L' almanach de la mandragore

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 Architecture chrétienne

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melusine
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MessageSujet: Architecture chrétienne   24.07.13 17:16

Au Moyen Âge, l’architecture pagano-chrétienne du monde romain prend en Europe une dimension délaissée en Orient qui de son côté évolue massivement dans l’Islam et ses mosquées après avoir créé le culte chrétien. Dans la première période sont édifiés de nombreux monastères qui sont des sociétés parallèlement organisées dans la Société en trouble général (les constructions ne sont accessibles que sous la règle monastique.) D'encore plus nombreux sanctuaires sont bâtis pour les reliques des martyrs (ou même des reliques du Christ Martyr pour le sanctuaire du Roi), en attente de l'Apocalypse attendue par périodes depuis le Ie siècle et que l'An mil réaliserait enfin. Des cryptes sont réalisées dans l'église. Les dissensions populaires apparaissent sur l'appropriation de l'espace sacré des églises comme nécropole « pré-paradis » au profit de l'élite aristocratique (ou même de l'élite religieuse). En sont issues le pèlerinage à portée locale (et indirectement les croisades). Les processions sont au départ une liturgie (une théâtralisation) possible sur un espace non construit qui symbolise localement l'espace terrestre ayant contenu la vie du Christ y compris le Golgotha et son calvaire. C'est devenu une demande d'intercession avec le Saint dont on possède la relique. La procession dans l'espace construit de l'église-édifice abritant le reliquaire en fait adapter la forme avec les chapelles et le déambulatoire recevant la foule.


La fondation de Cluny et son architecture extrêmement fonctionnelle d'église-halle constitue un modèle de stabilité dans cette instabilité de la société qui comprend l'instabilité du clergé et de sa hiérarchie. L’architecture chrétienne au Moyen Âge est une continuité de l'architecture préromane avec l'architecture carolingienne et l'architecture ottonienne puis se constitue dans l’architecture romane qui poursuit les principes et canons antiques romains d’origine (cercle représentant la vie et le corps humain), architecture la plus présente dans la partie Sud du monde romain. Elle se constitue aussi dans l’architecture gothique du monde d’origine celte en partie Nord en pleine évolution économique que le roman n'avait pas atteint, architecture qui associe des principes d’architecture orientaux venus par l'Espagne et éléments romains (arc brisé et colonne) en les intégrant à la modernité technique qui se répand.


Les édifices sont des lieux de culte où s'effectue le cérémonial liturgique construits avec une architecture spécifique continuée : le Mystère de l’Incarnation y est présent, la réunion en Communion est organisée, la Lumière du Christ descend du Ciel, l’Eau bénite est purificatrice, la Terre reçoit la dépouille mortelle de l'homme créé par Dieu. Ces notions sont symbolisées par les organisations d’espace et leurs formes suivant une modélisation qui tient à l’appartenance à une des églises composant le monde chrétien. Elles suivent la conception du développement de l'espace en des dépendances et annexes, très disparate dans ce regroupement social d'Églises et Communautés pouvant par exemple être des communautés militaires. L'ensemble des groupes fut ensuite encadré et régulé par le IVe concile du Latran.


Les notions de base de l'architecture chrétienne sont parfois une symbolisation par les matières employées (pierre essentiellement pour l'église, bois, terre pour l'homme). Elles reprennent la géométrie classique de la construction (rotonde, basilique) et y ajoutent des membres d'architecture (cathèdre, croisée d'ogive, jour haut à vitrail, gloire du Christ, arc-boutant et triforium-matroneum, tribune d'ostention, tierceron...). L'art païen est récupéré dans ses éléments détournés ou non de sens initial (autel, chaire, labyrinthe...). L'art utilisé est un art figuratif, comportant peinture, mosaïque, sculpture en haut et bas relief. Les figures représentées sont Dieu, le Christ et l'Univers, la chrétienté et son l'histoire. Dans la société le réseau des laïques est dissocié du réseau des membres du clergé y compris dans les « métiers » de la commande de la construction et de la réalisation de la construction. Ils aboutissent aussi à un vocabulaire différent du vocabulaire commun (par exemple portail et porte).


La plupart des constructions sont créées par vœux des constructeurs et ils les réalisaient personnellement. Elles suivent au niveau des détails en fait assez peu dans la première période les directives et règles des instances religieuses à qui l'ouvrage est attribué. L'ornementation de cette architecture est une partie constituante fonctionnelle de la construction, elle n'est donc pas un simple décor. Il est difficile dans ce cas de ne pas retrouver la marque de la tradition païenne d'inscrire la personnalité de l'officiant-exécutant dans la matière de sa contribution ce qui donne un Art vernaculaire, mais l'ensemble est bien une communion du groupe social et exprime sa technicité. L'émerveillement provient de l'aspect aussi bien de l'intérieur que de la façade-spectacle (qui en fait une entité particulière autonome). La construction a un caractère didactique et pédagogique  : le bonheur du Ciel passe par sa « porte » sur terre. Les faits notables et donc mémorisés sont des constructions très longues à réaliser, elles restent en attente de solutions parfois des décennies. Elles sont aussi le cadre d'essais où on constate après réalisation la solidité de l'ouvrage qui ne fait pas l'objet de calculs pour sa conception, mais d'une transposition intuitive des éléments visibles du Monde et de ses règles. Dans l'habitat ordinaire de la population, la symbiose existe avec les édifices religieux par l'emploi de membres classiques d'expression de l'immatériel, les niches « habitées » par la Vierge, St Pierre ou autre Saint protecteur. Mais il n'y a pas une architecture religieuse par la géométrie des formes de la construction ou par une disposition particulière des locaux ou des objets meublants (en différence par exemple dans la religion juive de la disposition et de l'usage d'éviers). Cependant le gothique à caractère profane prend place pour les édifices monumentaux bourgeois (halles, hôtel de ville...). Pour les agglomérations, l'église est immanquablement le signal du centre, ce que n'est pas le château.

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amyvette

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MessageSujet: Architecture de l'église pendant le bas et le haut Moyen Âge   24.07.13 17:22

Le Haut Moyen Âge (Ve au Xe siècle)

L'église

En Europe occidentale, c'est la basilique chrétienne de l'époque carolingienne, qui sert de modèle tout en s'éloignant de la basilique antique. Alors, on ne se contentait plus d'un seul autel, il fallait élever des tours destinées à recevoir des cloches pour appeler les fidèles, les avertir des heures de prière et les avertir en cas de danger (incendie, attaque). La partie d'édifice réalisant cette fonction fut le massif occidental. La tribune de la basilique antique n'était pas assez vaste pour contenir le clergé nombreux réuni dans les églises ; le chœur liturgique devait empiéter sur les portions abandonnées au public dans le monument romain.

Les églises collégiales, paroissiales et les chapelles elles-mêmes, possédaient dans une proportion plus restreinte tous les services nécessaires à l'exercice du culte, de petits cloîtres, des sacristies, des trésors, des logements pour les desservants. D'ailleurs, les collégiales, paroisses et chapelles étaient placées sous la juridiction des évêques, les abbayes et les prieurés exerçaient aussi des droits sur elles, et parfois même les seigneurs laïcs construisaient des chapelles, érigeaient des paroisses en collégiales, sans consulter les évêques, ce qui donna lieu souvent à de vives discussions entre ces seigneurs et les évêques.

Les cathédrales comprenaient dans leurs dépendances les bâtiments du chapitre, de vastes cloîtres, les palais des évêques, salles synodales, etc.

Autour de l'église

L'église n'était pas isolée, mais autour d'elle, comme autour du temple païen, se groupaient des bâtiments destinés à l'habitation des prêtres et des clercs; des portiques, des sacristies, quelquefois même des écoles, des bibliothèques, de petites salles pour renfermer le trésor, les chartes, les vases sacrés et les ornements sacerdotaux, des logettes pour des pénitents ou ceux qui profitaient du droit d'asile.

Une enceinte enveloppait assez souvent l'église et ses dépendances, le cimetière et des jardins. Cette enceinte, fermée la nuit, était percée de portes fortifiées. Un grand nombre d'églises étaient desservies par un clergé régulier dépendant d'abbayes ou de prieurés, et se rattachant ainsi à l'ensemble de ces grands établissements.

Le parvis constitue devant l'église close un espace « ciel sur terre » du paradis. On y joue les Mystères. C'est aussi le parvis de justice, espace du pouvoir de l'abbaye exécuté en public.

L’hospice est la maison religieuse accueillant les pèlerins. On y pratique ensuite la charité envers les humbles souffrants.

Le Bas Moyen Âge (Xe au XIVe siècle)

L'église

Globalement l'église se transforme aussi bien en volume pris par l'édifice qu'en ossature. Une course à la hauteur des nefs et des flèches visibles de loin s'établit. La démarche donnée par l'architecture gothique se répand en dehors de son aire d'origine. L'espace intérieur de l'édifice est devenu lumineux et haut. Le système de la trame avec descente ponctuelle des charges s'est imposé, permettant l'association sensible de l'extérieur et l'intérieur de l'édifice. L'ornementation est abondante avec le gothique rayonnant et ses roses, avec le gothique flamboyant et ses clefs de voûte, rosaces.

Les évolutions sont constituées aussi bien d'ajouts que de « reconstructions ». La conformation de l'église évolue par la mise en étage de l'église haute sur l'église basse (en général, crypte) pour les églises importantes. L'abbé Lebeuf, dans son histoire du diocèse d'Auxerre, rapporte qu'en 1215, l'évêque Guillaume de Seignelay, faisant rebâtir le chœur de la cathédrale de Saint-Étienne que nous admirons encore aujourd'hui, les deux clochers romans, qui n'avaient point encore été démolis, mais qui étaient sapés à leur base pour permettre l'exécution des nouveaux ouvrages, s'écroulèrent l'un sur l'autre sans briser le jubé, ce qui fut regardé comme un miracle.

Les annexes

Avec la technique et la science développée au sein des abbayes, l'ensemble des constructions utilitaires telles que la grange cistercienne a une production vendue sur le circuit ordinaire d'un poids économique très important (trop notable pour certains) en annexe de l'exercice de la religion. Ces constructions (moulins, pressoirs...) dont l'architecture civile est élaborée, associent faiblement la symbolique chrétienne à leur cahier des charges de construction et ne les rendent pas notablement différentes des constructions laïques.

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AMYVETTE
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