L' almanach de la mandragore

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 Le malleus maleficarum

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amyvette

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MessageSujet: Le malleus maleficarum   21.06.13 23:16

La bulle papale d’Innocent IV, Summis desiderantes affectibus, émise en 1484, confirma la réalité de la sorcellerie et en officialisa la persécution. En 1486, avec la publication du Malleus Maleficarum (« le Marteau des Sorcières »), œuvre des dominicains H. Institoris et J. Sprenger, l’on commença à infliger à la sorcellerie les mêmes règles cruelles sont on usait envers les hérétiques. En 1542, ces lois furent renforcées après la création de la Congrégation de la Suprême Inquisition, appelée Saint-Office.
Les guerres de Religion permirent le développement de la chasse au sorcières dans toute l’Europe : catholiques et protestants s’accusèrent mutuellement de délits de sorcellerie, ce qui conduisit au bûcher des centaines de milliers de personnes, notamment des femmes et des Hébreux qui, avec les sorcières, représentèrent le « bouc émissaire » des maux dont souffraient la société.
Cependant, une voix s’écarta de l’opinion dominante dans les milieux religieux, celle du jésuite allemand Friedrich von Spee, qui confessa des sorcières pendant quinze ans. En 1631, il publia un texte intitulé Cautio Criminalis, dans lequel il s’énonçait l’iniquité du système judiciaire, car il était fermement convaincu que les condamnées n’était pas coupables de sorcellerie, mais qu’elles avouaient leur culpabilité parce que soumise à la torture. Les bûchers continuèrent malheureusement à faire des victimes pendant encore un siècle, mais l’œuvre de Spee eut une importance capitale pour l’avenir en créant les prémices de la révision des infâmes procédures inquisitoriales.La torture


Avant le XIIIe siècle, les procédures pénales des tribunaux européens appliquaient des systèmes assez primaires : si l’accusé plaidait coupable, ou si l’accusateur réussissait à prouver l’accusation, le juge prononçait une condamnation.

Dans les cas douteux, on appliquait l’ordalie (le jugement de Dieu), c’est-à-dire que le suspect était soumis à une épreuve – la plupart du temps très cruelle – dont le résultat représentait la réponse divine. Pour obtenir le « signe divin », l’accusé ne devait manifester ni douleur ni brûlure s’il empoignait un fer chauffé à blanc, plongeait un bras dans l’eau bouillante, ou marchait sur des charbons ardents. Il ne devait pas non plus s’étouffer en avalant un gros quignon de pain. Mai sil était considéré comme coupable s’il montrait des signes de souffrance.
Le duel était une alternative à l’ordalie, et l’accusé devait alors se battre avec le représentant de la partie lésée.

Si l’accusé se déclarait innocent et pouvait le prouver grâce à des témoins qui attestaient sa probité, il était acquitté, et l’accusateur était à son tour poursuivi en vertu de la lex talionis.

Après le Ive concile de Latran, en 1215, l’Eglise mit en place un nouveau système procédurier, appelé « inquisitoire », qui interdisait aux autorités ecclésiastiques de participer aux ordalies. Cette procédure modifia de façon radicale le déroulement des procès, car deux éléments étaient essentiels pour procéder : les témoignages oculaires et la confession des accusés.

L’observation de ces procédures permet cependant de noter que, dans les cas où il n’y avait pas de témoins, les juges se trouvaient en difficulté et autorisaient le recours à la torture, en se référant à l’antique tradition romaine. Le fondement de cet usage était que si l’accusé était soumis à des souffrances physiques pendant l’interrogatoire il finirait par confesser la « vérité ».

Les autorités judiciaires, initialement bien consciente du peu de fiabilité à l’égard de la vérité d’une telle méthode – risquant de porter préjudice aux droits de l’accusé et d’entraîner une condamnation injuste – firent adopter de nouvelles normes déterminant la sévérité et les temps de torture, dont étaient dispensé les femmes enceintes et les enfants. En outre, le juge ne devait pas faire de demandes susceptibles de conduire l’accusé à donner des réponses de culpabilité, et les dépositions enregistrées dans les chambres de torture n’étaient pas non plus admises.

Mais au bout de quelques temps, les normes furent totalement dénaturées, puis officiellement éliminées, et l’utilisation sans discrimination de la torture comme moyen d’extorquer des aveux de culpabilité se répandit, rendant ainsi possible le supplice de toute personne soupçonnée de crimes, même sans preuve. En 1376, le Directorium Inquisitorium, un manuel destiné à la répression des hérétiques, élimina l’interdiction de la torture à répétition, et les tribunaux européens adoptèrent rapidement cet usage. Durant les procès les interrogatoires destinés à influencer les accusés furent à l’ordre du jour, et les juges, craignant que les accusés de sorcellerie utilisent la magie pour résister à la douleur, infligeaient des supplices toujours plus infâmes. Les nouvelles procédures accrurent les condamnations injustifiées, car les suspects, soumis à des tortures insupportables, admettaient n’importe quel crime et étaient prêts à impliquer des personnes qui, à leur tour, en accusaient d’autres.
C’est ainsi que la grande chasse aux sorcières eut lieu, accompagnée de réactions en chaîne.


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AMYVETTE
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melusine
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MessageSujet: Re: Le malleus maleficarum   23.06.13 22:12

En tout cas, on peut bien voir ici à quel point l'Eglise a pu se montrer odieuse, cruelle, intolérante et injuste !!! Voilà bien là l'un des plus abominables crimes qu'elle ait commis : l'inquisition.... brrr ça fait froid dans le dos rien que de penser à toutes les horreurs qu'elles a commises.
Merci pour cet article
flowerflowerflower
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Le malleus maleficarum
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