volonté de briller sur les champs de bataille est accrue par l'habitude de l'époque de faire des prisonniers et de monnayer leur libération contre rançon. La guerre devient donc très lucrative pour les bons combattants et les risques d'être tué sont donc amoindris pour les autres. Depuis Philippe le Bel, le roi peut convoquer « le ban et l'arrière-ban », c'est-à-dire tous les hommes de 15 à 60 ans, de toute condition (chevaliers et paysans, jeunes et vieux, riches et pauvres). Vers 1340, Philippe VI peut compter sur 30 000 hommes d'armes ainsi que 30 000 hommes de pied. Numériquement, c'est inégalable, car l'entretien d'un tel nombre de combattants représente un coût extraordinairement élevé, mais c'est une armée hétéroclite et peu disciplinée.

Le royaume d'Angleterre, beaucoup moins peuplé avec quatre millions d'habitants, est touché par le refroidissement climatique européen à partir du XIIIe siècle et doit renoncer à certaines productions agricoles (le vin, par exemple, produit auparavant dans tout le sud de l'Angleterre ne l'est plus qu'en Guyenne) et opter pour une économie fondée sur la spécialisation et le commerce. Le climat pluvieux et les pâturages verdoyants favorisent l'élevage (plus particulièrement des ovins) permettant une importante production de laine utilisée par les tisserands et les drapiers (les ovins anglais produisent une laine particulièrement fine et d'excellente qualité pour le filage). L'artisanat, le commerce et donc les villes se sont développés. Les habitants des villes ont surtout besoin de liberté d'entreprendre et de limiter la pression fiscale (une grande partie des finances de l'État vient de la taxe sur la laine). De même, les propriétaires fonciers (barons et clergé) voient d'un mauvais œil l'augmentation des impôts rendue nécessaire par le financement de la guerre contre Philippe Auguste, d'autant que Jean sans Terre accumule défaites et pertes territoriales. Ce dernier doit leur concéder la Grande Charte de 1215 qui garantit la liberté des villes et donne au Parlement anglais un pouvoir de contrôle sur la fiscalité.
Le commerce rend l'Angleterre très dépendante de la Guyenne (car elle produit des vins qui à l'époque sont plus salubres que l'eau), des Flandres (dont les drapiers achètent la laine) et de la Bretagne (qui lui vend du sel indispensable à la conservation des aliments).
Depuis deux siècles, la souveraineté sur l'ouest de la France, du duché d'Aquitaine au riche et puissant comté de Flandre, est à l'origine de conflits et d'intrigues entre Capétiens et Plantagenêts. Cette lutte, commencée au milieu du XIIe siècle avec un énorme avantage pour l'Anglais (qui possédait alors l'Anjou, la Normandie, le Maine, le Poitou, l'Aquitaine et le Limousin), se termine par la confiscation de ses possessions au profit du roi de France. Du grand empire Plantagenêt, il ne reste plus qu'une Aquitaine diminuée et réduite à la côte gasconne et à Bordeaux, nommée Guyenne
D'autre part, l'Angleterre doit faire face à la deuxième guerre d'indépendance d'Écosse (1332 à 1357). Depuis 1296, profitant de la mort d'Alexandre III sans héritier mâle et d'une tentative de prise de contrôle par mariage, l'Angleterre considère l'Écosse comme un État vassal. Cependant, les Écossais ont contracté avec la France, la Auld Alliance, le 23 octobre 1295, et Robert Bruce, lors de la bataille de Bannockburn, a écrasé la chevalerie anglaise pourtant très supérieure en nombre grâce à une armée essentiellement composée d'hommes d'armes à pied protégés des charges par un premier rang de piquiers. Les Anglais adaptent donc leur manière de combattre en diminuant la cavalerie mais en utilisant plus d'archers et d'hommes d'armes à pied protégés des charges par des pieux plantés dans le sol (ces unités, pour accroître leur mobilité, se déplacent à cheval mais combattent à pied). Édouard III met en œuvre cette nouvelle façon de combattre en soutenant Édouard Balliol contre les partisans de David II, le fils de Robert Bruce. Grâce à cette tactique, les Anglais remportent plusieurs batailles importantes dont la bataille de Dupplin Moor en 1332 et celle de Halidon Hill en 1333. David II doit s'enfuir et trouve refuge en France où il est accueilli par Philippe VI de Valois. Édouard Balliol devient roi d'Écosse, vassal de l'Angleterre et est honni par son peuple. Grâce à cette campagne, Édouard III peut disposer d'une armée moderne et rodée aux nouvelles tactiques (il y a aussi expérimenté la stratégie des chevauchées qui consiste à piller le pays sur de grandes distances grâce à une armée montée).
La langue des élites est le franco-normand - soit un français mâtiné de mots nordiques apportés par les Vikings - de 1066 (conquête par Guillaume le Conquérant) jusqu'en 1361 (décret d'Édouard III), bien que l'anglo-saxon continue d'être employé par le peuple.
Si on trouve les raisons profondes du conflit dans la crise démographique, économique et sociale que traverse l'Europe du XIVe siècle, le déclenchement de la guerre est motivé par la montée progressive de la tension entre les rois de France et d'Angleterre au sujet de la Guyenne, des Flandres et de l'Écosse. La question dynastique, posée par une interruption de la descendance mâle directe des Capétiens en est le prétexte officiel.
Alors que, sous l'effet des progrès des techniques agraires et des défrichements, la population s'accroît en Occident depuis le Xe siècle, on franchit un seuil qui dépasse les capacités de productions agricoles dans certaines zones d'Europe dès la fin du XIIIe siècle. Avec le jeu des partages successoraux les parcelles se réduisent : leur surface moyenne diminue des deux tiers entre 1240 et 1310. Certaines régions, comme les Flandres, sont en surpopulation et essaient de gagner des terres cultivables sur la mer ; néanmoins, pour couvrir leurs besoins, elles optent pour une économie de commerce permettant d'importer les denrées agricoles. En Angleterre, dès 1279, 46 % des paysans ne disposent que d'une superficie cultivable inférieure à 5 hectares, surface minimum pour nourrir une famille de 5 personnes. En France la situation est à peine meilleure, en 1311 à Garges près de Paris, plus de deux tiers des habitants possèdent un terrain inférieur à 34 ares si l'on y compte la maison qui prend près de 20 ares, dans ce contexte, la moindre catastrophe naturelle peut ruiner une famille. La population rurale s'appauvrit, le prix des produits agricoles baisse et les revenus fiscaux de la noblesse diminuent alors que la pression fiscale augmente, faisant donc croître les tensions avec la population rurale. Beaucoup de paysans tentent donc leur chance comme saisonniers dans les villes pour des salaires très faibles, engendrant aussi des tensions sociales en milieu urbain. Le refroidissement climatique provoque de mauvaises récoltes qui se traduisent, avec la pression démographique, en famines (qui avaient pourtant disparu depuis le XIIe siècle) dans le nord de l'Europe en 1314, 1315 et 1316 : Ypres perd 10 % de sa population et Bruges 5 % en 1316. L'essor des villes accroît ce déficit et le ravitaillement doit être assuré par un commerce à plus ou moins longue distance. D'autre part, des consommateurs, au niveau de vie plus élevé grâce à la prospérité générale, réclament une nourriture plus abondante et plus variée : la mode de boire du vin se répand largement dans la noblesse ; pour toutes les classes de la société, le compaganagium (l'accompagnement du pain) devient plus abondant et plus riche. L'enrichissement de la société et les nouvelles demandes en produits à plus forte valeur ajoutée poussent les paysans à diversifier leurs productions. Le vignoble se développe avec la demande : ceux du nord et de l'est de la France augmentent leur production. Les souverains anglais, qui ne possèdent sur le continent que la Guyenne, y font croître le vignoble ; au même moment, les ducs de Bourgogne encouragent la production et l'exportation des vins de Beaune. Cette diversification de l'agriculture accroît le déficit en produits de base dans l'alimentation de l'époque.
La noblesse doit compenser la diminution de ses revenus fonciers et la guerre en est un excellent moyen grâce aux rançons perçues après capture d'un adversaire, au pillage et à l'augmentation des impôts justifiée par la guerre. La noblesse, et plus particulièrement la noblesse anglaise dont les revenus fonciers sont plus touchés, adopte donc un comportement belliciste. En France, le roi Philippe VI doit renflouer les caisses de l'État et une guerre permet de lever des impôts exceptionnels.
Depuis Louis IX, la modernisation du système juridique attire dans la sphère culturelle française de nombreuses régions limitrophes. En particulier, en terres d'Empire, les villes du Dauphiné ou du comté de Bourgogne recourent à la justice royale pour régler des litiges : le roi envoie ainsi le bailli de Mâcon qui intervient à Lyon pour y régler des différends, comme le sénéchal de Beaucaire qui intervient à Vivier ou à Valence. Les rois de France savent attirer à leur cour la noblesse de ces régions en allouant des rentes et en se livrant à une habile politique matrimoniale. L'hommage prêté au roi de France par les comtes de Savoie contre l'octroi de pensions, la mort héroïque à Crécy du roi de Bohême Jean de Luxembourg, beau-père de Jean le Bon et la cession du Dauphiné à Philippe VI par le comte Humbert II ruiné par son incapacité à lever l'impôt et sans héritier après la mort de son fils unique sont de parfaites illustrations de ce phénomène. Inversement, le fait que le roi d'Angleterre soit vassal du roi de France pour la Guyenne lui pose problème car tous les litiges peuvent être réglés à Paris et donc en sa défaveur.
L'essor du commerce a rendu certaines régions dépendantes économiquement de l'un ou l'autre royaume. À cette époque, le transport de marchandises s'effectue essentiellement par voie maritime ou fluviale. La Champagne et la Bourgogne alimentent Paris par la Seine et ses affluents et sont donc pro-françaises. La Normandie est partagée car elle est le point d'union entre ce bassin économique et la Manche qui devient une zone d'échanges de plus en plus intenses grâce aux progrès des techniques maritimes (le contournement de la péninsule Ibérique par les navires italiens devient de plus en plus fréquent). L'Aquitaine qui exporte son vin en Angleterre, la Bretagne qui exporte son sel et les Flandres qui importent la laine britannique ont tout intérêt à être dans la sphère d'influence anglaise.
Ainsi les Flamands, voulant échapper à la pression fiscale française, se révoltent de manière récurrente contre le roi de France, d'où les batailles successives de Courtrai (1302), de Mons-en-Pévèle (1304) et de Cassel (1328). Les Flamands apportent leur soutien au roi d'Angleterre, déclarant même en 1340 qu'Édouard III est le légitime roi de France. Les deux États ont donc intérêt à augmenter leurs possessions territoriales pour accroître leurs rentrées fiscales et renflouer leurs finances. Dès lors, les intrigues des deux rois pour faire passer la Guyenne, la Bretagne et les Flandres sous leur influence conduisent rapidement à la guerre entre les deux États : celle-ci s'étend finalement sur 116 ans.
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tancrède



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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans   28.07.13 15:05

Pour comprendre la question dynastique de 1328, il faut remonter une dizaine d'années dans le temps. En 1316, la mort de Louis X le Hutin, deux ans seulement après celle de son père Philippe le Bel, marque la fin du « miracle capétien » : de 987 à 1316, les rois capétiens ont toujours eu un fils à qui transmettre la couronne à leur mort. De sa première épouse, Marguerite de Bourgogne qui fut condamnée pour infidélité, Louis X le Hutin n'a qu'une fille, Jeanne de Navarre. À sa mort, sa seconde femme attend un enfant. Un fils naît : Jean Ier dit le Posthume, mais il ne vit que quelques jours. Cas inédit jusqu'alors, l'héritier direct du royaume de France se trouve donc être Jeanne de Navarre, une femme. La décision qui est prise à ce moment est très importante, car elle devient coutume et va être appliquée sur la question dynastique qui va se poser en 1328. L'infidélité de la reine Marguerite n'est qu'un prétexte pour écarter sa fille Jeanne, et choisir Philippe V (frère de Louis X le Hutin) comme roi de France. En fait, il s'agit d'un choix géopolitique découlant du refus de voir un éventuel étranger épouser la reine et diriger le pays. Le choix du monarque français se fonde sur l'hérédité et le sacre, mais l'élection reprend ses droits en cas de problème. Les Capétiens avaient pris soin légalement de renforcer leurs possessions en rattachant à la couronne les fiefs de leurs vassaux morts sans héritiers mâles. Philippe le Bel avait introduit la « clause de la masculinité », selon l'expression de Jean Favier, en révisant, la veille de sa mort, le statut de l'apanage de Poitou qui, « faute d'héritier mâle, reviendrait à la couronne de France ». La loi salique n'est pas invoquée lors du choix du nouveau roi de France. Ce n'est que trente ans plus tard, vers 1350, qu'un bénédictin de l'abbaye de Saint-Denis, qui tient la chronique officielle du royaume, invoque cette loi pour renforcer la position du roi de France dans le duel de propagande qu'il livre à Édouard III d'Angleterre. Cette loi date des Francs et indique que les femmes doivent être exclues de la « terre salique ». Le terme salique provient de la rivière Sala, aujourd'hui Yssel, aux Pays-Bas, terre des Francs saliens. Cette loi est reprise, adaptée à la situation et avancée comme argument de poids dans les disputes sur la légitimité du roi.
Après le court règne de Philippe V, mort sans héritier mâle, c'est son plus jeune frère, Charles IV, qui, bénéficiant du précédent posé par son aîné, ceint à son tour la couronne. Mais son règne dure également peu de temps. Avant de mourir, sa femme étant enceinte, il demande à ce que, si elle lui donne un fils, celui-ci soit roi. Si ce doit être une fille, il charge les nobles de choisir à qui reviendra la couronne.
Quand ce troisième et dernier fils de Philippe le Bel meurt sans descendant mâle en 1328, la question dynastique est la suivante : Isabelle de France, dernière fille de Philippe le Bel, a un fils, Édouard III, roi d'Angleterre. Peut-elle transmettre un droit qu'elle ne peut elle-même exercer selon la coutume fixée dix ans plus tôt ? Édouard III se propose comme candidat, mais c'est Philippe VI de Valois qui est choisi. Il est le fils de Charles de Valois, frère cadet de Philippe le Bel et descend donc par les mâles de la lignée capétienne. Les pairs de France refusent de donner la couronne à un roi étranger, suivant la même logique de politique nationale que dix ans auparavant. Avec bien certaines réticences, Édouard III d'Angleterre prête alors hommage à Philippe VI, étant son vassal au titre de la Guyenne
Édouard III, ayant prêté hommage et reconnu pour roi Philippe VI de Valois, et ayant dû accepter des concessions en Guyenne (mais il se réserve le droit de réclamer les territoires arbitrairement confisqués)31, s'attend à ce qu'on lui laisse les mains libres en Écosse. Mais Philippe VI confirme son soutien à David Bruce. Édouard III saisit alors le prétexte de sa légitimité royale pour déclencher la guerre.
Cette querelle est encore plus importante que la question dynastique pour expliquer le déclenchement de la guerre. La Guyenne pose un problème considérable aux rois de France et d'Angleterre : Édouard III se trouve être le vassal de Philippe VI de France et doit donc reconnaitre la souveraineté du roi de France sur la Guyenne. Dans la pratique, un jugement rendu en Guyenne peut être soumis à un appel devant la cour de Paris et non pas à Londres. Le roi de France a donc le pouvoir de révoquer toutes les décisions juridiques prises par le roi d'Angleterre en Aquitaine, ce qui est bien sûr totalement inacceptable pour les Anglais. Dès lors, la souveraineté sur la Guyenne fait l'objet d'un conflit larvé entre les deux monarchies depuis plusieurs générations.
En 1323, le père de Philippe VI, Charles de Valois, en expédition pour le compte du roi Charles IV le Bel, fait saisir une bastide fortifiée construite par les Anglais à Saint-Sardos, en plein territoire du duc de Guyenne, malgré les plus vives protestations et recours en justice d'Édouard II d'Angleterre et du seigneur voisin Raymond-Bernard de Montpezat. Ce dernier réplique par les armes le 16 octobre 1323, alors que le procureur du roi de France se trouve à Saint-Sardos pour officialiser l'alliance. À la tête de sa troupe, renforcée d'éléments anglais, le seigneur de Montpezat attaque le château de Saint-Sardos et ruine le village. Il fait passer la garnison au fil de l'épée et le représentant de Charles IV est pendu. Devant ce prétexte tout trouvé, le Parlement, arguant que le duc de Guyenne n'avait pas prêté hommage à son suzerain, confisque le duché en juillet 1324. Le roi de France envahit la quasi-totalité de l'Aquitaine mais accepte de mauvaise grâce de restituer ce territoire en 1325. Pour recouvrer son duché, le roi Édouard II d'Angleterre doit transiger : il envoie son fils, le futur Édouard III, prêter l'hommage mais le roi de France ne lui propose qu'une Guyenne amputée de l'Agenais. Les choses semblent se débloquer en 1327 à l'avènement d'Édouard III qui recouvre son duché contre la promesse d'une indemnité de guerre. Mais les Français, faisant traîner en longueur la remise des terres, forcent Édouard III à venir prêter hommage, ce qu'il fait le 6 juin 1329. Cependant, lors de cette cérémonie, Philippe VI fait consigner que l'hommage n'est pas prêté pour les terres qui ont été détachées du duché de Guyenne par Charles IV le Bel (en particulier l'Agenais). Édouard considère que son hommage n'implique pas la renonciation de la revendication des terres extorquées.

La tension monte entre les deux souverains d'autant que la noblesse pousse au conflit. Elle débouche inévitablement sur une déclaration de guerre en 1337.
Le roi de France aide les Écossais dans leur combat contre l'Angleterre. C'est la politique menée depuis plusieurs siècles par les rois capétiens : il s'agit de la Vieille Alliance. Le roi d'Écosse, David Bruce, a été chassé par Édouard III en 1333 et Philippe VI l'héberge à Château-Gaillard et réarme ses partisans en attendant qu'il ait reconstitué des forces suffisantes pour reprendre pied en Écosse.
En 1334, il convoque les ambassadeurs anglais, dont l'archevêque de Canterbury et leur précise que l'Écosse de David Bruce est comprise dans la paix. En 1335, David Bruce peut attaquer les îles Anglo-Normandes grâce à une flotte financée par Philippe VI. C'est un échec, mais cela fait craindre à Édouard III une invasion de l'Angleterre.
Édouard III intrigue en Flandre, son mariage avec Philippa de Hainaut lui permet de tisser des liens dans le Nord de la France et dans le Saint-Empire : Robert d'Artois est réfugié à Londres depuis 1336, il a acheté l'alliance du comte de Hainaut ainsi que celle de l'empereur Louis de Bavière pour 300 000 florins et le duc de Brabant ainsi que le comte Gueldre se tournent vers lui. Les Flamands sont outrés par le ralliement du comte Louis Ier de Flandre au roi de France et de la pression fiscale qui s'ensuit, mais en cas de relance du conflit avec le roi de France, ils devraient verser une lourde amende au pape (qui a le pouvoir de les excommunier ou de jeter l'interdit sur les villes flamandes). Il est prévu avec Jacob van Artevelde (l'homme fort de l'opposition flamande) que les Flandres reconnaissent Édouard comme roi de France ce qui permet de contourner cet accord. Louis de Nevers réagit en arrêtant des marchands anglais. Édouard III coupe l'approvisionnement en laine de cette région en août 1336, menaçant son économie constituée essentiellement de draperie et de tissage. Mais surtout, il soutient l'industrie textile du Brabant auquel il est allié et prend des mesures incitatives pour faire venir en Angleterre les tisserands flamands désœuvrés pour y créer sa propre industrie textile. Si la Flandre reste neutre ou prend le parti du roi de France, elle risque de perdre tout son pouvoir économique et est menacée de ruine. La Flandre se révolte donc contre les Français en 1337.
La réouverture du conflit aquitain et le soutien apporté par les Valois à ses adversaires écossais amènent Edouard III à faire de ses prétentions au trône de France un moyen de justifier sa cause. Par mesure de rétorsion, Philippe VI décide donc de confisquer la Guyenne pour félonie le 24 mai 1337. Édouard III d'Angleterre réplique en revendiquant la couronne de France. Le 7 octobre 1337, un archevêque est envoyé à Paris pour jeter le gant à « Philippe, qui se dit roi de France ». La guerre commence.
La guerre de Cent Ans comprend deux grands mouvements qui répondent à une même structure : une première période, de 1337 à 1380, qui voit l'effondrement de la puissance de la monarchie française, puis une période de crise suivie d'un rétablissement et d'une seconde période, de 1415 à 1453, reproduisant le même cycle : effondrement, crise, rétablissement. Ces deux périodes sont séparées par une longue trêve provoquée par des conflits de pouvoir dans les deux camps.
On peut subdiviser chacune de ces deux grandes périodes en deux phases :


  • De 1337 à 1364, le génie tactique d'Édouard III d'Angleterre entraîne une succession de victoires anglaises sur la chevalerie française. La noblesse française est complètement discréditée et le pays sombre dans la guerre civile. À la suite du traité de Brétigny, une grande partie de la France est contrôlée par les Anglais.




  • De 1364 à 1380, Charles V entame une patiente reconquête du territoire. Le roi a compris que la victoire finale se jouerait sur le sentiment d'appartenance nationale. Il laisse les Anglais ravager la campagne par des chevauchées alors que lui-même soulage la population en envoyant les Grandes compagnies combattre en Castille. Évitant les batailles rangées qui ont été désastreuses durant la première phase du conflit, il reprend progressivement plusieurs places fortes à l'ennemi. En 1375, Édouard III ne contrôle plus sur le continent que Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux, Bayonne, et quelques forteresses dans le Massif central.




  • De 1380 à 1429, la minorité puis la folie de Charles VI permettent aux « grands », les membres de la haute noblesse française, de prendre le contrôle du royaume. Il en résulte une rivalité entre les ducs de Bourgogne et d'Orléans qui dégénère en guerre civile. Henri V en joue et reprend du terrain sur le continent. Il en résulte le désastre français de la bataille d'Azincourt. En 1419, l'assassinat de Jean sans Peur entraîne une alliance anglo-bourguignonne et l'effondrement du parti d'armagnac. En vertu du traité de Troyes de 1420, Henri V épouse la fille de Charles VI, devient l'héritier de ce dernier et cumule les titres de roi d'Angleterre et de régent de France. Le dauphin Charles est déshérité. Cependant, à la suite de la mort prématurée d'Henri V, son fils Henri VI, âgé de quelques mois, prend le titre de roi de France et d'Angleterre.



De 1429 à 1453, les Anglais sont progressivement chassés de France. Jeanne d'Arc cristallise le sentiment national et assoit Charles VII sur le trône en dépit du traité de Troyes qui l'avait déshérité. Les Anglais privés du soutien de la population sont lentement chassés du continent. En 1435, le traité d'Arras met fin à l'alliance anglo-bourguignonne et déséquilibre définitivement le rapport de force en faveur des Français. En 1453, les Anglais ne contrôlent plus que Calais suite à leur défaite subie à Castillon. Mais la paix n'est finalement signée qu'en 1475, sous les règnes de Louis XI et d'Édouard IV.

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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans   28.07.13 15:07

Si la guerre est déclarée en 1337, le conflit ne débute que plus tard. Les deux rois ne sont pas riches, et doivent négocier les impôts avec leur parlement respectif, voire emprunter l'argent nécessaire à la guerre.
Les belligérants commencent la guerre par alliés interposés. Ainsi, Édouard III d'Angleterre soutient Jean de Montfort contre Charles de Blois, parent de Philippe VI, lors de la guerre de succession de Bretagne. De leur côté, les Français soutiennent les Écossais en guerre contre les Anglais.
Au début du conflit, tandis qu'Édouard III, en tant que petit-fils de Philippe le Bel, peut revendiquer la couronne de France, le roi de France, n'ayant pas de revendication sur la couronne d'Angleterre, n'a qu'un but : récupérer la Guyenne. Il lui faut donc contraindre Édouard III d'Angleterre à en accepter la confiscation et à mettre fin à ses prétentions à la couronne de France.
Les Français, avec le renfort de mercenaires génois, ont le rapport de force maritime pour eux. Ainsi, la flotte française pille régulièrement les ports anglais. Une stratégie de blocus est imaginée car le vin de Guyenne et le sel de Bretagne ou de Poitou sont vitaux pour l'Angleterre. Le commerce de la laine vers les Flandres et du vin de Bordeaux est interrompu et les finances anglaises sont au plus mal. Les drapiers flamands sévèrement touchés par le conflit se soulèvent contre leur comte Louis Ier de Flandre. Ils sont conduits par Jacob van Artevelde qui a pris le pouvoir en Flandres et s'allient au roi d'Angleterre.
Le commerce ayant repris avec l'Angleterre, les Français envoient leur flotte à L'Écluse, à l'embouchure du canal reliant Bruges à la Mer du Nord, pour imposer un blocus naval. Le 24 juin 1340, lors de la bataille de l'Écluse, la flotte française, y compris de nombreux navires bretons, subit une défaite totale qui inverse le rapport de force maritime. Cette défaite met fin au projet d'envoyer des troupes françaises soutenir les Écossais, et permet à Édouard III d'Angleterre de relancer le commerce de la laine. Au début des années 1340, le retour des laines anglaises ne ramène cependant pas la prospérité en Flandres et l'autorité de Jacob van Artevelde est de plus en plus contestée. De plus, le pape Clément VI ayant lancé une excommunication aux Flamands parjures, Louis de Flandre parvient à reprendre pied dans le comté et force Jacob van Artevelde à répondre par une fuite en avant. Ce dernier désavoue le comte de Flandre et propose le comté à Édouard de Woodstock, fils d'Édouard III d'Angleterre, le futur Prince noir. Mais il est trop tard pour lui. Contesté dans sa ville même de Gand, Jacob van Artevelde est assassiné lors d'une émeute le 17 ou le 24 juillet 1345. La Flandre abandonne dès lors Édouard III et se rallie à la France.

Redoutant une invasion anglaise, Philippe VI parvient à convaincre son vieil allié écossais d'attaquer l'Angleterre par le nord car, Édouard III ayant regroupé son armée au sud du pays, la frontière écossaise devrait être peu défendue. Le 7 octobre 1346, David II, roi d'Écosse attaque l'Angleterre à la tête de 12 000 hommes. Mais il est défait et capturé à la bataille de Neville's Cross. Édouard III d'Angleterre a les mains libres pour débarquer en France.

Cette première partie de la guerre de Cent Ans se termine sur une totale défaite française. L'Angleterre, quatre à cinq fois moins peuplée, composée d'une armée moins équipée et moins nombreuse avait triomphé du royaume de France qui au début de la guerre était une des plus grandes puissances d'Europe.
En Angleterre, dans les années 1310-1330, la réduction de la proportion de cavaliers, en particulier de cavaliers lourds dans les troupes combattantes est l'évolution la plus importante par rapport à l'armée féodale traditionnelle. La diminution du nombre de propriétaires terriens suffisamment riches pour s'équiper en chevalier en est la principale cause. Il est donc décidé de recruter dans les catégories sociales inférieures, suivant un système de conscription, un corps armé moins onéreux à équiper; l'infanterie également appelée « gens de pied », composés eux-mêmes de fantassins et de gens de trait (archers et arbalétriers). Selon les besoins, chaque paroisse est chargée de fournir un certain nombre d'homme valides, entraînés et équipés qui ne sont payés qu'en cas de guerre à l'extérieur du pays. Ces fantassins appartiennent tous à la partie supérieure de la paysannerie, car ils doivent fournir leur équipement et leur bidet pour leur déplacement. Cette infanterie montée devenait alors plus mobile et économisait ses forces pour le combat. La cavalerie légère, était représentée par les hobelars (en) qui appartenaient le plus souvent à la classe aisée des propriétaires terriens. Le hobelar est équipé d'un plastron de cuir, d'un casque et des gantelets de fer, une épée, un couteau et une lance. L'archer monté était également représenté dans la classe aisée des propriétaires terriens. Son arme, le grand arc longbow, un arc encombrant de 2m de haut, fera des ravages lors des batailles de la guerre de cent ans. Placé principalement en rangs serrés sur les ailles, abrités derrière une palissade principalement composée de pieux taillés en pointes, mais également derrière des charrettes et autres obstacles, ces archers étaient capables de décocher 6 flèches à la minute, faisant ainsi pleuvoir une pluie de flèches qui décime les charges ennemies. Ce corps des archers montés remplace entre 1320-1320 le corps des arbalétriers (à pied). Pour les autres classes de la paysannerie, ils composent selon le cas le corps les archers à pied, le corps des coutiliers ou celui des épéistes. Les troupes anglaises privilégient donc la défense sur l'attaque. Les formations statiques de piquiers ou d'archers sont empruntés aux Écossais suite à la leçon infligée par ces derniers aux troupes anglaises lors de la bataille de Bannockburn.
châteaux anglais furent rénovés ou reconstruits avec ces fonds. Cette première partie de la guerre de Cent Ans se termine sur une totale défaite française. L'Angleterre, quatre à cinq fois moins peuplée, composée d'une armée moins équipée et moins nombreuse, avait triomphé du royaume de France qui au début de la guerre était une des plus grandes puissances d'Europe.La première phase du conflit fait apparaître une France affaiblie, tant sur un plan politique, avec la contestation du pouvoir des Valois, que sur un plan économique, les brigandages et les pillages s'ajoutant aux maux apportés par les Anglais.La guerre menée par Édouard III est coûteuse ; la seule garnison anglaise de Calais engloutit un sixième du budget de la guerre, mais l'armée est financée par les butins récoltés au cours des chevauchées. Le conflit ruine en revanche la France et particulièrement le nord, grenier à blé du pays et terre d'échanges grâce, entre autres, aux foires de Champagne. De plus, les troupes d'Édouard III prennent soin de détruire les outils et tuent le bétail pour accroître les pertes économiques françaises. En 1343, la guerre coûte à la France près de trois millions de livres, deux ans plus tard la somme atteint cinq millions. Côté français, plusieurs moyens sont utilisés pour renflouer le budget de l'État, dont la semonce de l'arrière-ban par laquelle toute personne ne pouvant participer au combat peut compenser son absence au moyen d'une taxe. En réduisant la quantité de métal précieux utilisé pour sa fabrication, la modification de la valeur de la monnaie permet aussi de réaliser des économies : le poids du sou tournois passe de près de quatre grammes en 1330 à 200 milligrammes après 1360. Cette mesure est toutefois très impopulaire ce qui oblige Philippe VI et Jean II à négocier la levée d'impôts extraordinaires mais le déficit se creuse. La gabelle est rétablie en 1356 ainsi que diverses taxes. Toutes ces tergiversations provoquent la baisse de la popularité de souverains déjà totalement dépassés par les différents échecs. Après la bataille de Poitiers, les mercenaires anglais démobilisés regrettent le temps des chevauchées, de l'argent facile et redoutent de retourner à leur situation d'avant-guerre, surtout pour la petite noblesse. Des milliers d'entre eux se regroupent en « grandes compagnies » et, profitant de l'absence d'autorité publique, pillent le pays ce qui alimente le mécontentement populaire. Le but de ces pillages n'est nullement la victoire ou l'instauration de la paix, mais uniquement l'enrichissement personnel de certains qui n'obéissent qu'à leurs propres règles. Ainsi de 1360 à 1390, la France est en proie aux pillages, viols, meurtres, obligeant les paysans à payer des taxes pour pouvoir conserver leurs vies. Ces grandes compagnies n'hésitent pas à se mouvoir sur de grandes distances ce qui accroît le fléau à travers le royaume. Des faits notables marquent l'époque ; ainsi, durant l'hiver 1360, une de ces grandes compagnies tente de marcher sur Avignon pour intercepter la rançon du roi et lorsque quelques mois plus tard une armée royale venue les chasser de Pont-Saint-Esprit est battue par ces mêmes brigands. Différents dirigeants tentent de les arrêter en leur proposant d'entrer au service de grandes familles italiennes, de partir en croisade en Hongrie contre les Turcs, ou de participer à la Reconquista en Espagne. Le Pape va jusqu'à l'excommunication de ces mercenaires mais les bandes finissent à chaque fois par revenir. Les défaites de Crécy et Poitiers ont jeté le discrédit sur la noblesse qui est censée prouver l'ascendance divine de son pouvoir sur le champ de bataille. Le roi étant prisonnier, son fils aîné, le dauphin Charles, réunit les états généraux à partir du 15 octobre 1356. Étienne Marcel, le prévôt des marchands de Paris, y voit la possibilité de mettre en place une forme de régime parlementaire. Allié au parti navarrais regroupé autour de l'évêque de Laon Robert Le Coq, il impose le 7 novembre 1356 la création d'un comité de 80 membres au sein des états généraux (pour faciliter les discussions) qui appuie leurs revendications. Les états généraux, déclarent le dauphin lieutenant du roi et défenseur du royaume en l'absence de son père et lui adjoignent un conseil de douze représentants de chaque ordre. Le dauphin est proche du courant réformateur et n'est pas hostile aux réformes proposées. Mais, bien vite, de profonds désaccords surviennent entre le conseil et le dauphin qui refuse de faire juger les anciens conseillers de son père honnis pour avoir brutalement dévalué la monnaie à plusieurs reprises pour renflouer les caisses de l'État ainsi que de faire libérer Charles le Mauvais qui bénéficie d'un fort soutien et pourrait provoquer un changement dynastique. Voyant qu'il ne peut contenir les revendications d'Étienne Marcel et de Robert le Coq qui veulent faire libérer Charles de Navarre, le dauphin essaye de gagner du temps et réserve sa réponse (prétextant l'arrivée de messagers de son père), puis congédie les États Généraux et quitte Paris, son frère le duc d'Anjou réglant les affaires courantes. Le 10 décembre 1356, le dauphin publie une ordonnance donnant cours à une nouvelle monnaie. Cela provoque une levée de boucliers dans la population qui y voit le risque d'une nouvelle dévaluation et donc d'une forte inflation. Des échauffourées éclatent et Étienne Marcel fait pression sur le duc d'Anjou puis sur le dauphin qui doit révoquer l'ordonnance et rappeler les états généraux105. Ceux-ci sont convoqués pour février 1357 et le dauphin accepte une grande ordonnance, promulguée le 3 mars, qui prévoit le contrôle des finances par les États Généraux, l'épuration de l'administration (et particulièrement des collecteurs d'impôts), et enfin le remplacement du conseil du roi par un conseil de tutelle au dauphin, où seraient présents douze députés de chaque ordre des États Généraux, mais où il n'est plus question de la libération de Charles de Navarre qui ferait peser un danger réel pour la couronne des Valois. Le 9 novembre 1357, le « Navarrais » est libéré de prison par Jean de Picquigny, à l'instigation d'Étienne Marcel et de Jean Lecoq. Le retour de Charles de Navarre est méticuleusement organisé : libéré le 9 novembre, il est reçu avec le protocole dû au roi dans les villes qu'il traverse, accueilli par les notables et la foule réunie par les états. Le même cérémonial se reproduit à chaque ville depuis Amiens jusqu'à Paris : il y entre avec une magnifique escorte, est reçu par le clergé et les bourgeois en procession, puis il harangue une foule toute acquise, expliquant qu'il a été injustement spolié et incarcéré par Jean le bon alors qu'il est de droite lignée royale. Mis devant le fait accompli, le dauphin ne peut refuser la demande d'Étienne Marcel et de Robert le Coq et signe des lettres de rémissions pour le Navarrais qui effectue tranquillement son retour triomphal. Il rentre à Paris le 29 novembre et harangue 10 000 personnes rassemblées par Étienne Marcel (ce qui est considérable pour l'époque). Le 30 novembre, il prononce un nouveau discours devant 10 000 Parisiens réunis par Étienne Marcel au Pré aux Clercs. Le 3 décembre, Étienne Marcel s'invite avec un fort parti bourgeois au conseil qui doit décider de la réhabilitation de Charles de Navarre, sous prétexte d'annoncer que les états réunis aux Cordeliers ont consenti à lever l'impôt demandé par le dauphin et qu'il ne reste que l'accord de la noblesse à obtenir (qui se réunit séparément des autres états). Au vu de cette démonstration de force, le dauphin ne peut faire autrement que de se réconcilier avec Charles de Navarre et lui restituer ses possessions normandes. Ce dernier élève des prétentions sur plusieurs provinces (dont la Champagne dont il a été dépossédé par Jean le Bon). Le dauphin n'a d'autre choix que d'acquiescer et de réhabiliter Charles le Mauvais. Plus grave pour les Valois, les États doivent trancher la question dynastique le 14 janvier 1358. La couronne des Valois est menacée. Charles le Mauvais exploite le mois d'attente pour faire campagne.

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MessageSujet: Re: La guerre de cent ans   28.07.13 15:09

Craignant que le Navarrais puisse s'emparer du pouvoir, Jean le Bon doit reprendre les choses en main et négocie sa libération avec les Anglais qui n'hésitent pas tirer parti de la situation : Jean II accepte le premier traité de Londres qui prévoit que l'Angleterre récupère l'ensemble de ses anciennes possessions d'Aquitaine et toutes les terres leur ayant appartenu, une rançon de quatre millions d'écus, sans renonciation à la couronne de France. En acceptant cette situation qui affaiblit encore plus le pouvoir royal et peut relancer la guerre civile, l'objectif des Anglais est d'asseoir Édouard III sur le trône de France (il revendique la couronne étant petit-fils de Philippe le Bel). De même, Jean II, depuis sa prison de Londres, interdit l'application de la grande ordonnance, ce qui provoque un conflit ouvert entre Étienne Marcel et le dauphin.
Le 13 janvier 1358, les états généraux sont de nouveau convoqués par le conseil de tutelle (qui, après épuration, est contrôlé par des proches d'Étienne Marcel). Devant l'opposition du dauphin, Étienne Marcel décide d'imposer sa réforme par la force et rallie les commerçants parisiens à sa cause. Il crée une milice sous prétexte de défense contre les éventuelles attaques des Anglais, alors repliés à Bordeaux et renforce les fortifications de Paris.
Le 22 février 1358, Étienne Marcel, escorté par de nombreux hommes en armes et à la tête d'une foule rageuse, envahit le palais royal de la Cité où réside le dauphin. Voulant s'interposer, le maréchal de Champagne Jean de Conflans et le maréchal de Normandie Robert de Clermont sont tués devant le dauphin, qui croit sa dernière heure arrivée. Marcel l'oblige à coiffer le chaperon rouge et bleu et à renouveler l'ordonnance de 1357. Puis, c'est la chasse à l'homme au cours de laquelle l'avocat général, Renaud d'Acy, qui s'était réfugié dans une pâtisserie, est égorgé férocement.
Il force ensuite le dauphin à ratifier le meurtre de ses conseillers. Le dauphin ne peut qu'accepter un nouveau changement institutionnel ; son conseil est épuré : quatre bourgeois y rentrent, le gouvernement et les finances sont aux mains des états, Charles le Mauvais reçoit un commandement militaire et de quoi financer une armée de 1 000 hommes, le dauphin, lui, obtient de devenir régent du royaume ce qui permet de ne plus tenir compte des décisions du roi tant qu'il est en captivité (et en particulier des traités de paix inacceptables).
Préférant s'éloigner de la fureur parisienne, le dauphin Charles quitte la capitale pour Compiègne : la noblesse s'y réunit séparément des deux autres états, pour ratifier la nouvelle ordonnance, à l'abri de toute agitation. Champenois et Bourguignons sont choqués par l'assassinat des maréchaux et rallient le camp du dauphin. Ce dernier fait solennellement condamner Étienne Marcel par les députés. Fort de ce soutien, il s'empare des forteresses de Montereau et de Meaux. L'accès de Paris par l'est est bloqué. Au sud et à l'ouest, les compagnies écument le pays et il est crucial pour Étienne Marcel de préserver les communications avec les villes des Flandres : il faut dégager la route du nord. À la fin du mois de mai 1358, se déclenche la Grande Jacquerie : des paysans (principalement de petits propriétaires fonciers), excédés par le renforcement de la rente seigneuriale alors que le prix du blé baisse, se révoltent contre la noblesse. Cette dernière, déjà discréditée par les défaites de Crécy et de Poitiers, n'est plus en mesure de protéger les petites gens. Ce mouvement décrit par les chroniqueurs de l'époque comme extrêmement violent (cette violence a probablement été exagérée) est principalement dirigé contre les nobles qui, s'ils ne sont pas massacrés, voient leurs châteaux pillés et brûlés. 5 000 hommes se regroupent rapidement autour d'un chef charismatique : Guillaume Carl, qui reçoit très rapidement des renforts de la part d'Étienne Marcel, dont l'objectif est de libérer Paris de l'encerclement que le dauphin est en train de réaliser en privilégiant l'accès nord qui permet de communiquer avec les puissantes villes des Flandres. Le 9 juin, les hommes du prévôt de Paris et une partie des jacques conduisent un assaut sur le marché de Meaux où se trouvent le régent et sa famille pour s'assurer de sa personne. C'est un échec : alors que les jacques se ruent à l'assaut de la forteresse sur le pont qui permet d'y accéder, les portes s'ouvrent et ils sont balayés par une charge de cavalerie. Mais l'affrontement avec le gros des forces de Guillaume Carl se déroule à Mello le 10 juin. Pressé par la noblesse, dont il est le meneur, et particulièrement par les Picquigny auxquels il doit la liberté et dont le frère vient d'être massacré par les jacques, Charles le Mauvais prend la tête de la répression. Il engage des mercenaires anglais, rallie la noblesse, s'empare de Guillaume Carl venu négocier et charge les jacques décapités. C'est un massacre : la jacquerie se termine dans un bain de sang dont Charles le Mauvais porte la responsabilité alors que le dauphin a su garder les mains propres. Le Navarrais, fort de son succès contre les jacques, rallie Étienne Marcel espérant que la noblesse qu'il vient de mener à la victoire le suive. Mais, comme on l'a vu à Compiègne, la noblesse n'a pas pardonné l'assassinat des maréchaux et se place sous la bannière du dauphin. Les troupes du dauphin sont rejointes par les compagnies qui rêvent de participer au pillage de Paris. Charles de Navarre attend des renforts anglais pour compenser ses pertes ; les Parisiens loyalistes y voient une trahison et se rebellent à leur tour. Le 31 juillet 1358, Étienne Marcel est exécuté alors qu'il cherche à faire entrer des mercenaires anglais dans Paris et le dauphin reprend les rênes du pouvoir.

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