L' almanach de la mandragore

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 Les foires de Champagne

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melusine
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MessageSujet: Les foires de Champagne   19.07.13 23:22

Les foires de Champagne est le nom donné aux foires se tenant depuis le XIIe siècle sur le domaine des comtes de Champagne. Leur succès historique est principalement le fait de la sécurité particulière dont bénéficiaient les marchands, garantie par les comtes de Champagne eux-mêmes. Elles se tenaient dans les villes de Lagny-sur-Marne (une fois par an), Provins (deux fois par an), Troyes (deux fois par an) et Bar-sur-Aube (une fois par an). C'est bien l'excellente organisation matérielle (halles, logements, entrepôts), une forte dotation de privilèges et la bonne justice des comtes de Champagne qui expliquent le premier développement des foires qui vont donner naissance, à la fin du XIIe siècle, au cycle des six grandes foires citées ci-dessus, que complètent quelques foires de moindre importance. Le comte de Champagne (Thibaut IV de Blois) parvient à faire respecter son sauf-conduit au-delà des frontières de son comté. Unité de poids, le « marc de Troyes » apparaît en 1147 et sera bientôt adopté à Paris. Le « denier provinois » circule assez loin pour servir de référence jusqu'en Italie.


Organisation : le garde des foires


Dès 1147, le garde des foires qui veille à l'ordre assure aussi bien le respect des usages commerciaux et développe une véritable juridiction. Au XIIIe siècle, les gardes tiennent même le rôle de notaires, donnant la sanction d'autorité comtale aux actes de droit privé relatifs aux transactions et aux créances. Dans la seconde moitié du siècle, ils se dotent eux-mêmes de notaires et de procureurs pour faire face à l'augmentation du volume des affaires, d'autant plus lourde que le même personnel va de foire en foire.


Le conduit royal de 1209


Le « conduit » royal accordé par Philippe Auguste en 1209 élargit encore le rayonnement de ces foires de Champagne. Celles-ci forment désormais un ensemble cohérent, qui attire les Italiens aussi bien que les Flamands. Le conduit royal les assure que tout tort qui leur serait causé serait tenu pour lèse-majesté et pris en compte par la justice royale. De manière générale, le conduit de foire est un sauf-conduit délivré par le seigneur de la foire ou par les seigneurs ou les villes qui se trouvent sur le chemin des commerçants. Ils fournissent une protection pour garantir la traversée de leur territoire. Chaque sauf-conduit est payant. En échange, le seigneur s’engage à indemniser le marchand si les marchandises sont endommagées en traversant sa seigneurie. Le seigneur ne garantissait pas les dommages causés par les évènements nocturnes ou en cas de guerre.


Un cycle équilibré


Les foires de Champagne forment, dès la fin du XIIe siècle, un cycle équilibré de « foires chaudes » (en été) et « froides » (en hiver) ainsi que des foires principales et secondaires qui procure aux hommes d'affaires une place commerciale presque permanente.



  • 2 au 15 janvier : foire « des Innocents » de Lagny-sur-Marne

  • mardi avant la mi-carême au dimanche de la Passion : foire de Bar-sur-Aube

  • semaine de la Passion : foire de Sézanne

  • mai : foire chaude de « Saint-Quiriace » de Provins

  • 24 juin à la mi-juillet : foire « chaude » ou de la Saint-Jean à Troyes

  • septembre / octobre : foire froide de « Saint-Ayoul » à Provins

  • début novembre à la semaine avant Noël : foire « froide » ou de la « Saint-Remi » à Troyes


Lier les moments de pèlerinage à des moments de foire permet une fréquentation importante.


Les foires durent de 3 à 7 semaines :



  • la première partie consacrée à la « montre » (exposition des marchandises)

  • la deuxième partie consacrée à la vente

  • la troisième partie consacrée au règlement

  • La dernière partie à la « sortie de foire » (festivités)




Un lieu d'information économique


Les foires de Champagne jouent dès les années 1250 le rôle d'une place financière et doivent à ce rôle de survivre comme foires de change jusque dans les années 1340, alors même que les transactions commerciales ont en bonne partie disparu.


Des « nations »


Les foires en général sont l'un des lieux où les hommes du Moyen Âge prennent conscience de leur identité nationale et de leur solidarité devant un milieu local. Dès le XIIIe siècle, les marchands italiens constituent en Champagne des « nations » gouvernées par les consuls qui sont autant des représentants du gouvernement de la ville d'origine (p. ex. les Siennois dès 1246) que ceux des marchands fréquentant la foire. Ces nations mettent en place des structures d'aide aux affaires et même une juridiction d'arbitrage interne, reconnue par le roi. À partir de 1278, l'ensemble des consuls italiens en Champagne élit un capitaine, tenu par le gouvernement local pour un interlocuteur commode. Des organisations semblables peuvent être observées sur les foires en Languedoc.


Déclin des foires de Champagne


Les foires de Champagne rayonnent au XIIIe siècle sur tout l'Occident. Elles régressent après 1300 devant la concurrence de Paris, trop proche pour justifier le maintien par les grandes compagnies italiennes de deux établissements permanents, l'un dans une grande ville et l'autre dans quatre villes moyennes. L'apparition de la concurrence maritime pour les trafics entre la Flandre et l'Italie dès 1291 et l’ouverture de nouvelles routes à travers les Alpes ont ajouté aux causes cette désaffectation. Aussi faut-il ajouter la crise de la fin du Moyen Âge, à la fois économique et démographique. Une autre explication majeure du déclin des foires de Champagne est la recrudescence des conflits en Europe en général et dans la région en particulier après les années 1280. Ces problèmes de sécurité favorisent les transports maritimes (ainsi galères de commerce vénitiennes) qui, bien que plus lent et moins réguliers, deviennent plus sûrs que les routes terrestres. Enfin, par le mariage de Jeanne de Navarre (Comtesse et héritère de Champagne) à Philippe IV « Le Bel » en 1284, la Champagne entre dans le domaine Royal ; les priorités politiques changent.



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emeric

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MessageSujet: Re: Les foires de Champagne   19.07.13 23:24

Si elles existent déjà dans l'Antiquité (Delphes, Délos), les foires ont été le fait de l'Europe médiévale ; en France, la foire de Saint-Denis est la plus ancienne connue (629). Leur véritable essor correspond de fait au renouveau commercial de l'Europe médiévale, où elles deviennent l'organe essentiel de la vie économique internationale.
Des centres européens de transactions commerciales

Permettant de lever des taxes indirectes sur les transactions commerciales, les foires médiévales sont favorisées par les seigneurs féodaux et par les rois, qui accordent des privilèges à leurs participants (garantie contre le droit d'aubaine ou les saisies pour dettes, autorisation du prêt à intérêt). Elles sont aussi des Bourses de valeur acceptant lettres de change et paiements à terme, dont il faut garantir la sécurité des affaires.

Les foires médiévales se développent dans les villes situées le long des grands courants commerciaux, au carrefour des routes menant de l'Italie aux Pays-Bas, et des villes de la Hanse à l'Île-de-France.

Les foires de Champagne sont les plus importantes aux xiie et xiiie s. Proches de la Méditerranée, les foires du Languedoc (Nîmes, Carcassonne, Saint-Gilles) voient croître leur importance à la faveur de la renaissance du commerce, au xiie s., et du recul de l'islam en Europe. À partir du xiiie s. se développe la foire de Beaucaire qui, en raison de sa situation dans la vallée du Rhône, a une importance comparable à celle de Lyon. Instituées en 1420, les foires de Lyon font de cette ville, carrefour international, la première place pour la banque. À part les foires de Saint-Denis et du Lendit, plus anciennes, les foires parisiennes sont liées au développement de la dynastie capétienne.

Les principales foires européennes sont celles de Bruges, Anvers, Ypres, Messines et Torhout aux Pays-Bas ; Stourbridge (près de Canterbury) en Angleterre ; Cologne, Francfort-sur-le-Main, Nuremberg, Leipzig en Allemagne ; Milan, Venise ou Plaisance en Italie.
Le cas particulier des foires de Champagne

Au xiie s., les comtes de Champagne ont organisé un cycle annuel de foires, dont les principales se situent à Troyes, Provins, Bar-sur-Aube et Lagny. Dans cette zone de carrefour, les marchands flamands et italiens se rencontrent pour échanger les draps de Flandre contre les produits méditerranéens et les épices importées d'Orient. Les comtes de Champagne protègent les marchands à l'aller et au retour par des « conduits de foire » (sorte de passeports spéciaux) ; ils nomment des fonctionnaires pour assurer la régularité des transactions ; ils permettent à chaque groupe de marchands d'élire des consuls qui défendent leurs intérêts.

L'échange des marchandises se double, au xiiie s., d'une circulation de lettres de change ou de crédit, qui évitent les paiements en espèces. Il y a alors une véritable activité bancaire. La sûreté des paiements est assurée par un droit spécial : le débiteur défaillant est exclu des foires. Le succès des foires de Champagne a été immense, au point qu’au xiiie s., la Champagne est devenue le centre économique de l'Europe occidentale.
Du déclin des foires aux grandes expositions

L'importance des foires européennes décline à partir du xive s., avec l'amélioration des communications et la création de succursales des compagnies commerciales. Elles se maintiennent toutefois jusqu'au xviie s. à Châlons, à Genève, à Lyon, à Leipzig, mais leurs activités sont alors surtout financières. La plupart des foires disparaissent après le xviie s. faisant place, à partir du milieu du xixe s., à un nouveau type de manifestations commerciales : les foires-expositions.

Hors d'Europe, l'évolution a été identique : il n'y a de foires que dans les pays où l'économie rudimentaire et l'anarchie politique empêchent le commerce régulier. La colonisation, en établissant la sécurité des voyages, a ruiné ces rassemblements. De même, les quelques rares foires connues en Égypte et en Syrie n'ont pas résisté à la mise en place du chemin de fer

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Emeric
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