L' almanach de la mandragore

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 Les origines de la féodalité

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melusine
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MessageSujet: Les origines de la féodalité   10.07.13 14:56

La féodalité se développa dans l'Occident médiéval lorsque se décomposèrent les structures monarchiques qu'avaient implantées les conquérants barbares, c'est-à-dire à partir du ixe siècle, quand commença la décadence de l'État carolingien. Les rois du haut Moyen Âge étendaient leur autorité, leur ban, sur tous les hommes libres ; ils les conduisaient au combat ; ils présidaient les assemblées où se rendait la justice ; loin de leur palais, des représentants (les comtes, dans le royaume franc) recevaient délégation de ces pouvoirs, ainsi qu'une dotation de terres qui constituait leur rétribution. Les Carolingiens, pour affermir leur emprise sur la population d'un empire devenu démesurément vaste, jugèrent bon d'utiliser des pratiques privées depuis longtemps en usage dans les maisons des grandes familles aristocratiques, celles de la vassalité. Ils exigèrent de tous ceux qui exerçaient le pouvoir en leur nom qu'ils devinssent leurs vassaux (le mot avait désigné sans doute à l'origine les plus humbles serviteurs domestiques), en se recommandant, en se confiant à eux, par un engagement personnel très strict, qui devait durer jusqu'à la mort et qui obligeait à n'entreprendre aucune action préjudiciable au patron. Ils s'attachèrent de la même manière les plus puissants de leurs sujets et engagèrent les membres des aristocraties locales à se lier semblablement aux comtes. Un réseau de dévouements individuels se tissa de la sorte, qui doubla celui des obligations publiques. Ce dernier s'en trouva quelque temps renforcé, mais peu à peu la mentalité du compagnonnage s'insinua dans les cadres de l'État : on pensa servir le roi, non point en vertu du ban dont il était investi, mais en fonction d'un contrat privé d'allégeance que certaines circonstances autorisaient à rompre ; la délégation d'un office public prit insensiblement l'allure d'un «   bénéfice », d'un cadeau que le patron se devait de consentir à son vassal, en récompense de sa fidélité, et qu'il ne pouvait lui reprendre sans grave manquement de sa part. Il suffit donc que les ressorts de l'État se distendissent quelque peu pour qu'à la subordination du sujet se substituassent les services mesurés et conditionnés d'une clientèle.

Désagrégation des structures monarchiques

L'affaiblissement de l' autorité royale se manifesta dès les premières décennies du ixe siècle ; les discordes internes de la famille carolingienne le hâtèrent, ainsi, bientôt, que l'impuissance des souverains à remplir leur mission fondamentale, c'est-à-dire à mener la guerre victorieuse et à contenir les envahisseurs, notamment les Normands. La désagrégation politique commença par le sommet, au niveau des principaux auxiliaires du pouvoir, les ducs et les marquis, chargés sur un large territoire de coordonner les activités militaires. Ils regardèrent comme un élément de leur patrimoine l'«   honneur » qu'ils tenaient du roi, c'est-à-dire l'ensemble constitué par la délégation du ban et par les biens fonciers qui jadis avaient représenté le salaire de leur fonction. Très tôt, il était devenu impossible de refuser à l'un des héritiers d'un délégué royal de reprendre à la mort de celui-ci la charge paternelle ; sur les offices s'établirent ainsi des dynasties. Les ducs ne cherchèrent point délibérément à rompre le lien de vassalité qui les attachait au souverain, mais les occasions d'accomplir les rites de l'engagement vassalique s'espacèrent, et les devoirs qui en découlaient perdirent de leur rigueur à mesure que fléchissait la puissance du roi. Comme ils assumaient efficacement la protection du pays, les responsables de la défense locale rassemblèrent étroitement dans leur clientèle l'ensemble de l'aristocratie de la région. Ainsi se formèrent des principautés pratiquement autonomes. Cette première dislocation se produisit en France entre le dernier tiers du ixe siècle et le milieu du xe siècle.

Le mouvement se poursuivit ensuite, plus rapidement et plus profondément dans la France du Sud et de l'Est. Les comtes se détachèrent peu à peu des ducs, puis les comtés se fractionnèrent eux-mêmes en cellules de dimension plus restreinte. Vers l'an mille, les maîtres des principales forteresses fondèrent à leur tour des dynasties, s'appropriant les pouvoirs de commandement sur la population des villages environnants ; ils cessèrent de se réunir régulièrement autour du comte ; ils réunirent autour d'eux les plus riches des hommes libres du voisinage dans une compagnie vassalique, leur concédant, pour mieux les tenir en main, des bénéfices que l'on appelait désormais des fiefs. Le droit de commander et de punir, dont le caractère public s'était sensiblement estompé, se trouva ainsi distribué en un grand nombre de districts minuscules, indépendants en fait les uns des autres, dont chaque forteresse formait le centre.

•  Des conditions économiques et sociales favorables

Une telle évolution réalisait en vérité l'adaptation des structures politiques aux conditions économiques et sociales de l'époque. Elle se produisit en effet au sein d'un monde rural et cloisonné, où la difficulté des liaisons exaltait l'autorité du chef local, où l'atonie de la circulation monétaire rendait impossible la rétribution des services, si ce n'est par la concession d'un bien foncier. Elle était commandée par la structure aristocratique et très fortement hiérarchisée d'une société où un petit nombre de familles, maîtresses de la plus grande part du sol, dominaient de très haut le peuple des travailleurs paysans, qu'ils fussent serfs ou de condition libre, et où la force des liens du sang, qui constituaient la plus solide armature des relations sociales, entraînait l'attribution d'un caractère héréditaire à toute concession, celle des offices comme celle de la terre. En outre, après le ixe siècle, l'évolution de l'art de la guerre tendit à instituer parmi les hommes libres une ségrégation en fonction de leur activité militaire. Celle-ci devint en fait le privilège des riches ou des familiers des riches, qui seuls pouvaient combattre à cheval : on les nomma bientôt les chevaliers. Peu à peu se renforça l'idée que les hommes se trouvaient répartis en deux catégories stables et héréditaires, en deux ordres sans communication l'un avec l'autre. Les rustres, les pauvres, désarmés et inutiles au combat, parurent voués, selon l'intention divine, à nourrir par leur labeur et à entretenir dans une oisiveté propice aux exercices des armes les puissants, les « riches hommes », les chevaliers chargés de les défendre. Auxiliaires privilégiés du pouvoir, ceux-ci durent à leur fonction de combattants spécialisés d'échapper aux réquisitions et aux taxes que supporta seule la paysannerie. Dans leur groupe se développa très vite une conscience de classe exaltant les vertus et la supériorité de la vie militaire.

L'établissement de la féodalité se trouva donc conditionné par l'existence de la seigneurie, c'est-à-dire d'un système économique livrant la plupart des surplus de l'activité productrice à une élite de possesseurs fonciers, dont les plus riches détenaient dans leur patrimoine, avec les débris de l'autorité publique, le pouvoir de juger, de commander et de punir. Cet édifice social reposait sur un ensemble de prestations et de services requis des serfs, des tenanciers et des rustres soumis au ban privé. À l'usage de la classe seigneuriale, afin d'aménager les relations entre ses membres et de maintenir tant bien que mal la paix dans son sein, s'établirent les coutumes proprement féodales.
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