L' almanach de la mandragore

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 Musique médiévale

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lancelot

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MessageSujet: Musique médiévale   20.07.13 15:22

La prise de Rome par Alaric en 410 après J-C marque la fin de la civilisation antique. Pendant plusieurs siècles l'église va imposer son pouvoir spirituel sur la culture artistique.
Au Moyen Âge, la musique se présente sous deux aspects; Religieux et Profane. En peinture "Les primitifs" seront également très inspirés par le christianisme.
Selon les écoles, Italienne ou Française et selon l'époque, les sujets sont représentés, soit en effigie, soit pendant un événement de leur vie. La musique sera tout d'abord monodique ( une seule voix) puis polyphonique (plusieurs voix) et surtout pour la première fois elle sera notée.
 Pendant le premier millénaire la musique sera essentiellement monodique.
Du I au IXme siècle elle est influencée par l'art des juifs de Jérusalem.
 Dans la musique religieuse, les psaumes et les hymnes, dont la bible fournit le texte, constituent le répertoire liturgique. Ils sont chantés par une voix seule pour le psaume, par le choeur des fidèles pour les hymnes, parfois accompagnés par une flûte. Au début du Vme siècle le Traité de Musique de St Augustin voit le jour et étudie le rythme dans sa première partie.
.
L'abondance d'oeuvres, de valeur religieuse et musicale parfois discutable, la diversité d'église grecque, latine, espagnole, oblige les pontifes romains à une réforme et à une codification des chants liturgiques.
 C'est au pape Grégoire le Grand, en 590 après J-C, que nous devons cette réforme définitive des chants liturgiques. De cette réforme naîtra près d'un siècle plus tard  le chant Grégorien, qu'on appelle aussi " plain-chant" le style le plus pur du chant catholique, le terme "plain" ou " planus", désignant un chant à voix égales, de mouvement uniforme, sans qu'aucune voix ne se détache par une émission plus puissante ou plus élevée.

Jusqu'alors la musique chrétienne s'était transmise par tradition orale. A partir du Xme siècle il sera noté en neumes, à l'origine série d'accents de points, et de traits placés au dessus du texte. Plus tard un copiste imagina de tirer un ligne rouge, pour fixer un son fixe, le "fa", une seconde ligne jaune fut ajoutée pour "Ut". Le théoricien Guido d'Arezzo eut l'idée d'inventer pour le son "La" une troisième ligne (en 1026)

Grégoire Le grand fonde la Schola Cantorum, destinée à former les clercs qui propageront la nouvelle interprétation mélodique. Le chant grégorien reposera sur des modes dits "authentiques " et "plagaux" et forment le système des "modes ecclésiastiques", réservé au voix d'hommes.
Il faut cependant préciser qu'aucune considération artistique n'a guidé cette réforme. La musique était censé favoriser le recueillement.
 A coté de la musique savante religieuse, existent des chants profanes. Il faut attendre le IXme siècle, pour voir apparaître de nombreuses compositions non religieuses qui marquent le désir d'élargir le domaine de l'art, mais dont on ne possède aucun échantillon, car l'église les condamnait, et les moines négligèrent de les copier. Il se développe alors l'art des troubadours.

Au XIII me siècle, le plus célèbre d'entre eux Adam de la Halle (1240-1287) fait représenter à la cour de Naples une pièce préfigurant le futur opéra comique français. Ce sont les troubadours et trouvères qui vont participer à l'établissement de la musique mesurée. Ils délaissent le latin pour la langue vulgaire.

  Début de la notation mensurale

 Composant leur mélodie sur des vers, ils doivent donner un rythme à leur mélodie pour s'accommoder du rythme propre aux poèmes mis en musique.
On assiste donc à l'introduction de la mesure qui s'oppose au chant grégorien non mesuré. La polyphonie va bouleverser l'art musical à partir du XIIme siècle et au XIIIe siècle les figures de durée apparaissent.
 Guillaume de Machaut (1300-1377) et Philippe de Vitry(1291-1361) au XIVme siècle émancipe l'écriture musicale qui prend le nom d'Ars Nova, avec des compositions à trois ou quatre voix, et parfois, avec accompagnement instrumental
 Ils perfectionnent la notation en indiquant la mesure par des signes placés après la clef. Ils introduisent la" minime" la "semi-minime" etc..Leur répertoire comprend également des messes, et en Italie, trois genres nouveaux sont créés; le madrigal, la chasse, la ballade.

L'école Franco-flamande au XVe siècle développe le contrepoint, c'est à dire la superposition de plusieurs voix, ou de plusieurs mélodies.
 A partir du IXe siècle l'usage des instruments s'installe, mais jusqu'au XIme siècle ils diffèrent peu des instruments gréco-romains.
 Entre le XIme et le XVe siècle l'utilisation des instruments à cordes se développe, avec la harpe, le luth, le tympanon qui donnera naissance au piano, les vents avec les flûtes, le cor, le cornet, le hautbois, la trompette, et l'orgue qui deviendra l'instrument spécifique du Moyen Âge.
Une forme dramatique en latin, première ébauche du théâtre médiéval, prend le nom de "drame liturgique". Du XI au XIIIe siècle ces pièces s'enrichissent d'éléments profanes, deviennent de plus en plus spectaculaires. Du XIV au XVme siècle les acteurs deviennent professionnels et s'expriment en langue profane. C'est la fin du XVe siècle et mille ans d' histoire de la musique viennent de s'achever avec la fin du Moyen Âge.

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Lancelot
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cocochanel



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MessageSujet: Re: Musique médiévale   20.07.13 15:41

Article de Paul Heems et Béatrice Coton

Après avoir été longtemps méconnue et même injustement méprisée, la musique du Moyen Age est l’objet d’un regain d’intérêt depuis quelques décennies. Elle occupe aujourd’hui une part moins négligeable dans les concerts ou les émissions. L’édition musicale notamment offre désormais un choix plus représentatif de ce vaste répertoire qui, de la fin du Ve jusqu’à la moitié du XVe siècle, s’étend sur près de mille ans...

Les apports de cette époque à l’histoire de la musique sont considérables.

Bien sûr, de larges pans de ce répertoire, en particulier les plus éloignés de nous, demeurent inconnus à jamais. Faute de pouvoir être écrites sur le parchemin, les oeuvres les plus anciennes se sont irrémédiablement perdues. Le grand mérite du Moyen Age est d’avoir conçu une notation musicale parfaite et cohérente qui est toujours en usage aujourd’hui

La musique qui nous est parvenue est tout d’abord principalement religieuse et vocale. C’est celle qui était digne d’être fixée par l’écrit dès lors que le système d’une notation musicale s’est progressivement mis au point.
A côté de ce pieux répertoire, d’autres styles musicaux, en particulier des musiques profanes chantées, se répandent dans toute l’Europe grâce aux troubadours, trouvères et ménestrels. Malheureusement ces chansons appartiennent le plus souvent à une tradition orale dont il ne subsiste que quelques rares traces.

Durant toute cette longue période, apparaissent simultanément en Europe des instruments de musique inconnus jusqu’alors. Rapportés d’Orient par les Croisés, ces instruments à cordes frottées, ces hautbois primitifs et ces percussions orientales donneront naissance aux ancêtres des instruments actuels de l’orchestre et permettront diverses compositions destinées à la danse.

Enfin, l’ultime période voit l’avènement de la polyphonie vocale c’est à dire l’art de chanter à plusieurs voix différentes ensemble.

LA NOTATION

Sur une période d’environ 6 à 7 siècles, les moines occidentaux inventent progressivement un système de notation musicale qui permettra de fixer et de transmettre la musique par écrit. Cet ingénieux système est toujours en usage actuellement.

Les neumes

Peu avant Charlemagne, des moines musiciens eurent l’idée de placer des accents sur les textes en latin qui étaient chantés pendant les offices afin d’indiquer aux interprètes les endroits où la voix devait monter ou descendre. Ces aide-mémoire rudimentaires s’appellent les neumes

La portée et les clefs

Les neumes n’indiquaient qu’une hauteur de note indicative. Dès la fin du Xe siècle, on prit l’habitude d’utiliser une ligne horizontale, amorce de la future portée, comme point de repère. Une lettre appelée clef était inscrite au commencement de la ligne et en précisait la hauteur de son.
A l’origine, ces clefs étaient écrites en lettres ordinaires puis elles se stylisèrent. La clef de sol que nous connaissons aujourd’hui n’est autre que le résultat transformé de la lettre G enluminée et décorée.

Les notes

Autour de la ligne de repère initiale apparaissent les premières notes. Elles avaient la forme de petits carrés noirs placés au dessous, au dessus ou à cheval sur la ligne. Progressivement ces notes, toujours carrées, adoptent des formes et des couleurs particulières qui permettent d’en définir la durée

On attribue généralement au moine bénédictin Gui d’Arezzo la paternité du nom des notes défini à partir de la première syllabe d’un chant que les moines adressaient à Saint Jean.
Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
Labii reatum
Sancte Johannes

Le Do remplaça le Ut peu aisé à chanter et le Si plus tardif, provient des initiales de Sanctes Johannes
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eudes

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MessageSujet: Re: Musique médiévale   02.08.13 0:01

La musique sacrée et profane


La musique médiévale exprime avant tout la joie. Les offices font appel à des musiques chorales et le chant grégorien constitue une manière de chanter où s’associent à la fois la tradition romaine et la tradition gallicane. A la fin du IXe siècle, débute la notation par écrit des morceaux de musique ; l’écriture neumatique qui l’emporte fait connaître le mouvement de la mélodie ainsi que la durée des sons. Il faut toutefois attendre le début du XIe siècle pour que Gui d’Arezzo imagine les lignes de portée munies de clés.


Troubadours et trouvères sont tout autant musiciens que poètes. Musique sacrée et musique profane s’influencent réciproquement grâce au trouvère artésien Adam de la Halle à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle. L’ars nova prend sa forme définitive dans le premier quart du siècle suivant : il est maintenant possible d’indiquer avec précision les rythmes et les hauteurs, de sorte que naissent des oeuvres musicales d’une grande complexité. La frontière entre musique profane et musique sacrée est maintenant définitivement abolie.



Recueil de chants (XIIIe s.)




La musique du paradis (XVe s.)




Un musicien (XIIIe s.)


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