L' almanach de la mandragore

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 La route de la soie

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lancelot

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MessageSujet: La route de la soie   18.07.13 16:10


Détail des passages Nord et Sud autour du désert du Taklamakan

La Route de la Soie était un réseau de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe allant de Chang'an (actuelle Xi'an) en Chine jusqu'à Antioche en Syrie. Elle doit son nom à la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient le secret de fabrication. Cette dénomination de 'route de la soie' est due à un géographe allemand du XIXe siècle. Les caravanes partaient de Xi'an, empruntaient le corridor du Gansu puis contournaient le désert du Taklamakan par le nord au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou par le sud au pied des Kunlun; ces deux routes étaient jalonnées de villes et caravansérails : au nord, Turfan, Ürümqi, Karachahr, Koutcha, Aksou, Kashgar et au sud Dunhuang, Miran, Cherchen, Niya, Khotan, Yarkand. À partir de Kashgar et Yarkand, les pistes rejoignaient la Perse ou l'Inde à travers les hautes montagnes de l'Asie centrale (Pamir et Karakoram), puis par la Sogdiane (Samarcande, Boukhara, Merv), la Bactriane ou le Cachemire. Peu de caravanes effectuaient l'intégralité du trajet et les marchandises étaient revendues le long de la route dans les oasis qui devinrent des centres de commerce très prospères. Historiquement, on considère que la Route de la Soie a été ouverte par le général chinois Zhang Qian au IIe siècle av JC; l’empereur l'avait envoyé sceller une alliance avec les tribus situées à l’ouest du désert de Taklamakan. Alexandre le Grand s’était arrêté bien avant d’atteindre le Turkestan chinois. Les Romains, qui n’étaient pas mieux renseignés, étaient convaincus que les Sères ('peuple de la soie', c’est à dire les Chinois) récoltaient la soie sur les arbres. Les Parthes, les Sogdiens et les Indiens devinrent rapidement les principaux intermédiaires dans le commerce de la soie entre l’est et l’ouest, achetant le tissu aux marchands chinois qui l’acheminaient jusqu’à Dunhuang, et le revendant aux Syriens et aux Grecs. Chaque transaction augmentait considérablement le prix du produit qui aboutissait dans l’Empire romain par le biais d’intermédiaires grecs et juifs.


La soie ne représentait qu’une petite partie du commerce effectué sur la Route de la Soie. Les caravanes qui partaient vers l’est emportaient de l’or, des pierres et des métaux précieux, des textiles, de l’ivoire et du corail, alors que celles qui allaient en Occident étaient chargées de fourrures, de céramiques, de cannelle et d’armes en bronze. L’importance de ces nouveaux liens terrestres entre Orient et Occident se mesurent également aux idées et aux croyances véhiculées par les hommes qui accompagnaient ces caravanes. L'impact des pensées religieuses et philosophiques de l'Inde, de l'Asie centrale et du Moyen-Orient allait être immense tant en Chine que dans les autres pays de l'Asie; en particulier, le bouddhisme introduit au début de l'ère chrétienne connut une expansion rapide le long de la Route de la Soie et de nombreuses grottes et monastères furent construits dans les oasis; l'âge d'or du bouddhisme prendra fin en 845 lorsque l'empereur hostile aux religions étrangères les interdira. On a du mal à imaginer que des monastères bouddhiques dominaient autrefois la vie culturelle d'Asie Centrale. Les apports de la Route de la Soie sont énormes : elle a permis de maintenir une culture internationale qui liait ensemble des peuples très divers; elle eut un fort impact d'intégration dans les régions traversées sur les tribus qui vivaient auparavant isolées; elle a amené le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme et l'islam en Asie centrale et en Chine. A la religion et à l'art, il convient d'ajouter les technologies : des chinois, l'Asie centrale n'apprit pas seulement à couler le fer, mais aussi à fabriquer du papier. À la fin de sa gloire, la Route de la Soie a contribué à l'établissement du plus grand empire continental de tous les temps : l'Empire des Mongols .


Vers la fin du VIIIe siècle, les routes maritimes qui reliaient le port méridional de Canton au Moyen-Orient étaient bien établies. L’art de la sériciculture avait été maitrisé par les Perses et, même si la soie ne fut pas produite en Europe avant le XIIe siècle, l’apogée de la Route de la Soie tirait à sa fin. La chute de la dynastie Tang au Xe siècle conduisit la Chine au chaos; à la même époque, des communautés entières dans les oasis disparaissaient suite au tarissement des sources. Les turbulences occasionnées par Gengis Khan et Tamerlan minèrent l'économie de la région. L'Asie centrale restera longtemps en dehors des préoccupations de l'Orient et de l'Occident jusqu'à l'arrivée des explorateurs russes et anglais au XIXe siècle.


Les premiers voyageurs chinois sur la Route de la Soie


- Zhang Qian : au IIIe siècle av JC, ses deux voyages en Asie centrale ouvrirent la Route et établirent le premier échange culturel entre l’Orient et l’Occident.


- Ban Chao : au Ier siècle de notre ère, il fut l’un des plus grands généraux de Chine et s’empara des royaumes de la Route de la Soie (Loulan, Khotan et Kashgar); il établit les premiers contacts avec les Parthes, les Babyloniens et les Syriens


- Fa Xian : au Ve siècle, fut le premier moine d’une longue série de bouddhistes chinois à faire le pèlerinage en Inde; il passa une grande partie de sa vie à traduire du sanscrit les soutras qu’il avait rapportés de ses longs périples. Le compte rendu de ses voyages au 5ème siècle "Un Mémoire sur les Royaumes bouddhistes" l’immortalisa aussi bien en Chine qu’en Occident.


- Xuan Zang : au VIIe siècle, le plus connu de tous les voyageurs de la Route de la Soie; deux récits de son voyage sont devenus des classiques chinois.


Marco Polo (1254-1324)


Le vénitien Marco Polo est l'un des voyageurs les plus connus de la Route de la Soie. Parti pour ouvrir une route commerciale vers l'est, il alla plus loin encore que tout autre voyageur l'ayant précédé, jusqu'aux confins de l'Empire du Milieu. Proche de Kublai Khan, l'empereur mongol (et petit fils de Ghengis Khan), il devint un personnage important. De retour à Venise, vingt-quatre années plus tard, il dicta le récit de ses aventures dans un livre intitulé “Le devisement du monde”, également connu sous le titre “Le livre des merveilles”.


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Lancelot
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isabeau

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MessageSujet: Re: La route de la soie   30.07.13 14:24

Au XIe s., la route de la soie n'est plus guère fréquentable : les légendaires Haschischins ne cessent en effet d'attaquer les caravanes. Victime de l'insécurité et de l'instabilité politique, l'itinéraire terrestre disparaît jusqu'au XIIIe, au bénéfice des voies maritimes. C'est alors que les Mongols entrent en scène en plaçant sous leur seule autorité l'ensemble de la route, du cœur de la Chine à Antioche (Turquie).



Gengis Khan et ses successeurs mettent fin aux exactions des Haschischins (au prix de massacres d'une toute autre ampleur) et encouragent les Occidentaux à traverser ses contrées. Des dizaines d'entre eux acceptent l'invitation à l'exemple du célèbre Marco Polo, originaire de la puissante Venise.
La Sérénissime République contrôle les points d'arrivée des caravanes, dans l'empire byzantin et les échelles du Levant. Mais cela ne suffit pas à ses marchands qui, tels les Polo, profitent de la «paix mongole» pour remonter la route de la soie jusqu'à son point de départ.
À la fin du XIVe siècle, cependant, l'unité de l'Eurasie, imposée par les Mongols, n'est plus qu'un lointain souvenir.
Alors que s'organise à l'ouest l'empire ottoman, à l'autre extrémité de l'Asie, les Chinois de la dynastie des Ming se replient sur eux-mêmes. Plus que jamais avides d'or et d'épices, les Occidentaux choisissent de contourner la barrière érigée en Asie centrale par les Turcs ottomans. Ils se lancent sur les mers...



La science voyage sur la route de la soie

La boussole, la poudre à canon, le papier puis l'imprimerie : sans la route de la soie, les quatre grandes inventions de la Chine n'auraient pu profiter au développement de l'Europe médiévale et du monde musulman.
Après la découverte du papier au IIe s., c'est sous les Tang, au VIIe siècle, que les progrès ont été les plus remarquables : voici l'imprimerie qui a permis la conservation du Sutra du diamant, premier texte imprimé (IXe s.) retrouvé dans les grottes de Dunhuang.
Pharmacologie et hydrographie ne sont pas en reste, mais c'est la cartographie qui, bien sûr, eut le plus de retentissement pour notre route, dessinée dès le VIIIe siècle sur une carte de 9 mètres de long, malheureusement disparue aujourd'hui.




En sens inverse, l'extraordinaire développement des sciences arabes eut un écho jusqu'aux confins de la Chine grâce à des savants comme l'ouzbek Al-Biruni : féru d'astronomie, de mathématiques et de médecine, il se rend au XIe siècle en Inde dont il devient un des plus grands spécialistes.
Mais les érudits ne furent pas les seuls à transporter le savoir dans leurs bagages : c'est en effet souvent grâce aux prisonniers de guerre que les connaissances circulèrent. Le moine bouddhiste Kumarajiva, célèbre pour ses traductions, devint ainsi l'enjeu d'une expédition envoyée au IVe siècle par le souverain de la Chine du nord. La culture n'a pas de prix !

Le triomphe de la mer sur la terre

On sait que c'est en partant en quête d'épices que Christophe Colomb découvrit l'Amérique (1492) et Vasco de Gama atteignit les Indes (1498). Mais il n'était pas le premier à choisir la route maritime : au début du XVe s., les Ming avaient déjà envoyé plusieurs expéditions maritimes dans l'océan Indien, vers l'ouest, sous le commandement d'un amiral eunuque et musulman (!), Zheng He. La première, 1405 et 1407, ne comportait pas moins de 300 navires !
Mais cette entreprise vite abandonnée n'eut guère de retombées et ce sont les Portugais qui, à la suite de Vasco de Gama, devinrent maîtres des mers de Chine avant d'entrer dans le pays en 1513. Ils ne purent cependant longtemps profiter de leur monopole : la concurrence arriva vite d'Europe avec les Espagnols, installés aux Philippines en 1565, puis les Hollandais et les Anglais qui se disputèrent ardemment le contrôle du marché des précieuses céramiques et du thé.
La route maritime des épices prend alors la place de la route terrestre de la soie, matière d'ailleurs devenue moins précieuse depuis que le secret de sa fabrication est arrivé en Occident.

La fin du monopole chinois de la soie

Au XIVe siècle, à la fin du Moyen Âge, les relations entre l'Occident et la Chine se raréfient, les Chinois finissant même par refuser les échanges : «Nous possédons toutes choses. [Nous n'avons] que faire des produits de votre pays».
La soie, il est vrai, n'est plus depuis longtemps une exclusivité chinoise. Dès 552, selon la chronique, des moines nestoriens offrent à l'empereur Justinien, à Constantinople, des cocons de ver à soie volés aux Chinois.

Mais c'est en Perse que se diffuse d'abord l'élevage des vers à soie, à la base de la sériciculture, et la culture des mûriers, dont les feuilles servent à nourrir les vers à soie.
Cette industrie de la soie se répand plus tard en Occident, en Italie et en France.

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