L' almanach de la mandragore

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 La noblesse

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eudes

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MessageSujet: La noblesse   19.07.13 23:13

La fusion des élites gallo-romaines et barbares (Ve-XIIe s.)

Les noblesses d'Europe occidentale semblent être nées des conséquences de la fusion des élites barbares et des élites gallo-romaines. Après une première réaction d'hostilité, dont le témoin est Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont-Ferrand (v. 430-v. 487) et la panique une fois passée, les intérêts terriens communs, la nécessité d'employer les cadres traditionnels compétents, le rôle de l'Église latine « qui est, en elle-même, le triomphe d'une caste aristocratique romaine » (R. Fossier) aboutirent à un mélange des chefs locaux avec les cadres des envahisseurs. Les mariages mixtes, progressivement autorisés par les législations barbares, complètent ces rapprochements. Mais cette fusion est, évidemment, très variable de région à région. En Gaule du Nord, la panique fait refluer la majeure partie de la noblesse sénatoriale vers le sud du pays. Dans les îles Britanniques, la fuite d'une partie de la population indigène vers les « trois péninsules » ouest provoque un retour des catégories dirigeantes à un état de caste guerrière. En Italie, l'aristocratie est décimée par les Lombards et par les Byzantins. Mais, tôt ou tard, plus ou moins complète, la fusion s'opère sans que l'on puisse toujours donner davantage de précisions. Une seule certitude : le pourcentage des éléments barbares est presque partout plus fort dans la « noblesse » que dans le reste de la population. La mise en place définitive de cette noblesse s'opère au cours de la deuxième vague d'invasions, du ixe au xe siècle. L'effondrement de l'Empire carolingien, surtout dans l'Ouest européen, permet l'édification du système féodal qui, comme on le sait, se fait à partir d'éléments préexistants, remontant les uns au Bas-Empire, les autres aux traditions indigènes ou barbares. Les châteaux – d'abord refuges sommaires composés de palissades et d'un donjon de bois édifiés en hâte sur des « mottes » naturelles ou artificielles, puis constructions de plus en plus complexes de pierre – imposent aux paysages européens une marque nobiliaire et féodale jusqu'à nos jours indélébile. Nombre de villages ou de villes s'agglomèrent autour de ces remparts-refuges. Ainsi, le xie siècle constitue probablement la première apogée de cette « primitive » noblesse issue des mondes mérovingiens et carolingiens. Ce système, fondé sur une richesse terrienne et la suprématie militaire du cavalier de plus en plus lourdement armé, repose dans une large mesure sur la cohésion d'une famille « clanique » où l'étendue géographique et numérique du groupe familial importe plus que sa durée diachronique.

 La première grande crise nobiliaire (XIIe-XIVe s.)

La cohérence de la domination incontestée de cette noblesse est, dès le xiie siècle, partout ébranlée par la renaissance urbaine et la montée des premières bourgeoisies, qui marquent la réapparition d'une puissance fondée sur l'argent. Dans le centre de l'Europe, l'autorité royale ou ducale avait d'ailleurs toujours imposé une certaine limitation à la puissance nobiliaire. Il en va désormais de même dans l'Occident médiéval. Enfin les croisades en Espagne et en Terre sainte affaiblissent durablement les groupes nobiliaires : numériquement, mais surtout financièrement.

Devant cette montée des périls les noblesses réagissent plus ou moins spontanément. Elles se donnent leurs premières structures juridiques, dont le fondement repose sur un droit d'aînesse de forme extrêmement variée, qui dans ses premiers éléments remonte au xie siècle. Une grande partie de la culture médiévale reste cependant marquée par l'influence et les idéaux nobiliaires, au point que certains historiens allemands ont pu parler d'une première Adelskultur (culture aristocratique). Cette grande crise, sous-jacente au xiiie siècle, éclate au cours des deux siècles suivants. Elle marque surtout l'Occident. Les rares grandes batailles de la guerre de Cent Ans (Crécy, Azincourt) fauchent la fleur de la noblesse française, qui paie en outre, comme partout, son tribut aux grandes pandémies de l'époque. Elle se trouve, enfin, atteinte dans ses œuvres vives par le jeu combiné des pertes accumulées dans les tournois, le jeu, les rançons, le coût de l'équipement militaire (forteresses, cuirasses, devenues inutiles devant les armes à feu), les dépenses somptuaires, la ruine aussi des campagnes due aux ravages des expéditions de pillage. Les reconstructions elles-mêmes – souvent aléatoires ou prématurées – coûtent cher. Aussi le personnel nobiliaire va-t-il se renouveler profondément par l'intrusion de familles nouvelles anoblies de diverses manières. Ce schéma, valable pour l'Occident français et anglais, demanderait, pour l'Italie ou l'Europe centrale, des retouches considérables. La noblesse italienne s'est, très tôt, « urbanisée », plus que toute autre, et participe activement aux entreprises commerciales. À Venise, la noblesse locale domine l'armement maritime jusqu'à la généralisation de l'assurance maritime (xive s.), donc aussi longtemps que l'entreprise commerciale comporte un risque considérable. Dans le Saint Empire romain germanique, les noblesses, d'abord tenues en bride, acquièrent une indépendance grandissante. En outre, le « Drang nach Osten » (la poussée vers l'est) leur offre un champ d'expansion considérable, quasi colonial, sans qu'ils aient à connaître de désastres analogues à ceux de la guerre de Cent Ans. En Italie comme en Europe orientale l'État est fondé sur la noblesse. Partout, cependant, elle a à lutter contre la puissance grandissante des villes. D'où une réaction généralisée, particulièrement forte aux xive et xve siècles, qui se traduit, par exemple, dans l'art allemand, par la prolifération des emblèmes héraldiques grâce à laquelle A. Dürer trouva une partie de la clientèle de ses gravures sur bois. Ce mouvement, qui eut de très grandes conséquences dans le domaine juridique, reste mal connu.

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