L' almanach de la mandragore

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 Qu'est-ce que la chevalerie?

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eudes

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MessageSujet: Qu'est-ce que la chevalerie?   08.06.13 11:31

Il est difficile de donner une définition exacte de la Chevalerie tant elle est imprégnée de plusieurs courants. La Chevalerie, telle que nous la connaissons, trouve ses racines profondes dans la Chevalerie arabe qui devance de 600 ans la Chevalerie occidentale. L'un de ces chevaliers arabes était proche de Saladin, lui-même proche des Templiers, et lors de l'adoubement, les Chevaliers
arabes buvaient un breuvage dans une coupe mystérieuse….. Nombreux furent les contacts entre les Chevaliers sarrasins et les
Chevaliers d’occident. Durant les croisades, tandis que le menu fretin de la troupe se battait et s’entre-égorgeait, les Califes initiaient les Seigneurs à la Science qu’ils avaient acquise et dont ils étaient les dépositaires. Les temps étant enfin venus, il fallait que cette Connaissance vienne en Europe. La civilisation arabe était très raffinée à cette époque, nos ancêtres étaient de rudes gaillards. Sur le
plan ésotérique, les croisades avaient pour but de sauver le tombeau du Christ aux mains des barbares. Ces expéditions avaient pour seule mission de pénétrer dans les dédales de la Science occulte.
La Chevalerie du Moyen-âge est une institution féodale avec des idéaux qui lui sont associés. On distingue deux types de Chevaliers: le noble Chevalier combattant à cheval, et le paysan, soldat d'infanterie, fantassin ou artilleur. Composée donc à la fois de guerriers, de chevaliers paysans, les chevaliers sont bien souvent issus d’anciennes familles nobles: ils en sont les cadets célibataires et sans héritage, voire les bâtards. Si pour certains la Chevalerie a été un ascenseur social au début du XIIIème siècle, des législations royales de France, d’Allemagne et d’autres royaumes stipulent que l’on ne peut accéder à l’honneur chevaleresque que si l’on est soi-même de lignée noble. Mais quelles que soient les origines sociales du Chevalier,
cela a un coût économique important, et l’équipement de base (cheval, heaume, haubert, épée) demande un investissement considérable.
La Chevalerie a ses codes et ses coutumes, notamment par la cérémonie d’adoubement où le postulant prête serment, une main sur l’Evangile. A haute et intelligible voix, devant ses pairs, il déclare s’engager à:
1. Croire à tous les enseignements de l’Eglise et observer ses commandements;
2. Protéger l’Eglise;
3. Défendre tous les faibles;
4. Aimer le pays où il est né;
5. Ne pas fuir devant l’ennemi;
6. Combattre les infidèles avec acharnement;
7. Remplir ses devoirs féodaux à condition qu’ils ne
soient pas contraires à la loi divine;
8. Ne mentir jamais et être fidèle à sa parole;
9. Etre libéral et généreux;
10. Etre toujours le champion du droit et du bien contre l’injustice et le mal.

S’il manque à son serment, il est proclamé indigne d’être Chevalier. Conduit sur une estrade, son épée est brisée et piétinée, son blason est attaché à un cheval et trainé dans la boue. Tous peuvent l’injurier. On le met sur une civière, puis on le recouvre d’un drap noir et on le porte à l’Eglise comme un mort. On récite les prières des défunts: il est mort comme Chevalier et banni toute sa vie. Les vertus traditionnelles de la chevalerie sont donc de nobles sentiments: la piété, l’humilité, la charité, la bravoure, la courtoise, la foi ou l’honneur.
Ecole de vertus, la Chevalerie oblige le chevalier à des devoirs:

envers sa dame: la courtoisie est d’abord l’ensemble des qualités du noble, le comportement élégant d’un Chevalier; puis vers 1150, la courtoisie se change d’une dimension amoureuse, incarnée dans le personnage de Lancelot. L’amour courtois est chanté par les troubadours et les trouvères;

Au service de l’Eglise: le Chevalier doit mettre son épée au service du pape (croisades) et des faibles: il devient alors Chevalier du Christ .

Les qualités du Chevalier idéal sont la sagesse, la prouesse, la générosité et la fidélité.
Sa tenue même, dès qu’il la revêt, lui rappelle son sacerdoce et ses engagements:
· le heaume (casque): l’espérance, l’intelligence, la pudeur;
· la cuirasse: la prudence, la piété, la protection contre le vice et l’erreur;
· les gantelets: la justice, la science, le discernement et l’honneur;
· l’épée, forgée durant plusieurs semaines par un forgeron du château: la force, la puissance et le sacrifice, la destruction du Mal, de l’injustice et de l’ignorance, la constructrice quand elle maintient la paix de Dieu et repartit la justice – le lien du Ciel et de la Terre;
· l’écu (bouclier): la foi, le conseil, la protection contre l’orgueil, la débauche et l’hérésie;
· la lance: la charité, la sagesse, la droite vérité.

C'est un début.Il y a beaucoup de choses à dire sur la chevalerie.
Je laisse la place aux autres.
A+

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Eudes
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MessageSujet: Re: Qu'est-ce que la chevalerie?   18.07.13 17:09

Institution militaire féodale qui rassemblait les combattants à cheval, puis les nobles, et à laquelle on accédait par la cérémonie de l'adoubement ; corps des chevaliers, cavalerie noble.

Chevaliers en croisade

La chevalerie est apparue en Occident, à la fin du xe s., comme une catégorie sociale rassemblant les spécialistes du combat à cheval. Les contours juridiques de la chevalerie se sont précisés peu à peu ; son prestige s'est accru, au point qu'elle s'est confondue, à des époques diverses selon les pays, avec la noblesse. Elle forme alors une caste héréditaire qui obéit aux prescriptions d'une morale spécifique que véhicule la littérature courtoise et épique.

Origines de la chevalerie

Les ordres antiques

En Grèce, et à Athènes en particulier, les hippeis – terme que l'on peut traduire indifféremment par cavaliers ou chevaliers – sont des citoyens assez riches pour pouvoir entretenir et équiper, à leurs frais, un cheval de guerre. Ils constituent à la fois la cavalerie dans l'armée et un groupe privilégié dans la société.
À Rome, les chevaliers (ou equites Romani equo publico), c'est-à-dire les citoyens servant dans la cavalerie avec une monture fournie et entretenue par l'État, se distinguent des cavaliers (ou equites) qui s'équipent eux-mêmes. Ils ont progressivement formé l'ordre équestre qui, se dégageant de ses origines militaires, a accueilli les hommes d'affaires quand ceux-ci se sont vus interdire l'ordre sénatorial nobilitas. À la fin de la République et sous l'Empire, l'influence de l'ordre s'est notablement accrue.


Les cavaliers carolingiens


À l'époque carolingienne, les cavaliers (comme les vassaux qui, par l'hommage, s'engagent à servir leur seigneur) ont une existence bien déterminée sans pour autant former une catégorie particulière, ni au sein de l'aristocratie, ni au sein de l'ensemble de la société : aux yeux des penseurs de l'époque (tous clercs), la société est partagée entre clercs et laïcs. Au cours du xe s., la réflexion s'affine et l'on oppose les « pauvres », qui, laïcs ou ecclésiastiques, sont désarmés, sans défense, aux « puissants », qui portent les armes.

La constitution d'un ordre

Ce schéma se combine avec la théorie des ordines, apparue après l'an 1000, qui distingue trois ordres : ceux qui prient (oratores), ceux qui combattent (bellatores) et ceux qui travaillent (laboratores) ; ces ordres sont solidaires, car chacun d'eux a reçu une mission de Dieu.
À cette distinction, encore théorique, correspond une différence de statut sur le plan matériel : dans la seigneurie, les paysans sont soumis à des taxes et à des services de travail ; ceux qui combattent, les chevaliers, en sont exemptés. Ce privilège fait de la chevalerie un groupe cohérent. La notion de service demeure, mais acquiert du prestige en recouvrant le seul service des armes. Service d'autant plus honorable que l'Église propose au combattant un idéal conforme à l'œuvre de Dieu : il protège le peuple de Dieu, les « pauvres » qui sont incapables de se défendre seuls.

Chevalerie et noblesse

Au seuil du xie s., partout en Europe, les textes distinguent nettement les nobles des chevaliers. Lorsqu'il apparaît dans les documents écrits du xie s., le mot latin miles (soldat), pris dans le sens de chevalier, revêt une double signification : au sens militaire, il s'applique au cavalier ; au sens social, il désigne celui qui sert. Au Moyen Âge, le chevalier est d'abord tout simplement le guerrier à cheval. Par la suite, la chevalerie devient une véritable institution, et l'on a tendance à ne conférer le titre de chevalier qu'à des hommes de noble naissance. Seul le roi peut l'accorder à des roturiers.

Le nivellement des strates de l'aristocratie

Le chevalier connaît une promotion sociale, rapide dans la France du Centre et du Sud. Les chevaliers sont, soit des non-nobles nourris au château de leur seigneur, soit des cadets de noble lignée, possesseurs de quelques fiefs et qui, pour bien se distinguer de la masse paysanne dans laquelle ils craignent de tomber, entrent dans la chevalerie.
À la fin du xie s., l'exaltation de la condition chevaleresque par l'Église incite des nobles d'un niveau social de plus en plus élevé à se faire adouber chevaliers. La fusion entre les différentes strates de l'aristocratie au sein de la chevalerie s'opère lentement, au long du xiie s., sous la pression d'un pouvoir royal renforcé : les châtelains et les comtes, jusque-là autonomes grâce au ban, qui leur donnait autorité sur les hommes qu'ils avaient mission d'entraîner à la guerre, voient leur pouvoir réduit ; au sommet, le roi récupère les droits régaliens ; à la base, de simples chevaliers s'emparent du ban inférieur. Ce nivellement accélère le processus de fusion entre nobles et chevaliers. Celle-ci est réalisée lorsque, au début du xiiie s., des mariages unissent les membres de la chevalerie, sans distinction de rang.

Eugène Delacroix, Combat de chevaliers dans la campagne


L'évolution est plus lente dans la France du Nord et dans le Saint Empire romain germanique ; la fusion ne s'opère qu'au xive s. Dans le Saint Empire, la dépendance des chevaliers par rapport aux nobles est forte et le fossé social est très marqué entre nobles et chevaliers ; ces derniers, méprisés, sont proches des couches inférieures, au point qu’il existe des chevaliers-serfs. Le maintien des structures politiques carolingiennes et l'existence d'un pouvoir royal fort n'ont pas favorisé l'indépendance de la petite noblesse ; pour la même raison, les mouvements de paix, qui ont tant contribué à exalter la mission du chevalier en France, n'ont pas eu leur équivalent dans le Saint Empire, le souverain continuant à remplir sa fonction de garant de la paix. Cependant, malgré un décalage de deux siècles, le processus de fusion de la noblesse dans la chevalerie se produit dans les pays d'empire comme dans le royaume de France. Dès lors, la chevalerie n'est plus qu'une catégorie de la noblesse : l'adoubement est réservé aux seuls nobles. La chevalerie n'a plus un rôle uniquement professionnel ; elle acquiert un sens moral : éthique chevaleresque et genre de vie nobiliaire se fondent.

Les contraintes de la paix de Dieu

Conquête de Constantinople


L'idéal religieux, la chevalerie ne l'a pas accepté d'emblée ; l'Église a dû combattre les mauvaises tendances des chevaliers ; par la paix de Dieu, puis la trêve de Dieu, elle a imposé des contraintes, des interdits. Elle a développé pour cet ordre, reconnu indispensable, une ascèse adaptée à ses fonctions, dirigeant les instincts belliqueux des chevaliers dans le sens du combat contre les ennemis de Dieu ; l'Église a offert à la chevalerie un modèle de sainteté qui débouche sur la croisade, sur la conception d'une milice du Christ. Sacralisée par l'Église et la croisade, distinguée des « pauvres » par ses activités militaires et ses privilèges, la chevalerie est prête à se fondre avec la noblesse.

L'éthique chevaleresque

La chevalerie n'est pas héréditaire ; c'est l'aptitude à être chevalier qui l'est. La chevalerie s'acquiert par l'adoubement ; elle se mérite par le respect d'une éthique qui repose essentiellement sur deux vertus : prouesse et largesse.
La prouesse associe vaillance et loyauté : vaillance dans le combat, mais aussi dans la vie quotidienne ; loyauté envers son seigneur, son roi, sa dame ; le preux chevalier des chansons de geste est « sans peur et sans reproche », comme l'est encore le chevalier Bayard au xvie s.
La largesse comprend la prodigalité, la générosité, le faste. Dépenser sans compter, mais aussi être généreux envers ses adversaires, envers les faibles, tel est le code de l'honneur chevaleresque. Le chevalier a maintes occasions de prouver ses qualités, dans les tournois ou à la guerre, à la croisade ou dans les fêtes, sur les chemins ou auprès des dames, dans les châteaux. Tous ces sentiments se fondent dans la courtoisie, qui correspond très précisément au transfert de la notion de service : il s'agit désormais de servir sa dame, de lui obéir en toute circonstance. La fusion de la noblesse et de la chevalerie a entraîné la diffusion des modèles chevaleresques ; une idéologie de classe se forme, qui donne à la noblesse une plus grande cohésion et qui dresse, entre elle et le commun, une barrière infranchissable : roman courtois, épopée, poésie lyrique sont littérature de noble, non de vilain.

Le chevalier


L'écuyer


Au Moyen Âge, on devient chevalier à la suite d'une longue éducation, que sanctionne une cérémonie rituelle : l'adoubement (du germanique dubban, « frapper »).
Lorsque la chevalerie devient l'apanage de la noblesse, le rejeton d'une maison noble est placé chez un patron (un seigneur puissant et riche), pour le servir et recevoir une éducation essentiellement militaire. Vers quatorze ans, l'adolescent devient écuyer ; il continue à servir, avec des responsabilités accrues, et, surtout, il accompagne son maître dans ses guerres. Parvenu à l'âge d'homme, à vingt et un ans, il est armé chevalier, soit par son patron, soit par son père, à condition que ceux-ci soient déjà chevaliers.

La cérémonie de l'adoubement



Adoubement d'un chevalier

L'adoubement, sacralisé par l'Église, équivaut à un nouveau baptême. Après un bain purificateur, le postulant se recueille et jeûne toute une journée ; il passe la nuit à l'église ; au matin, il assiste à la messe, communie et fait bénir son épée ; puis, revêtu des habits militaires propres à sa nouvelle condition, il reçoit d'un chevalier la paumée ou l'accolade (coup d'épée sur l'épaule ou solide bourrade), qui le consacre chevalier. Des fêtes, qui comprennent de belles « emprises d'arme », concluent la journée.


Le chevalier errant



Chrétien de Troyes, Yvain ou le Chevalier au lion


Rite initiatique, l'adoubement implique aussi l'entrée dans une nouvelle classe d'âge : jusqu'à son mariage, parfois tardif, le chevalier est qualifié par les textes médiévaux de « jeune ». Sous la conduite d'un chevalier expérimenté, avec quelques compagnons, récents chevaliers comme lui, il quitte le château seigneurial et erre de longues années à la recherche d'aventures, d'exploits, de tournois, de richesses et de femmes. Car prouesse et largesse dissimulent un intense appétit de gains et la quête de riches héritières capables d'assurer au « jeune » un train de vie et une position qu'il ne peut trouver au château paternel.
Pour éviter la dispersion des patrimoines, les lignages nobles veillent à marier leurs fils le plus tard et le mieux possible. Le fils aîné seul peut espérer hériter de la seigneurie lorsque son père ne sera plus en état de la gérer. En attendant, il mène cette vie d'errance ou s'engage dans des expéditions lointaines, comme les croisades, véritable aubaine pour ces jeunes querelleurs. La littérature courtoise, qui trouve en eux ses auditeurs, témoigne de leurs frustrations (d'argent, de femme) et leur propose des modèles conformes à leurs aspirations : le chevalier qui, par sa prouesse, a réussi à dénicher la riche héritière.

Les ordres de chevalerie


La guerre de Cent Ans a-t-elle sonné le glas de la chevalerie ? Il est vrai qu’il n'est plus nécessaire d'être adoubé pour faire reconnaître sa noblesse ; il est vrai également que les batailles de Crécy (1346), de Poitiers (1356) et d’Azincourt (1415) ont ruiné le prestige des chevaliers français.
C'est pourtant à cette époque que sont fondés des ordres de chevalerie, qui diffèrent des ordres militaires, nés des croisades, par leur caractère purement laïque. Supprimer ou réduire les guerres privées, interdire la contestation violente du pouvoir tout en maintenant la tradition militaire d'une aristocratie qui encadre désormais l'armée nationale, les princes du xive et du xve s.ont accompli cette tâche ardue en créant des ordres de chevalerie, destinés à raviver l'idéal chrétien du chevalier, en lui donnant un contenu politique : la société de Saint-Georges en Hongrie (1325), la Banda en Castille (1330), les ordres de la Jarretière en Angleterre (1348), de l'Étoile (1351) et de Saint-Michel (1469) en France, de la Toison d'or en Bourgogne (1429) sont les plus célèbres. Dans tous, on retrouve le même mélange d'ostentation chevaleresque (costumes, héraldique, cérémonies), de ferveur religieuse (messes, veillées nocturnes) et de fidélité politique (attachement à un prince, à sa lignée, à son pays).
À partir du xvie s., le titre perd de son prestige, et un nouveau type d'homme, le courtisan, se substitue au chevalier, dont Bayard est l'un des derniers représentants. À la fin de l'Ancien Régime, on donne le qualificatif de chevalier à des gentilshommes d'ancienne extraction, titrés ou non.

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